Marche en capitale diktacratienne

Marche en capitale diktacratienne

le 16 janvier, 2015 dans Asservissement moderne par

Paris, maintenant que t’as étalé ton indignation, comptes-tu enfin te réveiller ? T’affranchir ?
Terrifié, tu t’es rassemblé massivement jusqu’à te proclamer nombril du monde. Victime occasionnelle, tu as rayonné tel un martyr suprême. De manière pornographique.
Comment ta chorale internationale a pu dissoner de la sorte ? Face à l’arrogance de ton show, ô combien a-t-il fallu être licencieux pour avoir eu envie de vomir ! Quoique…
Mexique, Centrafrique, Palestine… Là des étudiants disparaissent, ici des Peuls massacrent, plus haut des drones aspergent du phosphore. Ça élague, ça fusille, ça bombarde ! Quelle importance ! Hispanos, négros, bougnoules, ça vaut quoi aujourd’hui face à un artiste, un bourgeois, un juif ? Dans nos contrées repues, le troupeau ne sait manifester que pour préserver son paradis. Il n’y a pas de pâturage en enfer.

Hé Paris ! Avec ta piétaille, tu as affolé les compteurs. Les technocrates l’ont claironné avec emphase. Mais, souviens-toi aussi, que ces mêmes spécialistes, au pire du conflit irakien, nous informaient officiellement de la mort quotidienne d’au moins 80 civils sans que cela n’offusque, alors, qui que ce soit dans le reste du monde. Tout ça pour du pétrole. Faut bien entretenir son paradis.

Restent les symboles. Dans un monde où c’est le paraître qui gouverne, les mots dictent nos aliénations. Des mots prestigieux, rassurants, anesthésiants, mais des mots vides de sens, exprimant le contraire de ce qu’ils signifient : Liberté, Démocratie, Unité en lieu et place de Servitude, Diktacratie, Uniformité. Un mauvais usage chaperonnant ainsi les déférences de notre quotidien. Toujours est-il que ces mots exprimés à bon escient ne changeraient en rien notre société, car la liberté n’a jamais été le fruit de formules magiques…

Si certains, dimanche dernier, arboraient aussi sincèrement que fièrement des valeurs d’unité et de liberté, pourquoi dès le lendemain les ont-ils si aisément oubliées ? Combien avons-nous alors croisé d’idéalistes du dimanche revêtir leur habit de mollusque ou de requin, de petit soldat ou de petit chef, dégoulinant de ressentiments ou d’ambitions, et cracher à la gueule de leur entourage leurs humeurs belliqueuses, leurs triviales névroses et leurs frustrations narcissiques ?
Par ailleurs, comment ne pas songer à ces hommes libidineux et ces femmes carnassières incapables de maintenir de la cohésion dans leur couple et exhortant aux autres la monade. Un peu comme ces enfants gâtés transgressant d’autant mieux le règlement qu’ils le connaissent par cœur.

La diktacratie aime afficher le pullulement des ses individualités. Cela témoigne, en effet, de sa bonne santé. Ainsi, quand le « je suis » s’exhibe au détriment du « nous sommes » c’est surtout le symptôme flagrant que les hommes ne sont toujours pas prêts de s’agréger pour incarner la démocratie. La vraie.

Partager

Il n'y a pas de commentaires pour cet article, laissez-en un!

Réagissez à cet article :