Pour en finir avec notre diktacratie

Pour en finir avec notre diktacratie

le 04 mars, 2015 dans Asservissement moderne, Démocratie par

Quelques compagnons dissidents, aux idéaux malgré tout bien distincts, aiment à stigmatiser nos aspirations politiques originales en n’hésitant plus à railler notre « démocratite » aigüe. Une maladie émergeant en Grèce à l’ère de Périclès et trouvant son acmé quelques siècles plus tard, sur une terre d’anciens esclaves, dans les Russies oubliées. Aux grecs, donc, les premiers symptômes de ce virus et à nous la dégénérescence égalitaire façon Kronstadt.
Beaucoup se sont réfugiés dans l’idéal du vieil Athènes ; nous avons préféré nous vouer à d’autres causes, plus directes, en ravivant les fatras du vétché et du mir, ceux là-mêmes qui, à l’issue des débats et des polémiques, conjuguent nécessairement un pouvoir partagé entre tous. Ici, pas de leader, de prêtres ou de représentants, seul le collectif a le dernier mot. Le seul, qui aujourd’hui, se fera entendre le jour de la révolution. Le seul légitime.

Tout homme providentiel est mortel et tout système incorruptible est périssable. Combien n’ont pas tremblé devant les totems impériaux et les diktats financiers ? Combien ne l’ont pas payé le prix fort ? Combien de retentissants assassinats ont laissé alors des peuples orphelins ? Que sont devenus l’Haïti de Toussaint Louverture, le Mexique de Zapata, l’Ukraine de Makhno, le Congo de Lumumba, le Burkina de Sankara, la Libye de Khadafi ?
Laisser aux autres le soin de nous émanciper c’est en contrepartie consentir aussi à leur système quand il nous aliène. L’avers et le revers de notre servitude volontaire.

De nous-mêmes, sommes-nous en mesure de lutter contre les violences et les propagandes de nos tyrans autoproclamés démocrates ?
A constater avec quelle fierté nous nous empressons de voter pour eux, il est évident que nous demeurons plus prompts à nous soumettre qu’à nous insurger !

Un pouvoir radicalement partagé comme remède

Malgré tout, à y regarder plus objectivement – c’est-à-dire par delà tout matraquage médiatique -, cela semble gronder de partout… Il suffirait que ces misères et ces colères se fédèrent pour que jaillisse l’étincelle allumant la mèche d’une nouvelle révolution. Une sans précédent, car sans modèle. Une révolution incarnée par tous ceux refusant les diktats oligarchiques en anéantissant enfin leur système corrompu. Ce système confondant démocratie et diktacratie, progrès et décadence, spéculation et crise, paix et guerre. Ce système ne sauvant en définitive que ceux s’y soumettant.

Aussi, le jour où le prestige de nos maîtres-imposteurs s’effacera, il ne manquera qu’un soupçon de conviction et de témérité pour que la vindicte populaire s’orchestre d’elle-même, car enfin, l’intérêt sera le même pour tous : une liberté politique effective fruit d’une égalité sociale, jusqu’alors incarnée exclusivement dans les discours.
Aussi performative prétend-t-elle être, la parole des gouvernants comme celles des prophètes, n’exprime que des mots et des idées ne garantissant jamais leur réalisation. Devons-nous continuer à  écouter ces palabres nous asservissant chaque jour davantage ? Au nom de quoi, devons-nous laisser à un seul, ou quelques-uns, le pouvoir de tous ? Qui, mieux qu’un collectif, reste en mesure de surmonter les écueils de son quotidien ?
Seul ce collectif donc, dans sa capacité à décider unanimement, saura ce qui est le meilleur pour lui. Sans substitut et sans berger.
Seuls des hommes directement concernés auront la compétence de formuler les remèdes à leurs maux politiques. L’égalité dans les prises de décision sera ainsi la clef de voute de leur émancipation. A l’exemple des communards et des soviets, se déterminant collégialement, et s’offrant ainsi une parenthèse de liberté…avant d’être anéantis par les velléités impérieuses d’une poignée de parvenus.

