Parlementarisme régime de mensonge et d’incompétence

Parlementarisme régime de mensonge et d’incompétence

le 10 août, 2015 dans Lecture de vacances par

Vous, Jaurès, qui avez dirigé la confection d’une Histoire de France de 1789 à 1900, vous devez savoir que sans exception, toutes les assemblées parlementaires ont été, dans leur immense majorité, composées d’avocats, de docteurs et de propriétaires, ayant une ignorance bénie de choses pratiques qui créent la prospérité et la force d’une nation et qu’ils désignaient ceux qui parmi eux se distinguaient par leur talent de parole et d’intrigue pour devenir ministres.

Plus les ministres sont incompétents et mieux ils remplissent leur fonction .

Et avec plus de conviction ils mettent leur rhétorique et leur roublardise au service des bureaux et des coteries capitalistes, qui leur mâchent la besogne et leur fournissent les thèses à défendre à la tribune : ils ne sont que leurs porte-paroles, que leurs avocats capables de discourir, sur tous les sujets, sans les connaître.

Si les députés, qu’on a comparés à des rois constitutionnels, règnent, ce sont les bureaucrates et les capitalistes qui gouvernent.
Un ministre compétent serait un gêneur qui ferait grincer la machine parlementaire ; il aurait l’inconvénient d’avoir une opinion et des idées qu’il voudrait appliquer ; sa conscience de technicien le ferait entrer en lutte avec la routine des bureaux et les intérêts égoïstes et sordides des capitalistes qui, sans tambour ni trompette, l’obligeraient à vider les lieux.

L’incompétence des parlementaires est une des conditions de la domination capitaliste.

Cette incompétence est le reflet politique de l’incompétence économique des capitalistes, qui n’ont pas et qui ne désirent pas avoir la moindre notion du fonctionnement des moyens de production et d’échange dont ils sont propriétaires.

Au choc de la révolution sociale, le parlementarisme, ce régime du mensonge et de l’incompétence, s’écroulera en même temps que l’incompétente possession capitaliste des instruments de travail. »

                        Paul Lafargue (L’Humanité, 1er novembre 1908)

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2 Commentaries

  • Christian dit :

    Vivement le tirage au sort !

  • Elfdar dit :

    Article tranchant mais qui révèle une réalité, le parlementarisme par élection est le cancer de la démocratie. Il fige une caste politique et prive le peuple de réel représentant. Le peuple doit alors se contenter de trahisons et d’injustices sous-couvert d’une démocratie fantoche… Et le plus beau est à venir, quand le peuple pense en toute logique que ses représentants sont des nantis, alors on l’affuble de sobriquets comme fasciste (c’est toujours plus commode que d’avoir à se justifier ).

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