Quenelles en cour d’appel

Quenelles en cour d’appel

le 17 octobre, 2014 dans Les prohibés par

Marrant ça ! Il y a un an jour pour jour nous étions au tribunal pour soutenir l’humoriste Dieudonné, alors convoqué pour expliciter les paroles d’une chanson potache. Ce fut un feu d’artifice !
Aujourd’hui c’est au tour d’Alain Soral d’être jugé pour avoir chanté du…Balavoine ! Revivrons-nous autant d’aventures extravagantes ? A suivre donc…

Il y a des chansons qui font danser, d’autres qui consolent ou divertissent. Il y a celles également qui rassemblent, comme les hymnes ou les chants révolutionnaires. Enfin, il y a celles qui taquinent les consciences, au point de bousculer l’opinion. C’est le cas de « Shoananas » de Dieudonné.

Mais voilà, de nos jours, rire de l’Holocauste révélerait chez l’amusé un antisémitisme latent et sournois, intolérable à nos pouvoirs diktacratiques. Petite piqûre de rappel : le degré démocratique d’une nation se mesure à la tolérance qu’un pouvoir accorde à la liberté d’expression…

Aussi, hier après midi, l’humoriste devait répondre de sa sensibilité tendancieuse au Palais de Justice de Paris… Nous y étions, et ce fut surprenant à plus d’un titre.

On croise de tout dans un tribunal, et on se perd facilement. En ce jeudi 17 octobre, il y avait du monde partout, un vrai chaos pour le touriste égaré ! Mais une troublante chorale pour le visiteur averti.

17 octobre, 17ème chambre, facile de ne pas se tromper. Et puis ça grouille de caméras et de flics devant la salle, y a même un ananas qui traîne… Mais, mauvaise pioche ! Un gardien porté sur l’amabilité nous aiguillonne, ici c’est pour Varg Vikernes, créateur du projet musical de black métal, Burzum. Motif d’inculpation : incitation à la haine et discrimination. Tiens, tiens, ce chef d’accusation servirait de leitmotiv pour nos communautaristes susceptibles, que ça ne nous étonnerait plus…

Nous empruntons alors un chemin dérobé nous plongeant dans un dédale de couloirs et d’escaliers jusqu’au palier de l’entrée principale, où une foule attend devant un cordon de gendarmes bloquant l’accès de la salle d’audience. Cette fois, plus de doute ! On discute cuisine à tout va : « Les quenelles, avec ou sans sauce ? », « L’ananas cru ou cuit ? »

Une brochette d’avocates assaisonne notre attente. L’une d’elles nous lance : « Je ne savais pas qu’il y avait autant de fachos en France ! ». Si elle était restée parmi nous, elle aurait pu goûter au plat de résistance… à la hauteur de ses fantasmes. Nous y reviendrons…

Toujours est-il que les sympathisants de Dieudonné s’amassent de plus en plus. Ça chante, ça débat, ça fusionne et il fait rapidement chaud. Trop chaud. Une chaleur tournante, un peu comme dans un four. Il nous faut de l’air et les portes donnant sur la cour principale sont juste derrière nous.

Étrangement, cette cour est saturée de comédiens et d’artistes. Sont-ils venus soutenir leur confrère Dieudonné ? Non, ils sont en fait réunis pour la réalisation d’un film intitulé « 24 jours ». Une fiction relatant le calvaire d’Ilan Halimi, ce jeune juif séquestré par le « gang des barbares ». Ici, le réalisateur Arcady donnent capricieusement ses consignes, là Jacques Gamblin accompagné de Sylvie Testud s’adressent, entourés de faux avocats, à de faux journalistes. Incroyable : dans la cour d’un vrai tribunal se joue une fiction destinée, en définitive, à formater l’opinion et la morale des téléspectateurs… susceptibles de devenir un jour, qui sait… jurés ?