Alors, même si nos feux de révolte s’intensifient dans nos ténèbres ploutocratiques, il n’en demeure pas moins qu’il reste un premier pas à franchir pour ne pas rater les premiers éclats de ces soulèvements : les élections départementales approchant, qu’attendons-nous pour déchirer notre carte d’électeur ? Car dès l’instant où nous voterons, nous nous abandonnerons au pouvoir de celles et ceux qui n’aspirent irrévocablement pas à en finir avec nos diktacraties.

[Texte extrait du livre Démocratie radicale contre diktacratie]

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27 Commentaries

  • Plop dit :

    Conclusion déchirer sa carte d’électeur et s’exclure, se marginaliser, du débat où malheureusement il se situe aujourd’hui, dans l’élection.
    Il faudrait pas plutôt faire de la pédagogie, par la voie de l’élection par exemple, avec un candidat qui nous explique que justement l’élection ne résoudra pas nos problèmes ?

    Si tous les électeurs ne votaient plus, par le plus grand des miracles, à faire croire en Dieu. Que se passerait il ?
    Rien de plus.

    Ne pas voter n’est pas une solution, c’est juste une réaction puérile de protestation qui ne satisfait que son individualité, il faut l’accompagner d’un message, pour qu’il serve aux autres.
    Et rester chez soi sans contact avec les autres n’est pas propice à la diffusion des solutions.

    Conclusion la grève de l’élection est une connerie en barre d’idiot utile ou une sournoiserie de collabo du système.

    • On se demande qui joue les idiots utiles et les collabos du système avec ses arguments qui ne sont que des invitations à se soumettre encore et toujours, hein Plop ?
      Merci pour ton intervention qui montre à quel point nous sommes prêts pour changer les choses…

  • decmpt dit :

    quelle différence entre le « nous ferons » de Cédric et le « candidat qui nous explique » de Plop (qui nous gratifie en plus d’un magnifique « il faut que », voltairien à souhait)…

    bon texte, sinon (comme souvent ici), pour le coup voltairien par le style, mais pas en ce qui concerne le fond -c’est salutaire à mes yeux

  • betov dit :

    Remarque, Cédric, que le jour où un « Laurent Louis » français nous proposera de voter… pour nous, tu te sentira bien démuni, si tu déchire ta carte maintenant. :))

    Pour le moment, ne pas voter me semble la seule option possible, mais il faudra bien en passer par l’élection d’un pouvoir provisoire destiné à gérer les affaires courantes (par des chargés de missions prédéfinies), pendant l’élaboration puis le vote d’une constitution démocratique. Il est évident qu’on ne peut pas couvrir toutes les urgences en une fois.

    D’autre part, sans élire un « Laurent Louis », avec la méthode Chouard des « gentils virus », dans deux siècles, nous y serions encore.

  • cédric dit :

    Betov, aussi sympathique et courageux que soit ce Laurent Louis, il reste corruptible comme les autres. Et il n’est même pas un Makhno ou un Sankara, et se rassembler autour de lui c’est se soumettre à lui… Relis bien mon deuxième paragraphe…
    Aussi dans notre Occident bourgeois l’élection est un outil d’asservissement. Et nous ne nous réclamons surtout pas du tirage au sort comme Chouard. Nous sommes le genre méchant virus façon soviet, tu n’as qu’à bien lire le premier paragraphe et ses liens, et tu comprendras mieux notre ligne idéologique, qui est loin d’être utopique…

  • betov dit :

    J’ai beau relire, Cédric, je ne vois pas en quoi « déchirer notre carte d’électeur » constituerait « un premier pas à franchir pour ne pas rater les premiers éclats de ces soulèvements ». Renoncer à un faux droit n’est pas une méthode d’accès à la démocratie, à mon humble avis.

    Quant à la notion de « soulèvement », c’est une absurdité. 1) L’exemple grec montre clairement qu’il faudrait pousser l’horreur marchande très très loin pour que cela bouge ». 2) L’exemple arabe montre clairement que la révolte est totalement inutile et improductive.

