La main de Dieu

La main de Dieu

le 18 mars, 2013 dans Inter-national par

C’est une histoire en vogue à Caracas. À peine arrivé au Paradis, la première mission d’Hugo Chavez a été de s’assurer auprès du Tout-Puissant que le prochain pape serait Sud-Américain, et proche du peuple, pour le même prix ! Moins d’une semaine après l’élection du cardinal argentin Jorge Mario Bergoglio à la charge pontificale, le moins que l’on puisse dire, c’est que l’origine géographique ne constitue pas le seul point commun entre le Comandante et le pape François.

Ce dernier va devoir, lui aussi, affronter manips et bobards visant à le discréditer, à brouiller son message, bref à l’affaiblir, pour mieux l’empêcher d’incarner l’opposition, ne serait-ce que spirituelle, au diktat de l’Empire. À l’image d’un Jean-Paul II en son temps ennemi pointé de l’U.R.S.S.

Les coups tordus n’ont pas tardés, surgissant dès les premières heures de l’annonce de l’élection du pape François, qui n’étant pas Allemand, ne risquait pas de se voir tricoté un passé dans les Jeunesses hitlériennes. En revanche, sa nationalité argentine pouvait facilement crédibiliser un comportement de collabo de la dictature militaire qui a sévit dans le pays de 1976 à 1983.

Il y a eu, par exemple, cette photo qui a circulé à la vitesse de la lumière sur les réseaux sociaux, généreusement relayée par la petite clique antifa. On voit sur le cliché un prêtre, de dos, mais présenté comme étant soi-disant Jorge Mario Bergoglio, le futur pape François, en train de donner la communion au général Videla, dictateur en chef du régime militaire argentin, quelque part dans les années soixante-dix. Il s’agit en fait d’une photographie disponible dans la banque d’images de l’AFP et qui mentionne dans sa légende originale un « prêtre d’une église locale, en 1990 ». Une date à laquelle Bergoglio était directeur spirituel et confesseur à Cordoba, à plusieurs centaines de kilomètres de la capitale.

On a aussi lu et entendu que le nouveau pape François ne se serait pas opposé, toujours à l’époque de la dictature, à l’arrestation de missionnaires jésuites, par la suite torturés. En réalité, Bergoglio a convaincu le prêtre particulier de la famille du général Videla de se faire porter pâle, pour qu’il puisse le remplacer, et ainsi, approcher au plus près l’homme de fer de l’Argentine, afin de lui demander directement la libération des deux religieux.

Ou comment transformer un héros en suppôt d’un régime militaire. On ne connait que trop bien la provenance de ce fiel. Mouvance «droitdel’homiste» et autres fientes trotskistes en service commandé pour leurs maîtres libéraux.

Car le nouveau pape est un jésuite, et en la matière, il n’y a pas, chez les catholiques, meilleur rempart à la désagrégation programmée des Nations. À Buenos Aires, celui qui dit aujourd’hui « rêver d’une Eglise pauvre pour les pauvres », n’habitait pas la luxueuse résidence réservée aux archevêques, lui préférant un appartement à proximité de la cathédrale. Fidèle supporter du club de foot argentin de San Lorenzo, il continuait de payer sa cotisation tous les ans.

Le soir de son élection, il s’est présenté à la foule vêtu simplement de sa soutane blanche, sans la mosette, la pèlerine rouge des cardinaux et des papes. Il ne portait pas non plus les fameux escarpins rouges de Benoît XVI.

Le cardinal Bergoglio s’était aussi vigoureusement opposé au gouvernement de Cristina Kirchner qu’il a accusé de laisser grandir les inégalités en Argentine. Il estimait alors que les structures économiques elles-mêmes pouvaient être aussi néfastes sur les hommes que le meurtre ou le terrorisme. Pas vraiment un ami de la Banque, le Bergoglio.

