Seul le peuple sauve le peuple

Seul le peuple sauve le peuple

le 13 mars, 2013 dans Lecture de vacances, Lecture du dimanche par

Chavez après le coup d’Etat manqué du 11 avril 2002:

Si nous regardons l’histoire de la stratégie militaire il y a beaucoup d’exemples d’une armée, d’une force puissante, surprise, tombée dans un piège tendu par une force moindre mais respectable, comme ce fut le cas au Venezuela. Nous ne pouvons pas dire que les forces opposées à la Révolution soient négligeables. Elles ont tout ce pouvoir accumulé au long des années : les grands capitaux, les média, le soutien international, l’expérience dans la conduite de groupes et dans la manipulation des masses par le mensonge, comme ils l’ont fait ici. Ils ont surtout le grand avantage de contrôler les média.

Nous sommes tombés dans un guet-apens. Et nous avons péché par naïveté. Nous connaissons notre force. Comme je l’ai toujours dit, cette révolution a deux grands piliers : le peuple et les forces armées. Cependant nous avons péché par inconscience, ingénuité dans certaines analyses…

Alors ce fut un upercut, comme un boxeur qui se sent fort mais qu’un autre boxeur assome momentanément d’un coup au menton. Je crois que c’est ce qui nous est arrivé. Nous nous sommes retrouvés à terre l’espace de quelques secondes par rapport au processus en cours. Nous avons été hors d’état de combattre pendant quelques secondes. Il y a eu le risque que la situation nous échappe. Un des moments les plus dangereux fut celui où le groupe, qui prit le pouvoir de manière violente, illégitime et installa un gouvernement de facto pendant quelques heures, a décidé de m’éliminer physiquement. Non pas parce qu’il s’agissait de moi, je ne me crois pas irremplaçable, mais alors pas du tout, mais à cause de ce que cela aurait provoqué dans les masses populaires. Si cela s’était produit, la situation aurait pu donner lieu à un scénario tout à fait différent : la guerre.

La conspiration a été soutenue par des secteurs très puissants de l’économie, des média, surtout la télévision, avec des appuis internationaux et le soutien des secteurs importants de l’institution militaire. Des groupes politiques y ont participé et réussi à mobiliser des masses en les concentrant dans un lieu précis à un moment donné. Une attaque concentrée sur une cible précise, un plan bien élaboré…

Malgré tout, ils n’ont pas pu consolider un gouvernement et 47 heures après, ils ont été balayés par une réponse rapide, immédiate : la réponse populaire spontanée. Nous étions réduits au silence. Et ce fut un déferlement du peuple à pieds, en camion, en voiture, le peuple partout, entourant le palais présidentiel, manifestant devant les casernes. La réaction du secteur militaire fut également très rapide. Ce sont les forces armées qui ont donné une réponse historique, car les militaires auraient pu sortir pour réprimer le peuple, comme en 1989. Ils auraient pu retourner leur fusils contre le peuple. Mais ce ne fut pas le cas. Ils sont sortis pour leur serrer la main et marcher ensemble contre la tyrannie. Je crois que ce fut là une bonne épreuve du feu.

Je crois que la véracité de la thèse « seul le peuple sauve le peuple » a été démontrée. C’est un des axes stratégiques de notre discours et de notre action de mobilisation populaire. Nous avons toujours été présents dans les rues, mobilisant le peuple. Et précisément fin 2001 début 2002 nous avons mené des actions de mobilisation et organisé de grands rassemblements partout dans le pays. Cela signifie que le peuple est dynamisé, conscient, qu’il n’a plus peur, qu’il a assimilé le projet, la Constitution. On peut voir sur les images de ces journées que beaucoup brandissaient la Constitution, comme le symbole d’une appartenance : « cette Constitution est à nous », dit le peuple. C’est lui qui l’a votée par un référendum national. Et je pense que cette thèse a été vérifiée, car seul le peuple organisé, conscient, peut accomplir pareille chose. »

                      Hugo Chavez (Entretiens avec Luis Bilbao)

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