    • Betov, je crois que tu n’as pas relu ce que je t’ai invité à relire. Surtout les liens (vétché, mir, et Kronstadt), sinon tu aurais compris que nous ne partageons pas la même définition de la démocratie. Toi tu parles de substituts, de représentants à la tête d’un gouvernement, nous nous parlons d’un pouvoir radicalement partagé comme à Kiev il y a bien longtemps ou à Kronstadt plus récemment. Autrement dit pour toi choisir ses maîtres est un droit, alors que pour nous agencer nous-mêmes le pouvoir sans intermédiaire est un devoir… Forcément le débat est tronqué, et nous restons là à camper sur nos positions avec nos orgueils et nos illusions ! Encore une fois personne n’échappe à la servitude volontaire, toi comme moi. Je reprends mes tropismes pessimistes, et comme ça tout le monde est content…

      Enfin j’explique dans le texte « qu’il suffirait que ces misères et ces colères se fédèrent pour que jaillisse l’étincelle allumant la mèche d’une nouvelle révolution. Une sans précédent, car sans modèle. » Ne me par le donc pas des exemples grec et arabes. Les déterminismes d’une potentielle révolution sont foncièrement différents ici. Encore une fois le débat s’écarte de son axe…

  • betov dit :

    Si, si, nous parlons bien de la même chose. Je connais les démocraties russes, germaniques, indiennes et autres depuis des lustres. C’est sur le choix de la méthode du retour que nous différons.

    Les exemples et preuves archéologiques de l’existence d’un premier âge d’or ne manque pas (Caral, Indus). Un second âge d’or est parfaitement pensable. L’arrivée imminente (imminente à l’échelle de l’histoire longue) des robots multifonctions à bas coûts va clôturer définitivement la période commencée avec la révolution religieuse du néolithique, et rendre impossible la continuation du capitalisme (à moins de verser dans des abominations de science fiction).

    Mais la révolte n’est pas une méthode qu’on puisse considérer. La révolte est tout ce que les dominants sociaux désirent, comme on l’a vu encore tout récemment lors de la dispersion du « jour de colère » (qui était pourtant bien une magnifique « coagulation »).

    Nous n’avons pas d’autre choix que de détourner les armes qu’ils nous laissent.

    PS. Je pense comprendre ce que tu veux dire par « déterminismes ». Bien sûr, il est expressément interdit de parler de cela, mais… nous sommes très probablement d’accord. :)

  • queteur dit :

    Cedric …

    J’essaye d’imaginer une révolution sans précedent et sans modèle mais, là, je n’y arrive pas.

    Dans tout ce que nous entreprenons, nous avons besoin de modèle. Par exemple, pour essayer d’interpréter un phénomène physique et le comprendre, il nous faut d’abord construire le modèle par le biais duquel nous allons pouvoir l’appréhender.

    Qu’on parle de sciences ou de politique, le principe est le même, il nous faut modéliser afin de pouvoir appréhender sinon, nous allons bûter sur un mur infranchissable.

    Dans le cas où le modèle n’existe pas, comment notre action va t’elle pouvoir évoluer et quels traits elle aura ? Comment saura t’on qu’elle a débordée ou qu’elle suit le chemin juste et bon pour aboutir ?

    Je pense qu’initier quoi que ce soit sans modèle, c’est vouer la chose à un échec certain avant même de débuter.

    Et puis, dans l’article, il est dit :
    « Seuls des hommes directement concernés auront la compétence de formuler les remèdes à leurs maux politiques. L’égalité dans les prises de décision sera ainsi la clef de voute de leur émancipation. »

    L’utopie, c’est quand on ne voit pas la chose comme elle est mais comme nous pensons qu’elle doi être dans un idéal qui ne peut faire partie de ce monde.

