Pas de liberté sans égalité

Pas de liberté sans égalité

le 09 septembre, 2014 dans Démocratie, Provoquer le débat par

Voilà que certains nous reprochent de sortir un livre ! Ils vont jusqu’à dauber notre sous-titre : Pas de liberté sans égalité. Ces matamores crient au complot franc-maçon. Ils profèrent que le mot égalité est vérolé par la secte du triangle. Marrant ça quand on sait le nombre démesuré de leurs grades ; leur bouquet hiérarchique est quand même une insulte à nos aspirations égalitaristes !

De toute façon on les connaît ces bégueules n’hésitant plus à condamner nos aspirations radicalement démocratiques : il s’agit de nos « amis » les suprématistes. En même temps, entre le narcissisme de race et l’intolérance de foi, il ne reste plus beaucoup de brèches pour laisser passer un embryon d’éthique paritaire. Il faudrait même une vraie révolution pour que s’esquisse une fissure… Au final, l’inégalité qu’ils promeuvent garantit leur servitude et donc leur aveuglement. Celui des vaincus qui se pensent vainqueurs.

L’égalité que nous prônons n’est bien évidemment pas celle de la sotte Belkacem affirmant qu’une femme peut papillonner en Formule 1 et un homme flamboyer en compétition de GRS. L’égalité d’ordre corporelle, sexuelle ou psychologique ne peut s’identifier à l’égalité politique ou culturelle, sinon, comme l’écrit Alain Soral paraphrasant Michel Clouscard, pour favoriser « une standardisation des individus, induit par la logique industrielle du modèle unique ».

Depuis plus de deux ans, nous briguons une égalité sociale comme condition de possibilité de notre liberté politique. Quelle autre voie possible d’ailleurs, pour le peuple, s’il veut accéder à une plus grande souveraineté ?
L’égalité ainsi postulé serait à la fois rouage et garantie d’une union horizontale et d’un pouvoir populaire, seuls capables de répondre dûment aux intérêts communs d’une société. La démocratie directe s’affirmerait alors comme le seul régime certifiant la liberté des hommes en collectivité. La liberté pour chacun de pouvoir agir pour changer les choses en fonction des besoins de tous – sans recourir à un représentant ou un substitut, toujours plus enclin à préserver son pouvoir qu’à le partager.

Notre ouvrage Démocratie radicale contre diktacratie compile les meilleurs textes du site Diktacratie.com sur le sujet. Aussi faudrait-il les lire avant de cracher sur notre singulière dialectique.
Nous sommes loin du fantasme gauchiste invoquant la révolution, du moment qu’elle offre les mêmes privilèges à tous… enfin leurs privilèges ! Car ces faux socialistes n’ont toujours pas compris que prôner l’égalité n’est pas d’exiger que les autres obtiennent la même chose que nous – les bien lotis -, mais plutôt de partager ce que nous avons déjà avec ceux qui ont moins.

Dans un monde où les hommes ne s’estiment que par ce qu’ils ont et s’ignorent pour ce qu’ils sont, dans un monde où le secret des grandes fortunes sans cause apparente est un crime oublié, renier toute notion d’égalité procède de l’instinct de survie pour celui qui veut jouir d’un statut de vainqueur. C’est à croire que dans nos sociétés la liberté ne serait que le fruit d’une lutte individualiste, à l’écart de toute ambition collégiale.

Entre les libéraux estimant qu’écraser les autres suffit légitimement à assurer leur confort social, et les vaincus du système s’imaginant que derrière les issues de secours se profile la vraie liberté, difficile d’espérer un quelconque partage du pouvoir, pourtant seul capable de nous affranchir de nos démons narcissiques. Restent peut-être les blasés soupirant qu’il est opportun de se plaindre quand on est du bon côté de la barrière. Je connaissais une personne de la sorte, une méridionale. Mais je pense au final qu’elle est complètement schizo…

Quoi qu’il en soit, ce n’est ni dans la domination, ni dans la fuite que percera le génome de la liberté. Que l’on soit Tartuffe ou Alceste, que l’on soit Jordan Belfort ou Nicolas Sarkozy, que l’on soit Mona de Sans toit ni loi ou Chris McCandless d’Into the wild, il n’y a au bout de ces destinées que solitudes et naufrages.
Alors, on pourra toujours snober notre idéal, il n’en demeure pas moins l’un des remèdes les plus radicaux pour se délivrer de cette servitude diffuse, revers des vénaux intérêts de nos substituts.

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