Un peuple ouvert

Un peuple ouvert

le 14 décembre, 2014 dans Lecture du dimanche par

Les Grecs étaient dispersés dans de multiples cités autonomes, plus de 130, et pendant les quatre siècles où se sont formées leur civilisation et leur pensée, d’Homère à Aristote, aucun chef politique, aucun guide religieux, aucun philosophe n’a formulé l’idée qu’il faudrait regrouper tous les Grecs en un seul Etat.

De surcroît, les Grecs formaient un peuple ouvert. Ils se concevaient comme une ethnie culturelle : est grec celui qui parle la langue et pratique les façons de vivre des Hellènes. A l’inverse, les Juifs de l’Antiquité se concevaient comme un peuple fermé, une ethnie tribale : est juif celui qui descend de l’un des douze fils de Jacob, dit Israël. De ce fait, tous les Israélites sont apparentés parce qu’ils ont un ancêtre commun.

Les Grecs pensaient, surtout dans une cité démocratique comme Athènes, qu’il était possible d’amender une société au moyen de décisions collectives prise à l’issue de libres débats contradictoires où l’on choisit ce qui semble préférable sur telle question, à tel moment, dans telles circonstances, étant entendu qu’aucune loi n’est définitive. Ils avaient trop le sens des nuances, du relatif, de l’incertain, en bref de la pluralité, pour concevoir des doctrines de type absolu, appuyées sur des « tout », des « systématiquement », sur la « nécessité » ou une « simplification » conduisant à des vues schématiques et à des positions extrémistes. Et ils ne concevaient pas la violence comme indispensable pour imposer leurs vues à ceux qui avaient le malheur de ne pas les partager. Ils préféraient la « persuasion » (peitô) à la « contrainte par la force » (bia), ils condamnaient la « démesure » (hubris), avec tout ce qui passe la « limite » (péras), et ils recherchaient par la négociation des arrangements capables d’éviter les conflits ouverts (stasis), même s’ils étaient prêts à faire la guerre en cas de besoin, la guerre défensive essentiellement – la seule qu’Aristote justifie -, comme les deux guerres qu’ils ont menées face à l’invasion des Perses, pour garder leur indépendance.
Il n’y a jamais eu chez eux de guerre entreprise au nom d’une religion ou d’une idéologie totalitaire. »

Jean Soler (Qui est Dieu ?)

7 Commentaries

  • Zamenhof dit :

    les grecs étaient quand-même pas mal racistes. Pas seulement parce qu’ils appelaient tous ceux qui n’étaient pas grecs,et donc parlaient mal le grec, des « bafouilleurs », barbaros, mais lisez le droit de la guerre exposé par Platon dans sa République. Il disait qu’on n’avait pas le droit de tout faire dans une guerre, dans une guerre ENTRE GRECS, que certes, dans le cas d’une guerre entre peuples naturellement étrangers et donc ennemis,comme entre grecs et non grecs, on pouvait massacrer des populations entières, bruler des récoltes (pour condamner les survivants à crever de faim), etc, etc, vous imaginez les crimes de guerre, mais en tre grecs, là c’était différent, on peut considérer une guerre ENTRE GRECS comme une dispute de famille, là il faut respecter des règles. En fait dans une guerre entre grecs il y a un méchant, le chefs d’en face bien entendu ! et des bons, nous ! ceux d’en face ont été trompés et induits à une conduite non raisonnable, telle que de refuser notre hégémonie, nos spoliations, nos prétentions impérialistes, par un vilain chef, qui seul est coupâble, donc, entre grecs la guerre consiste à essayer d’attraper le vilain chef d’en face et le chatier, lui, puisque(il est coupable, mais ne pas chatier son peuple, qui s’est laissé séduire, à partir du moment où sera revenu de son erreur et se sera soumis.
    Bref vous vous souvenez du début : envers les peuples non grecs il n’y a pas de crime de guerre qu’on n’aie le droit de commettre, c’est normal.

    • morgan dit :

      Critique, à mon avis, un peu facile, et tellement systématique à chaque fois qu’on évoque la Grèse antique. Car, si les tares que tu évoques sont bien réelles (et tu aurais pu ajouter l’esclavagisme et le refus du droit de vote aux femmes), elles n’étaient pas l’apannage de la Grèce,mais elles étaient partagées par tous les peuples et toutes les civilisations de l’époque ! La seule différence c’est que la Grèce, pendant deux cent ans, a pratiqué une véritable DEMOCRATIE, le gouvernement du peuple par le peuple ! Et c’est ça qui est intéressant et qui est à retenir comme source d’inspiration pour tout ceux qui, aujourd’hui, aspirent à un autre mode de gouvernement que ces oligarchies qui nous asservissent.
      Mais peut-être fais-tu partie de ceux qui aiment leurs chaînes…?

  • Douglas dit :

    Let’s reinvent the gods, all the myths of the ages
    Celebrate symbols from deep elder forests
    Have you forgotten the lessons of the ancient war?
    We need great golden copulations…

  • douglas la sous-merde dit :

    ça te dirait de parler Français tête de bite ?

    tu fais pitié avec ton vieille anglais moisi , va pourrir pédale…

    • Manu dit :

      *vieil. Également, attention à la ponctuation, aux majuscules, et au fait que dans une phrase interrogative, le verbe vient avant le sujet.

  • Douglas dit :

    Wow… You rock dude!

  • Henry dit :

    Pourquoi être aussi grossier!!!! un égaré qui n’a rien à partager avec la démocratie grecque. Bien dommage que l’on soit obligé de partager cette énergie avec de tels individus et le pire est que ces fruits pourris pourrissent les autres.
    En dehors de cette médiocrité souhaitons que nos chaines actuelles se brisent.
    Le moment est arrivé, sans politique et sans religion de préférence.

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