    • Cédric dit :

      Queteur, je pense que ta définition de l’utopie est à l’image de ton manque d’imagination quant à nos spéculations sur une potentielle révolution.
      Aussi je ne nie aucun modèle, comme tu le crois. Au contraire je me réfère au vétché, au mir, à la Commune, aux conseils soviets de février et mars 1917, à Kronstadt en 1921, tout ça pour rappeler que la formule démocratique que nous revendiquons est possible, et qu’elle n’est pas utopique. Diktacratie est là, en revanche pour comprendre comment, à chaque fois, ces élans égalitaires ont sombré de par des ambitions de pouvoir bien significatives…Les mêmes ambitions qui animent nos représentants.
      Maintenant nos maux politiques ne sont pas ceux des slaves au moyen âge, des parisiens en 1871, ou des russes pendant leur grande révolution… Nos cultures sont aussi foncièrement différentes, et donc ce qui mènera le peuple d’aujourd’hui à se soulever ne répond d’aucune manière aux autres archétypes pré-insurrectionnels. A nous de trouver le meilleur moyen de contrecarrer les diktats de nos oligarques et de balayer notre servitude volontaire. Sur ce blog, nous pensons que seul un pouvoir réellement partaée nous sauvera de ces diktacraties… Nous avons écrit des dizaines de textes sur le sujet. Je faisais dans le papier ci-dessus, une rapide synthèse.
      J’espère que tu commences à entrevoir désormais où je voulais en venir quand j’écrivais « une révolution sans précédent, car sans modèle ».

      Pour ce qui est « des hommes concernés et de leurs compétences », c’est pareil quelques articles précisent les rouages de cette idée. Mais bon, et pour aller au plus vite, je te propose un exemple plutôt grossier, mais quand même pouvant t’éclairer : Imagine un immeuble avec une fuite d’eau dans l’escalier commun. On est malheureusement un dimanche. Les plombiers sont chers et difficiles à trouver. Je crois que si tous les locataires ou propriétaires se rassemblent et mettent en commun leurs analyses et savoir-faire, ils pourront remédier au problème : un trouvera l’origine de la fuite, un autre saura comment l’arrêter, un troisième saura bricoler et colmatera la fuite, d’autres évacueront l’eau amassé dans les bas étages, etc…
      Et pourquoi ? Ils sont tous concernés par un problème qui détériore leur habitation commune. Qui, mieux qu’eux tous ensemble, aura la compétence de le résoudre ? Personne, en tout cas c’est notre position idéologique, ici à Diktacratie.com

      • queteur dit :

        Cedric,

        il va falloir abandonner cette fâcheuse manie qui consiste à considérer mes commentaires comme une attaque directe (ou voilée) contre toi ou le site.

        Si je visite ce site assez régulièrement, que j’y lis les différents articles, c’est que je suis intéressé par la les idées qui sont proposées, ou les analyses qui sont faites … etc.

        Bon, cela n’empêche pas que, moi aussi, j’ai une tête et que je pense donc, j’analyse, entrevois des choses, critique …

        Bref, dans mon commentaire, j’essayais de donner mon avis, ou plutôt comment je voyais la chose afin que, justement, toi et d’autres, le cas échéant, m’approuvent ou me critiquent et uniquement dans ce but. Etant un être humain donc fondamentalement imparfait, il est sur que je puisse émettre des idées parfois incongrues … A la limite du décent et sans user de propos déplacés la critique ne me dérange nullement.

        L’exemple de l’immeuble que tu as donné est intéressant. Mais supposons qu’il n’y ai parmi les locataires aucune personne qui puisse trouver de solutions afin de régler le problème de la fuite d’eau, quelle solution préconiser ? Dans l’impasse, quelle attitude adopter ?

        La je comprend que l’exemple mettait en lumière, entre autre, le fait que la solution des problèmes pouvait se régler de manière « participative » et que, finalement, la solution peut très bien n’émaner que du sein de ce collectif de locataires.

        Mais tu conviendras, je pense, que pour que toute action soit efficace, il faut imaginer une façon, qui soit particulière, afin de trouver la solution qui soit conforme à la spécificité de l’action à entreprendre, parce-que, vois-tu, je ne crois pas aux solution qu’on puisse généraliser ni à des conceptions qui feraient office de passe partout.

        Maintenant, je ne vois pas la différence entre ce que j’avance moi de mon côté et toi du tien.

