Nul n’aura plus à subvenir à ses propres besoins

Nul n’aura plus à subvenir à ses propres besoins

le 26 mai, 2013 dans Lecture du dimanche, Spartacus par

Couronnant une colline au centre de la ville, se dressait une immense tente voilée de pourpre. Là vivait l’imperator [Spartacus] ; de là partaient les lois nouvelles qui allaient régir la Confrérie des Esclaves. Au-dessous, les tentes des lieutenants de Spartacus formaient un cercle qui ceinturait la colline et plus bas encore, un cercle plus vaste : celui des bâtiments communaux, des magasins, des forges, des greniers, des parcs à bestiaux et des réfectoires. Dans les quartiers d’habitation, chacun construisait sa maison comme il l’entendait, mais les vivres, les animaux, les armes et les outils étaient propriétés commune. Quand les bases de la Cité furent jetées, l’imperator édicta les lois nouvelles dont le chroniqueur Fulvius a laissé le texte à la postérité.

  1. 1. Nul n’aura plus à subvenir à ses propres besoins et nul n’aura le droit de restreindre ou de pressurer son voisin suivant son bon plaisir ou son avidité. C’est la communauté qui, dorénavant, pourvoira aux besoins de chacun.
  2. 2. Nul n’asservira son prochain, le faible ne sera plus soumis au fort. Celui qui n’aura pas un sac de farine ne dépendra pas de celui qui possédera un sac de farine, car tous les vivres seront mis en commun dans la Confrérie.
  3. 3. C’est pourquoi nul ne pourra conserver chez lui plus d’une demi journée de vivres, ni amasser des marchandises ou des denrées dans sa maison. Chacun sera nourri sur les biens de tous dans de grands réfectoires communaux ainsi qu’il sied aux membres d’une confrérie.
  4. 4. De même, les besoins en outils et en armes, les besoins physiques et domestiques seront satisfaits en contre partie du travail que chacun aura fourni, suivant ses aptitudes, à la communauté, soit comme maçon, soit comme armurier, soit comme agriculteur ; Mais chacun devra travailler selon ses forces et ses moyens et il n’y aura pas de différences dans la répartition des biens ; toutes les parties seront égales.
  5. 5. Nul ne pourra s’assurer d’avantage sur son voisin, soit par un achat, soit par une vente, et nul ne pourra s’approprier plus que sa part au moyen de monnaies ou de billets. C’est pourquoi la Confrérie lucanienne ne se servira d’aucune monnaie d’or ou d’argent, ni d’autres métaux précieux ; quiconque sera surpris à en posséder sera retranché de la communauté et mis à mort.

Telles étaient les lois édictées par Spartacus pour gouverner la Cité du Soleil. Elles étaient à la fois nouvelles et aussi vieilles que le monde. »

Arthur Koestler (Spartacus)

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