Pour compléter le tableau : Europe 1, France Info et BFM TV sont à l’affût du moindre commentaire de nos comédiens après chaque scène filmée. Sortie d’on ne sait où, Anne Hidalgo, l’épigone de Delanoë, parlote avec ses copines actrices… Un camarade dissident, Thomas, se fait photographier d’ailleurs avec elle, et en profite pour lui montrer la hauteur du soleil.

D’un côté, une lutte réelle se joue pour rappeler les fondamentaux de la liberté d’expression  – et bien sûr ici, aucune presse, aucune personnalité politique pour prendre part au débat. Et de l’autre, on scénarise un drame pour rappeler que certaines libertés sont relatives. Ainsi on instrumentalise une victime, pour en faire l’étendard d’une menace fasciste quelque peu mystifiée. Le système semble manifestement approuver cette propagande…

Reste le clou du spectacle : de retour dans l’enceinte du tribunal, on constate que les amis de Dieudonné sont de plus en plus nombreux. Mais désormais l’ambiance sympathique de tout à l’heure s’est quelque peu tendue. Une quinzaine de furieux ont débarqué. La plupart ont le crâne rasé, certains sont masqués par un foulard. L’un d’eux déploie un drapeau jaune frappé d’un poing noir au milieu. Ils insultent la foule, ils veulent se battre.

La maréchaussée s’interpose. Certains sont franchement bousculés. La centaine de partisans de Dieudonné scandent alors « liberté d’expression ! » avant d’entonner la Marseillaise. Un gendarme enlève même son képi, il s’apprête à mettre la main sur son cœur, presque déboussolé, quand il se ressaisit pour évacuer les provocateurs avant que cela ne dégénère. Les injures fusent jusqu’à la sortie du palais. Étrangement, ou plutôt comme il se doit, aucune interpellation. Les agitateurs de la LDJ (Ligue de défense juive) semblent intouchables… en France ! Allez savoir pourquoi, car même aux Etats-Unis, cette organisation est listée terroriste.

15 Commentaries

  • Bravo à vous pour votre témoignage, ne lâchez rien!

  • Neg8 dit :

    D’accord avec vous sur le fond concernant la liberté d’expression.. Toutefois, vous omettez de mentionner qu’avant d’entonner la Marseillaise, ils ont chanté Shoanana, pourquoi cette omission? Cette histoire révèle qu’in fine il n’y a aucune réconciliation, au sens d’E&R (la gauche du travail et la droite des valeurs, j’ai toujours trouvé cela antinomique et démagogique), et que l’on est toujours dans le schéma classique, qui sert le système, avec ceux qui sont considéré comme fasciste (droite de la droite) et les anti-fa (gauche de la gauche & association juive), les clivages et divisions sont toujours bien la et E&R ne fait aucune synthèse! Bref, rien de nouveau et de révolutionnaire sous le soleil illusoire d’E&R (je suis curieux de savoir combien de gens de gauche militent réellement au sein d’E&R). Je suis toutefois outré par le Figaro qui évoque une bagarre générale qui ne semble pas avoir eu lieu (d’après les témoignages sur le net), voyez en quoi cela sert le système! Bien à vous 😉

    • Paaros dit :

      S’ils ont envie de chanter Shoahnanas ils chantent Shoahnanas. Ce n’est pas le fait de s’en priver qui permettra la réconciliation. Il y a des mesures bien plus sérieuses et concrètes pour le faire ; là, vous parlez d’une chanson potache. Un peu de sérieux s’il vous plait.

    • eldorado dit :

      E&R c’est la réconciliation sous les couleurs nationales. Tous égaux dans la nation.
      Si des ahurris viennent chanter l’hymne israelien dans un tribunal francais, en effet dur de se reconcilier avec eux. Mais on peut que tendre la main, chacun choisit ou pas de se ralier à la nation francaise.
      Du coté de Dieudo, on voit des blancs des noirs, surement des gens qui viennent de la gauche et d’autre de la droite, mais tous sont unis pour la nation francaise!

    • Rachid dit :

      VIVE LA FRANCE

    • Cccp dit :

      Après la Marseillaise la LDJ a chanté l’hymne israélien

      ce qu’on ne peut pas reprocher à ER c’est d’appeler les antifas à ouvrir le yeux

      quelle synthèse veux-tu?