  • queteur dit :

    Une chose encore, si modèle il ne doit y avoir, je me demande à quoi bon faire référence à tel ou tel penseur ou écrivain, la chose ne devant avoir aucune relation avec quoi que ce soit d’entrepris déjà. Alors, citer qui que ce soit ne peut que nous ramener à une évidence qui est que nous avons besoin de référencer en fait nos idées ou nos actions afin de leur donner un sens et un but. Donc, situation oblige, nous ne pouvons réinventer l’écriture ou les sciences parceque cela sied à notre besoin du moment.

  • enebre dit :

    Encore ici même, dans ce débat, on ne peut que constater l’asservissement au système.
    S’efforçant de suivre une censure qui c’est maintenant solidement établie dans tous les milieux protestataires, nous sommes donc branchés à un nouveau genre de thermomètre d’allégeance conformiste.
    Je ne vois pas comment le monde changerait si ceux capable d’émettre des opinions et probablement des solutions, s’expriment en langage codé honorant la soumission au système en place… Peur de perdre l’accès à leur blog chéri, ce n’est pas avec des pincettes que nous enlèverons cette poutre de l’oeil de l’humanité.
    Je pense qu’il faut oser pour fédérer, quitte à se préparer aux représailles, car il est clair qu’ils y a des guerres intestines dans la grande guerre contre ce système de corruption, d’oligarchie, de passes-droit.
    Appelons un chat un chat, afin que TOUS puisse suivre les débats de recréation.
    Le langage intellectuel est un obstacle pour 85% des gens, soyez en conscient et prouvez le.
    Sans cela vous n’apparaissez que faisant partie du problème.
    L’autocensure c’est la difficulté imposée au web par le système en place et cette difficulté va grandissante chaque jour qui passe.
    Le « dernier pont » vers la liberté. Qu’importe ce qu’on en fera, il sera temps d’y penser lorsque nous l’auront retrouvée, chercher la solution avant c’est déjà « diviser », avortement garanti de toute fédération possible à la cause. Qui n’est plus UNE à cause des solutions et de la diversité des opinions. Peut être que bien comprendre le schéma conceptuel aiderait…

  • betov dit :

    Oui, Queteur a raison. L’extrait « Seuls des hommes directement concernés auront la compétence de formuler les remèdes à leurs maux politiques. L’égalité dans les prises de décision sera ainsi la clef de voute de leur émancipation. » masque un délire de puissance égotique que je n’avais pas noté.

    Au final, il n’y a pas grande différence entre cette posture et celle du néolithique qui s’est perçu supérieur aux animaux, ou celle du juif qui s’est déclaré élu de dieu, ou celle du protestant qui s’est inscrit dans la prédestination. Toutes ces postures dérivent d’un orgueil déplacé. La démocratie commence par poser l’égalité de compétences, même si tout le monde sait que ce n’est pas totalement vrai. Le temps des talentueux, des génies, des riches et des élus de toutes sortes… est finissant. Et c’est tant mieux.

    • Cédric dit :

      Betov, je me demande encore une fois qui est en  » délire de puissance égotique  » entre toi et moi. Pour ta question sur la compétence liée au fait d’être directement concerné je t’invite à lire la réponse laissée plus haut à Quéteur (deuxième partie). Tu comprendras qu’on est comme loin des préjugés déplacés à l’égard de ma personne…Quoique j’apprécie ce genre de joute, et je me dis que tu lis Schopenhauer, toi aussi, et que pour sortir vainqueur d’un débat, tu observes attentivement les valeurs pronées par ton adversaire puis tu le stigmatises avec les valeurs opposées…

      Sinon je te remercie de venir débattre ici, sur des sujets qui me tiennent à coeur. Ces débats remettent même parfois en question certaines de mes certitudes, et pour cela j’espère avoir l’occasion de redialoguer avec toi très prochainement.

  • enebre dit :

    Le motif de la révolte devrait être suffisant, et nous sommes devant une évidence, le monde est corrompu par des gens beaucoup trop puissant.
    N’est ce pas assez simple pour demander la révolte de tous les peuples.
    Après le grand nettoyage, c’est à chaque nation d’organiser ce qu’elle veut mettre en place. C’est une façon de voir la voir la liberté, n’êtes vous pas d’accord.
    Pourquoi compliquer le mécontentement générale en cherchant les solutions avant que le liberté ne soit retrouvée.
    C’est avec la liberté qu’on trouvera les solutions.

