Tant que je gagne, je joue !

Tant que je gagne, je joue !

le 03 juin, 2014 dans Asservissement moderne par

(Texte publié la première fois il y a plus de deux ans. Aucun besoin de changer une virgule !
Aujourd’hui Copé a perdu…s’abstiendra-t-il pour autant de jouer ?)

Ce n’est pas tout d’avoir des privilèges et de les entretenir, c’est le cas de le dire, coûte que coûte. Il faut également savoir élargir le champ de ses prérogatives. Une condition de survie élémentaire chez l’oligarque moyen qui pour cela, dispose de la panacée avec le cumul des mandats.

Le débat sur le sujet, véritable serpent de mer de l’illusion démocratique dans laquelle nous baignons, est édifiant à bien des titres. Sa seule existence constitue déjà une salissure jetée à la face de la démocratie organique, celle qui nous est volée chaque jour. Le simple fait de s’interroger sur la question induit une façon de l’accepter. Or, le cumul des mandats, ce n’est rien d’autre qu’une antinomie démocratique de plus, comme le système actuel sait en produire à foison.

L’éternelle argutie de façade répétée en boucle par les nantis contre les anti en témoigne : « cumuler offre un meilleur ancrage sur le terrain, une meilleure connaissance des problèmes locaux, une plus grande proximité avec les citoyens… ». Imparable ! Ou presque.

Car, opposer à cette guignolade des faits réels, vérifiés et notoires ne change rien. Evoquer par exemple l’absentéisme parlementaire chronique et les conflits d’intérêt dignes d’une république bananière revient à se faire taxer de « populiste », l’insulte suprême systématiquement dégainée par les grandes têtes molles quand le sol des palais de la République vacille sous leurs pieds.

En fin de compte, au-delà du pouvoir que peut conférer un mandat d’élu, la course au cumul est aussi et surtout une course au fric. « Tu comprends, si on a ici (à l’UMP) que des gens qui se contentent de 5 000 euros par mois, on n’aura que des minables » : une phrase attribuée à Jean-François Copé par les journalistes Sophie Coignard et Romain Gubert dans leur excellent et hautement recommandable ouvrage, « L’oligarchie des incapables » (Albin Michel).

Une phrase  qui sonne d’autant plus vraie que « l’actuel » patron de l’UMP l’a démentie, en expliquant au passage qu’il s’abstiendra d’intenter un procès pour diffamation, afin de ne pas offrir de publicité aux auteurs du livre. C’est vrai qu’il faut une certaine constance et une certaine régularité dans le propos quand il s’agit de prendre les gens pour des crétins…

 

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