Pour la législation directe par le référendum

Pour la législation directe par le référendum

le 07 juillet, 2015 dans Lecture de vacances par

Des nombreuses formes de gouvernement la démocratie a été, et sera toujours, considérée comme la plus élevée et la meilleure. Immédiatement après la démocratie, une forme républicaine de gouvernement est estimée la meilleure et c’est de ce gouvernement que nous bénéficions…

La différence entre une démocratie et une république est la législation directe.

Dans une république, la souveraineté appartient au peuple, mais elle est dévolue par lui à des représentants. De ce fait, le peuple en perd l’exercice direct. Il ne peut prendre l’initiative des lois, il ne peut leur opposer son véto. Il élit ses délégués pour un certain nombre d’années et alors, peu importe, une proposition peut être nécessaire, urgente l’adoption d’une loi ou son rejet, il est sans pouvoir. Le peuple a abandonné sa souveraineté. Si ses représentants sont obstinés, il ne peut rien faire ; il ne les contrôle pas, il ne peut pas les révoquer. La seule chose qu’il puisse faire c’est de tout endurer jusqu’aux élections suivantes ; il pourra alors élire de nouveaux maîtres qui se comporteront aussi mal que leurs prédécesseurs.

Dans une démocratie ou la souveraineté appartient au peuple et est exercée directement par lui, la législation directe, au moyen de l’initiative et du référendum, est le grand instrument de l’éxécutif.

Supposons par exemple qu’il soit affligé d’une législature corrompue.

Celle-ci se trouvant entre les mains des coteries et des syndicats, il s’aperçoit que leurs intérêts sont en contradiction avec ceux du peuple. Celui-ci souhaite que soient votées des lois pour remédier à certains maux. Ses représentants n’agissent pas. Alors le peuple prend l’initiative ou propose telles lois dont il souhaiterait l’adoption, vote, et si ces propositions sont ratifiées par la majorité du peuple, elles prennent force de lois. Supposons que la législature parlementaire ait adopté des lois portant préjudice aux intérêts de la communauté. Le peuple exerce les prérogatives que lui accorde le référendum et oppose son véto. En tout cas, c’est la voix, la volonté du peuple qui l’emporte.

Le contrôle par la majorité est le principe sur lequel notre gouvernement devrait s’appuyer, mais il n’en est rien, jusqu’à présent. Notre système de représentation ne le permet pas. Nos élus, une minorité, adoptent ou refusent d’adopter bien des lois que le peuple, la majorité, souhaiterait voir écarter, ou au contraire adopter. »

                                                                                                                  Demain partie 2…

                    Jack London (article du 9 mai 1896 dans le quotidien d’Oakland The times)

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