  • enebre dit :

    @betov,
    Ce n’est pas en jouant au huis clos intellectuel que beaucoup pourront suivre ou même comprendre l’enjeu et se regrouper sous une même bannière.
    On pourrait trouver un système de pamphlet d’internet pour distribuer une opinion, c’est pas en restant au haut de son piédestal qu’on changera quelque chose. Du piédestal on peut commenter l’événement extérieur sans que n’y paraisse l’implication.
    Que veut-on… sortir de la corruption ou préserver un titre (blog renommé) , il y a aussi la diffusion anonyme, nul besoin de s’octroyer la paternité du bon mot, la transcendance demande un dépassement de soi et de son égo pour une cause supérieurement profitable à tous.
    Il n’existe que la transcendance comme solution première à la situation humaine actuelle.
    Seulement ça, pas besoin de sortir de St Cyr pour être à même de changer le monde. Après il sera encore grand temps de trouver les compétences d’une organisation nouvelle, ça se fera au pas par pas, comme pour l’apprentissage de la bonne façon de marcher.

    • betov dit :

      « Il n’existe que la transcendance comme solution première à la situation humaine actuelle. Seulement ça, pas besoin de sortir de St Cyr pour être à même de changer le monde »

      Moi qui suis un tenant de la mystique occidentale en tant qu’expérience physo-physique radicale…

      http://betov.free.fr/Fond&Forme.pdf

      … l’évocation de St Cyr me laisse rêveur…

      Même sur le tirage au sort comme fondement de la démocratie, il semble que nous ne soyons pas tous sur la même ligne. Alors, en guise de « même bannière »,… on est mal parti. :))

      Non. Il est évident que la transcendance n’est pas la solution première à la situation humaine actuelle. La mystique étant l’inverse absolu d’une religion, il est certain que personne ne va prêcher une transcendance, ni nouvelle, ni ancienne. Cela n’aurait aucun sens.

      Heureusement pour nous tous, la solution à la situation actuelle est beaucoup plus simple que l’accès à la transcendance. Le capitalisme est en train de s’auto-détruire sous nos yeux, qu’on y fasse quelque chose ou qu’on y fasse rien. Et, comme en mystique… le rien… c’est long.

      Mais nous n’allons pas accéder collectivement à la sacralité de l’être, qu’affectionne tant un Francis Cousin, par le subitisme boudhique ou par la bénédiction de l’esprit saint. Hélas.

  • enebre dit :

    merci betov pour votre lien, amusant, délassant, intéressant.

    Il me semble que vous vous méprenez sur le mot transcendance, tout au moins pour l’usage que j’en fais, voulant exprimer le fait de considérer la cause comme l’élément supérieur, passant avant son intérêt personnel.
    C’est pour moi une forme de transcendance que d’arriver à faire abstraction de l’intérêt premier et de viser plus largement l’intérêt de tous.

    Ainsi notre liberté à tous face au capitalisme tel qu’il est devenu serait davantage un élément fédérateur pour tous, plutôt que de rechercher une finalité extrêmement bien élaborée pour ne pas dire bien ficelée, tel que la façon de voter ou le choix d’une manière de vivre pour « l’après », il me semble que pour obtenir un élément déclencheur il nous faillent trouver le moyen de fédérer l’ensemble contre x, (x étant l’élément causant le problème, d’inégalité, d’extrême asservissement des masses laborieuses, des pollutions de la planète, de la dégradation de la qualité de vivre, des injustices en tous genres, etc etc) proposer aujourd’hui des méthodes nouvelles, des partis politiques différents, des codes civiles revus et corrigés, des nouveaux leaders de développement, des idées innovantes, etc etc, ne fait que créer plus et plus de division.) Le point le plus important c’est d’abord de nous libérer de ceux qui empêchent tout changement au système… LEUR SYSTEME. Voilà betov j’espère m’être mieux exprimé cette fois.
    Vous conviendrez qu’il n’est pas simple d’exprimer du premier coup et correctement, ce que l’on souhaite exprimer. Nous ne sommes que des hommes. Désolé pour le peu.

