Petit Mali contre Grand Israël

Petit Mali contre Grand Israël

le 21 novembre, 2012 dans Conflit malien, International / Alternational par

Un grand désert avec à l’intérieur des vrais morceaux d’enturbannés qui ratiboisent de bon cœur, un pu-putsch mesquin de la soldatesque locale en mal de petits pagnes, les éternels cris d’orfraie à l’ONU, tellement insipides qu’on ne les entend même plus, il faut bien en convenir, le scénar malien est nul, le public n’accroche pas.

Dire qu’il suffirait au Mali de partager une frontière terrestre avec Israël, pour d’un coup d’un seul, se retrouver au cœur de toutes les passions et discussions ! Cela étant, au train où vont les choses, le Grand Israël finira bien par arriver jusqu’au Sahel, c’est probablement une question de patience.

Et à mesure que croît le désintérêt de l’opinion, l’Empire, lui, a bien compris où se situait son propre intérêt, comme toujours. De ce point de vue, la situation malienne est idéale. Une croissance en berne en dessous de 2%, quand elle atteignait 5% avant le coup d’Etat du 22 mars, et un coup de poignard dans le dos pour les finances publiques, avec le coût de la crise dans le Nord, estimé pour l’instant autour de 400 milliards de francs CFA (600 millions d’euros). De quoi aiguiser férocement les appétits des généreux bailleurs de fonds, qui comme les vautours dans les westerns, se rapprochent de leur proie par cercles concentriques.

Sur le terrain, la grande lessive pour séparer les serviettes des torchons a déjà commencé. Hier honni, le groupe islamiste Ansar Dine déclare désormais sans rire vouloir «appliquer la charia avec pédagogie et sans violence», et être prêt à débarrasser le nord du Mali «du terrorisme et des mouvements étrangers». Simple déclaration d’intention qui dévoile en filigrane la stratégie de l’Empire, consistant à distinguer l’islamiste malien de l’islamiste étranger.

Une stratégie qui se vérifie aussi dans les récents violents combats menés dans la localité de Ménaka, près de la frontière avec le Niger, entre Touaregs maliens du MNLA (Mouvement national de libération de l’Azawad) et jihadistes étrangers du Mujao (Mouvement pour l’unicité du jihad en Afrique de l’Ouest).

La finalité de cette approche est plutôt limpide : isoler Aqmi (Al-Qaïda au Maghreb islamique) et le Mujao comme les seuls véritables ennemis dans la région. Ce qui revient, implicitement, à obliger l’Algérie à s’engager concrètement dans le problème. C’est-à-dire, en fin de compte, faire accepter à l’Algérie l’impensable, à savoir la présence d’armées étrangères à ses portes. Le gouvernement FLN serait alors contraint de fermer ses frontières pour priver les groupes armés de toute base arrière. Dans le cas contraire, il deviendrait assez facile de reprocher à Alger son inaction dans la lutte contre le terrorisme. Que l’Algérie coopère ou non, elle sera bel et bien prise au piège de l’Empire.

                                                                  (Cliquez ici pour lire les précédents articles sur le conflit malien)

2 Commentaries

  • aqlalas dit :

    merci pour votre réflexion.
    mais ce que j’arrive pas a croire,c’est que vous n’avez ,dans aucun passage de votre publication’citer le terme M N L A.ce mouvement est pourtant est le veritable animateur de ce qui se passe au mali en ce moment.

  • Nico Ramirez dit :

    Merci aqlalas pour ce commentaire qui prouve que vous n’avez pas lu l’article, à moins bien sûr qu’il ne vous faille consulter un ophtalmologue (pour commencer).

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