Mali: que la fête commence !

Mali: que la fête commence !

le 19 septembre, 2013 dans Conflit malien par

Le nouveau président malien, Ibrahim Boubacar Keïta, n’aura pas attendu longtemps pour se frotter aux incorrigibles turpitudes maliennes. Moins d’une semaine après son investiture, des incidents ont eu lieu entre l’armée malienne et des Touaregs, près de la frontière mauritanienne.

Une vingtaine de 4×4 et une petite dizaine de blindés ont encerclé et tiré sur un campement où étaient regroupés des combattants du MNLA (Mouvement national de libération de l’Azawad) et du HCUA (Haut Conseil pour l’unicité de l’Azawad).

Plusieurs Touaregs ont été tués dans cet accrochage, présenté par l’armée comme une opération de sécurisation, menée dans une zone où le banditisme frontalier continue de s’épanouir, notamment via le racket organisé par des Touaregs sur les commerçants et voyageurs qui circulent entre le Mali et la Mauritanie.

L’opération des militaires maliens est bien le signe que le retour à la normale dans le nord du Mali est loin, très loin d’être atteint, car la situation y reste extrêmement tendue.

Les accords de Ouagadougou, signés à la mi-juin au Burkina Faso, entre les autorités de transition de Bamako et les groupes du nord du Mali, devaient justement calmer le jeu, en permettant la tenue de l’élection présidentielle dans le septentrion malien, en particulier à Kidal, fief de la rébellion touarègue. Le texte précisait également que le cantonnement des rebelles touaregs serait pris en charge par la Minusma (Mission intégrée des Nations unies pour la stabilité au Mali).

C’est justement parce que ce cantonnement n’a toujours pas été mis en place, que l’armée malienne n’a eu d’autre choix que l’usage de la force contre des éléments du MNLA. Non sans un certain cynisme, le groupe rebelle touareg a dénoncé après cet assaut une violation des accords de Ouagadougou.

La situation sur place reste donc inextricable, c’est-à-dire en fin de compte très similaire à celle qui prévalait déjà, avant qu’un texte commun ne soit paraphé. Un texte aujourd’hui clairement ridiculisé par la réalité du terrain.

Ainsi, le gouverneur de Kidal, dépêché à la hâte par Bamako juste avant l’élection, se trouve confronté à un problème immobilier. Son bureau, celui du gouvernorat de Kidal, demeure toujours occupé par le MNLA… En attendant, le gouverneur a trouvé refuge à la mairie.

Malgré la présence des forces internationales, malgré la fanfaronnade de Ouaga, à Kidal, le MNLA impose sa loi. Lorsque l’Etat malien entend diffuser un communiqué à la population, il doit au préalable en demander l’autorisation au MNLA, car ce dernier continue de contrôler la station locale de l’ORTM, l’Office de Radiodiffusion-Télévision du Mali

Des petites broutilles qui ne vont pas gâcher la belle fête donnée ce jeudi 19 septembre à Bamako, pour marquer le début du quinquennat d’IBK, et à laquelle est convié François Hollande, avec une trentaine de chefs d’Etat. Sur la photo, tout le monde aura un beau sourire de vainqueur.

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