    • betov dit :

      Définir la cause ultime de l’oppression est simple. Il s’agit du crime de richesse. Même le christianisme savait cela. Venir à bout du problème est également simple. Il faut et il suffit de criminaliser la grande richesse comme nous l’avons fait pour la grande vitesse automobile. Une limite de revenu mensuel. Une limite de la valorisation de la propriété privée.

      Pour réaliser cela, il suffit d’une loi parfaitement triviale. Rouler en ville à 200 Km/h est un crime. Percevoir plus de 5 ou 7.000 euros par mois est un crime. Posséder plus 5 millions à titre privé est un crime. Le gendarme de la richesse étant… le fisc, cela ne pose aucune difficulté pratique.

      Quant à se « … libérer de ceux qui empêchent tout changement au système… » nous en sommes tous bien d’accord. Ce sur quoi nous divergeons est la méthode à employer pour le premier pas.

      Personnellement, je ne vois pas d’autre possibilité que d’attendre l’homme providentiel pour qui il serait possible de voter, en espérant qu’il ne prenne pas la grosse tête et que le processus ne dérape pas, comme cela vient d’arriver en Islande, par exemple. Mais il me semble inévitable que, quelque part dans le monde, ce processus réussira et servira de modèle. C’est trop inévitable. Trop facile techniquement. Trop simple intellectuellement pour que cela n’aboutisse jamais.

  • enebre dit :

    Cher betov,

    C’est bien ce que je pensais, nous sommes tous bien d’accord pour le but à atteindre et comme vous dites c’est le premier pas qui est difficile à déterminer, le gauche ou le droit…???

    En ce qui concerne l’attente d’un blanc chevalier sur son fier destrier, c’est encore une fois tomber dans le piège du conte de fée, lui-même établi pour notre conditionnement par ce même système qui nous oppriment les uns et les autres depuis des lustres.
    Nous devons accepter que nous avons devant nous un ennemi qui ne reculera devant rien et nous devons donc « réapprendre » à réagir en conséquence.

    C’est là que réside le vrai problème, nous ne sommes pas formaté pour affronter l’ennemi directement, cela depuis longtemps très longtemps, les seigneurs ont compris que d’établir une armée de protection avait plusieurs avantages outre la protection des terres seigneuriales et du château, elle enlevait l’instinct de défense et de révolte des peuples protégés, (opprimés serait plus judicieux).

    Dès qu’un peuple accepte d’être protéger par des armées, des barricades, des fortifications… Ce peuple va finir par se comporter en mouton, nous voyons encore ici que le peuple mouton n’est pas vraiment à blâmer, car en fait il à encore une fois été trompé par ses chefs beaux parleurs prometteurs de paix, de bien être, d’instructions, de bonne santé, mais inéluctablement ils finissent par tirer de plus en plus sur la couverture jusqu’à atteindre le point de non-retour et de déclarer la couverture interdite au peuple, usant alors des armées contre son peuple pour faire régner ses édits, retirant et détricotant tous ce qui avait été gagné par ce peuple, pour sa santé, son éducation, sa force, sa lucidité, son autonomie.

    Nous en sommes là, croire qu’on va pouvoir élire un quidam et qu’il aura une place dans la grande maison pour qu’il aille frapper sur la table et dire au souverain trop c’est trop, ça c’est croire aux contes de fée.

    Qu’en pensez-vous, soyons lucide même si ce n’est pas ce que nous aimerions trouver en vérité.