      ER est bien déplaisante par de nombreux aspects mais on ne peut pas leur reprocher de ne pas se concilier avec l’inconciliable

  • Très symbolique de réunir dans un même tribunal la victime juive Ilan Halimi et son bourreau facho par procuration Dieudonné.

    • eldorado dit :

      vous pourriez être poursuivi pour de tels propos, c’est de la diffamation pure et simple. tirer une ligne droite entre Dieudonné et un crime antisémite, vous n’avez que ca a proposé pour le salir un peu plus? Dieudonné est un homme de paix qui finissait son spectacle « rendez nous jésus » par aimez vous les uns les autres.

      • Anders dit :

        @eldorado

        HerbeDeProvence ne faisait que souligner l’inventivité du système qui oppose, le même jour, un chansonnier pour une oeuvre subversive et le drame d’un fait divers qu’ « on » (les médias de nos maitres) va assimiler à ce dernier.
        Vous vous emballez l’ami, HdP allait dans votre sens… Apprenez à lire les posts avant de vous emballer.

        Et, OUI, c’est vrai, c’est tout à fait symbolique de la manière de faire que d’opposer deux événements sans rapports et de les agglomérer pour le 20h (Dieudonné = instigateur de la barbarie) ; si ça vous avait échappé, c’est un rappel…

    • pofi78 dit :

      Heu… que vient faire tout ça là dedans ? Pourquoi ne pas le rendre responsable, aussi, de la rafle du vel div ? On arrange l’histoire à sa sauce apparemment. Décidément, on ne tire pas les leçons du passé avec ce genre de commentaires. Dommage. Ce qu’on peut dire c’est que certains oeuvrent vers une tentative de réconciliation et d’autres restent coincés sur le passé, ce qui ne les empêchent pas de faire aux autres ce qu’ils reprochent aux uns d’avoir fait… un petit mur, des ptites coupures d’electricité et d ‘eau, des ptites colonisations de territoires, des petits sabrah et chatilah en 81… Ca devient un peu lassant et surtout pas constructif.

    • Stefano Barbosa dit :

      ta blague est ridicule

  • THOMAS dit :

    Les maîtres quenelliers ne reculerons plus pour en mettre plein la vue aux élites de notre pays…Un vent de liberté souffle…Dieudo en est certes un des portes paroles les plus emblématique (anonymus à d’ailleurs rendu hommage à cet humoriste)….Nos élites médiatiques et politiques ont peur et je crois qu’elle ont raison….

  • ced dit :

    Vive la France !
    Et ceux qui critiquent la quenelle savent qu’au fond… ils la méritent.

  • Did dit :

    Fier de nos Gens-d’armes,très fier; l’agréable surprise puis une pudique émotion se lisent sur leur visage au chant de la Marseillaise. Un moment de communion entre les gens du peuple que nous sommes tous. Une Marseillaise qui retrouve tout son sens.

  • Stefano Barbosa dit :

    http://allainjules.com/2014/02/12/dieudonne-canteloup-alain-jakubowicz-obtient-un-doctorat-en-humourologie/
    Dans la foulée, après l’obtention de son nouveau parchemin, l’avocat lyonnais Alain Jakubowicz, président de la Licra, a réagi, hier, mardi, au sketch de Nicolas Canteloup sur le génocide rwandais. Entre M. Tutsi et M. Hutu, pas de souci. Il faut tout minorer. D’ailleurs, les noirs ont-ils jamais connu de génocide ? A cet effet, il faut poser la question à Christiane Taubira, l’infatigable et intrépide anti-Dieudonné, qui a accepté, sans broncher, que sa loi « Taubira » soit définitivement trappée par la…Justice. Que pourra-t-elle dire à propos de Nicolas Canteloup ? Rien, visiblement. Altier, comme l’est le meilleur de tous Dieudonné, l’homme refuse de s’excuser après son sketch. Ce n’est que de l’humour ! Marre des associations ! Fichtre.

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