Pour la législation directe par le référendum (partie 2)

Pour la législation directe par le référendum (partie 2)

le 08 juillet, 2015 dans Lecture de vacances par

Un autre des grands bénéfices à tirer de la législation directe est la défaite des partis politiques et du sectarisme politique qui sont parmi les pires fléaux dont nous souffrons aujourd’hui. La loyauté à la nation est oubliée au profit de la fidélité au parti, et les talents des meilleurs de nos hommes publics se prostituent en faveur de l’accomplissement des desseins du parti et de sa puissance.

Aujourd’hui, les plus doués de nos citoyens refusent d’entrer dans la vie publique parce qu’on ne peut rien faire sans l’appui d’un parti.

Ces hommes sont écrasés par les politiciens professionnels et les quémandeurs de places. Si nous avions une législation directe, nous choisirions pour être nos représentants des hommes capables, ayant des principes et une rigoureuse intégrité. Tandis qu’actuellement nous choisissons ceux qui se trouvent avoir leur nom sur la liste des candidats d’un parti ; peu importent leur absence de principes et leur degré de corruption. Si nous trouvons ce procédé dégoûtant, nous n’avons qu’une ressource : ne pas voter du tout, ce qui n’est certainement pas patriote. Mais nous votons tout de même car nous oublions l’homme et ne voyons plus que le parti.

Le peuple est sûrement compétent pour gérer ses propres affaires.

A dire vrai il serait plus honnête que les classes qui le dirigent à présent. Il est, il doit être, honnête vis-à-vis de lui même, car il est de son intérêt de l’être. Mais il n’en est pas de même avec nos représentants. Pour être fidèles à leurs propres intérêts, ils doivent trahir ceux de leurs électeurs, car avec des groupes de pressions soutenus par les coteries fortunées, les émoluments des corporations et des syndicats sont à eux pourvu qu’ils les paient de retour.

On objectera maintenant que le peuple est incapable de se diriger lui-même : mais si la démocratie est une mauvaise forme de gouvernement, la démocratie représentative ne peut valoir davantage.

Quel intérêt accru pour les affaires publiques ! Quel renouveau de patriotisme ! Quel réveil en résulterait, si la législation directe était adoptée ! Les gens n’étant plus obligés d’engager des serviteurs pour penser à leur place ; le peuple anxieux d’exercer sa souveraineté ; le peuple, heureux d’échapper aux contraintes imposées par la classe dirigeante, se précipiterait dans l’arène, revêtirait son armure, penserait, voterait, opposerait son véto, tout cela par lui-même. Ce serait l’affranchissement bien venu des droits civiques, tandis que nos tyrans des partis seraient relégués dans l’obscurité et que la nation, avec une vigueur renouvelée, reprendrait son progrès triomphant. Nos hommes honnêtes entreraient alors dans la vie publique ; l’expression « pureté en politique » cesserait d’être un simple formule pour correspondre à un fait ; la vérité, la justice et l’équité régneraient. »

  Jack London (article du 9 mai 1896 dans le quotidien d’Oakland The Times)

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6 Commentaries

  • Jo dit :

    C’est marrant parce que vous tes contre la particratie mais pour faire rentrer des éléments de qualité à la place de ces p..es dans notre démocratie ( » nous choisirions pour être nos représentants « ) Personnellement, j’y ai un peu reflechi et j’en viens à la conclusion que ce n’est pas les partis qui sont nocifs mais qu’au contraire, une vraie représentativité, une vraie parole passe par beaucoup plus de partis, une invasion de pa et un décloisonnement de cette représentation particrate stérile et cloisonnées, ce qu’on appelle « oligarchie ».

    • Allestris dit :

      Le pluralisme en politique est une chose nécessaire pour nos démocratie. Cependant, Jo, l’Histoire fourmille d’exemples contrecarrant cette utopie. Il y a de cela à peine un siècle, la IIIème République était constellée de partis politiques. Résultat? Une inefficacité de l’action politique, des gouvernements à la pelle; bref, une neutralisation du pouvoir. Recourir à un scrutin pleinement proportionnel est une erreur à ne pas commettre.
      Alors oui, je suis pour une représentation plus importante des différents partis au pouvoir. Néanmoins, un surplus entraînerait irrémédiablement un enrayement du régime représentatif. Il faut donc l’ajout d’une part de proportionnel dans notre système électoral, un régime mixte en somme, comme préconisé par la commission de M.Jequittelapolitiquemaisjerevienscommeunchacal.

      • Jo dit :

        Hello copain. :) oui, je suis d’accord. Mais voyons comment était gaulée la république à l’époque : un conseil pouvant renverser tous les gouvernements. D’où l’instabilité. Puis, il y’a un autre phénomène, c’est que laisser la democratie à quelques partis, c’est l’immobilisme en roi et la corruption qui s’installent. Je pense, personnellement, qu’une democratie avec referendum, donc controle du citoyen obligerait à plus d’idées, plus de mouvements et moins de corruption. Les partis ne doivent être là que pour apporter un point de vue, le referendum permet de trancher ou d’ajuster avec une majorité. Que ca aille dans notre sens. Ou pas. A+

    • Vous avez raison.
      Sur la forme, la délégation générale révocable ( la libre association de 25 personnes pour désigner un délégué de base) rend possible un autre fonctionnement des partis.
      Si on y ajoute le fait que l’investissement (300€/mois) sera confié au citoyen et que NI les banquiers (abolis) ni les politiciens – même délégués révocables) – n’auront PLUS LA CLE DU COFFRE…. les gens seront libres de se groupes en partis, en associations comme ils l’entendent….

  • AlternateUtopia dit :

    Très bon article. Mais il reste un point non dit : Les médias. Qui se nourrit et s’abreuve auprès des mass-médias, contrôlés par le CAC40 et plus ?

  • Je rappelle aux cousins 4 fois historiques
    1° TOUS les mouvements populaires avaient des délégués révocables (Même Spartakos l’était)
    2° La Commune de Paris en 1871 a formalisé le délégué député révocable (UN pour 15000 environ)
    3° La révolution russe de 1905 a formalisé le délégué de conseil révocable (UN pour 500) La révolution russe de février 1917 avait repris ce système
    4° La révolution espagnole de 1936 avait utilisé le délégué de base (sous le nom de delagado de grupo) UN POUR 25.
    Mais ne l’avait pas étendu.
    Ce système a été utilisé (je cherche des sources) dans le Mai rampant italien.
    Et je le préconise depuis 2003 avec Julie Amadis.
    25 délégués de base choisiraient un délégué de conseil révocable.
    25 délégués de conseil… 1 délégué député
    25 délégués députés pour 1 délégué national (ministre ou commissaire du peuple ou autre nom)
    25 délégués nationaux pour 1 délégué international
    Puis 25 délégués internationaux pour 1 délégué mondial REVOCABLE
    Avec 24 délégués mondiaux on a UN GOUVERNEMENT DU PEUPLE pour organiser la DISTRIBUTION EGALITARISTE des ressources

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