  • Miville dit :

    Il ne faut pas voter, car la démocratie élective n’a jamais été mise sur pied pour permettre aux gens du peuple de faire entendre leur voix, ni même pour signifier aux gens du pouvoir qu’ils pourraient le perdre à force d’en abuser. La démocratie élective moderne fut mise sur pied par les Franc-Maçons en guise de célébration rituelle de la mise à mort du Christ, qui fut votée ainsi par les délégués de toute la Judée au Sanhédrin. Cette institution juive était alors la seule du monde antique à se constituer de cette façon, par des députés votant à majorité des lois ou des décrets, sans distinction de qualité de personne. La démocratie qu’Athènes avait connue n’était pas basée sur les élections, mais le tirage au sort, au sein d’un groupe restreint de magistrats jugés compétents, et quoi qu’il en soit c’était également un système conçu pour masquer les ressorts du vrai pouvoir. La République romaine avait des élections inégalitaires où la quasi-unanimité était nécessaire (sénat + peuple à 90% chacun au moins) avant qu’une décision eût force de loi, le plus souvent après usage des armes dans la rue pour convaincre les derniers récalcitrants, et quoi qu’il en soit c’était ce qu’on appellerait aujourd’hui un système fasciste, ayant pour but de garantir l’obéissance de tous à un général d’armée charismatique, Mussolini n’eut jamais d’autre intention que de le restaurer. L’idée que l’avis de tout un chacun valût celui du voisin, pas plus pas moins, au point de devoir les compter également dans une urne sans même entendre les discours les sous-tendant, à une toute autre époque que la nôtre, eût été d’emblée perçue comme une insulte à la dignité humaine par les plus déshérités eux-mêmes. En votant dans le cadre du système actuel, on participe d’un rituel où la Vérité est condamnée à mort par crucifixion en tout premier lieu. Le but de cette messe noire effectuée d’élection en élection est de syntoniser les peuples en direction de l’acception d’une dose toujours plus grande de mensonge ambiant, le premier de ces mensonges étant d’élire des chefs toujours choisis d’avance selon un protocole occulte. Les présidents des USA furent tous choisis dès la fondation officielle du pays en 1776 selon un protocole de sélection de personnalités extrêmement précis, selon les archétypes psychologiques et physionomiques des 44 rois de l’ancienne Judée biblique, le tout dernier de ces souverains, mettant fin à l’existence du pays, devant être un Noir. En Inde, la démocratie parlementaire élective exista fréquemment et longtemps à toutes les époques de l’histoire pré-coloniale tout comme durant la toute première présence anglaise, mais c’était une institution systématiquement imposée aux peuples qu’un empire conquérait et voulait émasculer en laissant monter la crapule la plus habile aux magouilles, et donc perçue comme une humiliation. Il y a lieu de croire que le modèle parlementaire britannique fut une imitation du plus près de l’indien, et non l’inverse.

  • dantes dit :

    Tu te mets le doigt dans l’oeil avec l’abstention !tout est prévu ! IL SUFFIT QU’UN PETIT NOMBRE VOTE .100000 ABRUTIS FERONT LA LOI . LE RESTE SUIVRA…

  • planck dit :

    l’abstention aboutira inéluctablement à la prise du pouvoir de ceux qui savent comment utiliser les masses.

    Le vote aboutira inéluctablement à la baston entre ceux savent comment utiliser les masses, même si cette baston est largement truquée et absurde.

    La liberté, puisque c’est à priori çà le sujet, passe uniquement par la connaissance.

    Le Savoir n’est pas la connaissance, mais il permet de s’en passer. Le savoir vient après la connaissance, et sans savoir, il ne peut y avoir de décision éclairée.

    La connaissance est une habilité qui mène inéluctablement à la fin de toute illusion, et particulièrement celles par lesquelles l’homme se définit.

    Il y a combien de démocrates qui acceptent de voir que leur système est une dictature de la médiocrité ?

    Il y a combien de technocrates ou de communistes qui acceptent de voir que leur système est une dictature de l’incompétence ?

    Il y a combien d’hommes qui acceptent de voir que la définition de leur personne n’est qu’intellectuelle ?

    Il y a combien de croyant qui acceptent de voir que l’important n’est pas de savoir si leur dieu existe, mais bien de savoir finalement si dieu voit que le croyant existe ?

    Car en fait, Dieu s’en fout, l’homme s’en fout, les technocommmunistes s’en foutent, et les démocrates sont morts.

    Seule reste l’inéluctable, devant laquelle tout individu se trouve égal à l’autre. Non pas parce que Dieu l’a décidé, mais par ce que l’homme a eu la possibilité de s’y préparer.

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