L’Europe à l’heure de la faim

L’Europe à l’heure de la faim

le 22 mai, 2015 dans Inter-national, Provoquer le débat par

Des enfants qui piochent dans les poubelles, d’autres qui ne parviennent plus à parler tant leur état de santé est précaire, niveau de sécurité alimentaire proche de certains pays africains, cette situation peu commune est celle vécue par la Grèce depuis de nombreux mois. Une situation qui annonce le retour de la misère caractérisée en Europe

La disette qui ronge la Grèce fait-elle figure d’exception ? Doit-on y voir les prémisses d’un phénomène qui embrasera bientôt l’Europe dans sa totalité ?
Une certitude : le spectre de la pauvreté est tel qu’il revient en force au centre des conversations. La définition donnée en son temps par le sociologue Georg Simmel – « Est pauvre celui dont les moyens ne suffisent pas aux fins qu’il poursuit »- n’est plus de mise aujourd’hui.
Et, si certains spécialistes confortablement assis dans « les fauteuils » de Frédéric Taddéi s’interrogent encore sur le positionnement des curseurs de la pauvreté (tout en se plaisant à dire que beaucoup de miséreux regardent les programmes télévisuels sur des écrans plats !), il y a toutefois lieu de s’interroger sur le devenir des familles grecques qui envoient leurs enfants dans des orphelinats faute d’être en mesure de les nourrir…

« Celui qui n’a pas faim ne peut pas comprendre celui qui a faim. Celui qui a eu faim comprend celui qui a faim. Mais ceux qui ont trop d’argent ne comprennent pas. C’est comme ça. C’est logique… Je reconnais les gens qui ont faim parce que j’ai eu faim. » , ces propos d’un vieil homme recueillis par Patric Jean dans le documentaire Les enfants du Borinage  mettent en lumière la déconnexion d’une élite incapable d’éradiquer la faim alors qu’elle en a techniquement les moyens.

Que fait l’Europe ?

Officiellement la lutte contre la pauvreté est une priorité majeure. L’Europe s’est engagée à extraire d’ici 2020 vingt millions de personnes de la pauvreté. Une mesure qui pourrait devenir purement et simplement dérisoire si le phénomène d’appauvrissement devait poursuivre son irrésistible ascension. Le constat dressé par la croix rouge européenne est alarmant, jamais autant de nourriture n’a du être distribuée qu’à l’heure actuelle depuis la fin de la seconde guerre mondiale.
En Grèce, un enfant sur six souffrirait de malnutrition (source : 24 matins.fr).
A Bruxelles, capitale tristement européenne, un enfant sur trois vivrait dans la pauvreté.
En France, l’Insee évoque le nombre de 2,7 millions d’enfants touchés par la pauvreté…
L’indigence n’est en rien une fatalité. Qu’ils proviennent du travail ou qu’ils soient sociaux , il est possible de rehausser les revenus des individus fragilisés au delà du seuil de pauvreté. Il suffit de prendre l’argent là où il se trouve…
Comme le disait Kropotkine dans  La conquête du pain :

On peut changer de gouvernement sans que le bourgeois manque jamais l’heure de son dîner, mais on ne répare pas ainsi les crimes d’une société envers les nourriciers. »

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1 Commentaire

  • enebre dit :

    « On peut changer de gouvernement sans que le bourgeois manque jamais l’heure de son dîner, mais on ne répare pas ainsi les crimes d’une société envers les nourriciers. »

    Là on s’approche enfin du centre du foyer infectieux.
    On doit appeler un chat un chat. La pomme pourrie doit être détruite.

    Il est temps d’arrêter de faire des ronds de jambe et d’éluder les points sensibles à nos élites criminelles.

    Les coupables sont là ou se trouve les fortunes.

    Soit on élimine les coupables, soit ils font amende honorable.
    A quand l’ultimatum humanitaire ?

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