Prix Nobel de la Paix : Van Rompuy – Mère Térésa : même combat ?

Prix Nobel de la Paix : Van Rompuy – Mère Térésa : même combat ?

le 23 octobre, 2012 dans Dictature de l'économie, Inter-national, Provoquer le débat par

Vendredi 12 octobre, sous les applaudissements des médias officiels et en pleine crise socio-économico-démocratique, l’Union Européenne s’est vue décerner le prix Nobel de la Paix, notamment pour sa promotion de la démocratie dans nos contrées, ainsi que dans le monde. La perche est donc tendue aux “eurosceptiques”: rappelons quelques faits!

A l’heure où l’Europe s’enfonce dans une crise financière sans précédent (avec comme face visible de l’iceberg l’Espagne et la Grèce), le Comité Nobel ne trouve rien de mieux à faire que de remettre ce prix à l’Union Européenne.

Rappelons d’abord, que cette dernière s’acharne depuis de nombreuses années à faire passer des lois contraignant les différentes économies de ses pays membres à s’aligner sur un modèle néo-libéral, socialement destructeur, poussant ainsi des peuples à la révolte.

Les exemples de cette imposition de l’austérité pullulent dans l’actualité, le plus criant étant la mise en place du MES, qualifié par certains de “FMI de l’Europe” , ou encore le Traité Budgétaire Européen. Ce genre de mesures, pourtant essentielles dans la politique d’un Etat, ne sont évidemment plus soumises à une consultation populaire, le résultat de celle-ci pouvant être gênant pour nos dirigeants. Ainsi, en 2005, lors de référendums sur la ratification du “Traité établissant une constitution pour l’Europe”, 61,54% des néerlandais dirent non, de même que 54,68% des français (ainsi que, plus tard, les Irlandais)… Nos élites, mécontentes, rebaptisèrent ce même Traité “Traité de Lisbonne”, qu’elles ratifièrent cette fois-ci sans consulter la population, et ce pour notre plus grand bien, comme peuvent aujourd’hui le constater nos amis grecs.

« La guerre c’est la paix »

Mais l’UE, ce n’est pas que cela ! Ce sont aussi de belles réussites démocratiques à l’extérieur, en collaborant par exemple à la mise en place de la charia en Libye, après avoir libéré à coups de bombardements le pays du tyran… Kadhafi ! On peut également citer l’envoi de nombreux soldats lors de la guerre américaine contre l’Irak, l’ingérence en Afghanistan (où le président Karzaï a récemment fait passer une loi qui légitime la pédophilie et le viol conjugal), l’ex-Yougoslavie, le soutien à Israël et bien d’autres encore !

Si l’UE est aussi soucieuse de faire des guerres humanitaires au nom d’une “mission civilisatrice démocratique », c’est sans doute parce qu’elle s’aligne de plus en plus sur cette autre grande institution semant la paix dans le monde qu’est l’OTAN. L’article 42 du “Traité sur l’Union Européenne” promeut en effet l’adoption progressive d’une politique étrangère et de défense commune à tous les états membres (PESD et PSDC). 21 sur les 27 pays de l’UE étant membres de l’OTAN, on comprendra facilement pourquoi les membres de l’UE ne peuvent pas être anti-impérialiste, anti-ingérence, et donc anti-OTAN…

Pour finir, face à des tensions grandissantes entre Israël et l’Iran, le rôle de notre nouveau Prix Nobel semble bien peu soucieux de la paix mondiale et ce pour plusieurs raisons. Premièrement, l’UE et ses dirigeants n’hésitent pas à ressortir le médiamensonge selon lequel le président iranien Ahmadinejad voudrait “rayer Israël de la carte”, se faisant ainsi les idiots utiles du sionisme.

De plus, on constate un alignement sur la position américaine : l’UE prend de nombreuses sanctions économiques – mais toujours sans preuves – contre un Iran qui développerait l’arme atomique. Enfin, l’UE tente d’engager une intervention armée en Syrie (bloquée par le veto russo-chinois) qui pourrait rapidement dégénérer, opposant l’Iran, le Hezbollah, la Chine et la Russie (alliés de la Syrie) d’une part, et Israël, les USA et leurs alliés locaux (Qatar, Arabie Saoudite…) et européens d’autre part.

En bref, ce coup de propagande européiste de la part du Comité Nobel fait écho à l’élection de personnalités excessivement pacifiques telles que Henry Kissinger en 1973 ou Barack Obama en 2008. On est donc en droit de se poser quelques questions sur le sérieux dont fait preuve cette institution.

                      Louis Maréchal  (Contributeur via contactez-nous)

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