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4 Commentaries

  • Lexpo dit :

    « Car le nouveau pape est un jésuite, et en la matière, il n’y a pas, chez les catholiques, meilleur rempart à la désagrégation programmée des Nations »
    Il y aurait lieu de justifier cette affirmation. A mon avis, c’est précisément le contraire !

    • Nico Ramirez dit :

      Lexpo, merci pour ta participation, mais te souviens-tu pourquoi les jésuites ont été chassés du territoire français, au XVIIIe siècle ? Car en fait il n’y avait qu’eux pour gêner le déploiement de la philosophie néo-libérale des Lumières…

  • Ben dit :

    Bel article!

  • Lexpo dit :

    Merci à vous
    Bon point, difficile à éclaircir si l’on méconnait la bipolarité des jésuites.
    C’est une erreur que je retrouve également sur égalité et réconciliation, et qui est en fait une erreur typiquement française, la pensée intellectuelle française n’étant pas capable de concevoir l’histoire depuis 1789 que par des oppositions binaires de type ancien régime / modernité, catholicisme / laïcité, veille France réactionnaire / nouvelle France progressiste. Elle est frappée d’un traumatisme amnésique qui a pour nom Massacre de Saint Barthélémy, Dragonnades, Révocation de l’Edit de Nantes. Sait-on que les confesseurs de Louis XIV, le roi SOLEIL, du père Lachaise au Le Tellier, sont tous jésuites ?
    De l’arrestation des templiers et de la dissolution de l’ordre par Philippe le Bel en 1307 aux expulsions multiples des jésuites, Du Japon aux Etats Unis en passant par la Suisse, et leur supression par Clement XIV puis rehabilitation, l’histoire trouble de l’église de Rome, égarée entre massacres sanglants et domination financière (on pense également à la colonisation de l’Amérique du Sud) se répète.
    Et pour citer un auteur favori des catholiques traditionalistes, a connu des éclairs au milieu de son fanatisme papiste : « l’argent est le sang des pauvres »

    Prend-on également la mesure qu’entre 1867 et 1984, les États Unis d’Amérique, qui alors était le phare de la liberté, et non le triste empire décadent du XXI ème siècle, n’ont eu aucune relation diplomatique officielle avec le Vatican ?

    Le libéralisme et le papisme ne sont au fond que les deux mêmes faces du même dieu, le Janus, ou encore l’aigle bicéphale impérial monté sur le globe surmonté de la croix, l’alliance incestueuse entre un temporel niant Dieu et un spirituel infidèle à Dieu, laquelle est dénoncée par le Seigneur Jésus-Christ à plusieurs reprises : « Rendez à César ce qui appartient à César, et à Dieu ce qui est à Dieu », ou lors de la troisième tentation au désert : « Le diable, L’ayant élevé, Lui montra en un instant tous les royaumes de la terre, et Lui dit: Je Te donnerait toute cette puissance, et la gloire de ces royaumes; car elle m’a été donnée, et je la donne à qui je veux. Si donc Tu te prosternes devant moi, elle sera toute à Toi. »

    Cette abomination arrive désormais à son terme avec la mort du libéralisme (des libertés, donc…) et la soumission des nations au gouvernement mondial de la grande Rome oeucuméniste (lieu de signature des grands accords européens, sièges des grands thinks tanks sur l’alimentation mondiale…)

    Réfléchissez, et vous conclurez par vous même qu’il ne peut en être autrement, la subversion politique et religieuse étant ainsi poussée à son comble

    Le libéralisme est un monde sans Dieu, le papisme un monde de faux dieu
    Entre les deux, il y a la Bible et le chemin étroit invitant à « examiner tout et retenir ce qui est bon » sachant que « toute Ecriture est inspirée de Dieu et utile à discerner le bien et le mal ». Sur le chemin, beaucoup de sectes et de fausses doctrines, mais un socle ferme, d’une solidité inéprouvable face à laquelle les puissances ténébreuses ne peuvent rien : la foi en Jésus-Christ, le Fils Unique de Dieu

    Salutations chrétiennes
    Lexpo

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