Les symptômes d’une diktacratie

Les symptômes d’une diktacratie

le 30 mars, 2013 dans Démocratie par

« A voté ! » Voilà donc la sentence démocratique, le couperet, capable à lui seul de faire taire le bon peuple et de le marginaliser… tout en s’en proclamant.

« Il faut accepter la légitimité du parlement et du suffrage ! »*

Dès l’instant où nos élus ont, en chambre, voté à la majorité une loi, celle-ci devient irrévocable. D’autant plus lorsque les propositions émanent directement de l’exécutif.
Au préalable, on met en scène un simulacre de concertation : on prend quelques citoyens – genre bons électeurs – peu corrosifs car gavés de propagande médiatique, beuglant à droite comme à gauche à l’initiative progressiste, à l’évolution nécessaire. Puis, on nous sort une ribambelle de spécialistes, d’intervenants sponsorisés par des groupes d’intérêts privés en tout genre, des chiens de garde du système libéral en somme, qui font mine de débattre entre eux, de peser le pour et le contre, d’exercer toute leur raison pour éclairer le spectateur… pour enfin conclure à la juste révolution des réformes imposées.

« Choc de simplification »*

Ainsi fonctionne notre diktacratie : l’opportun représentant d’un gros quart des français impose avec l’aval de « l’Empire des Banksters » quelques réformes symboliques alimentant à temps plein de faux débats, histoire d’exalter nos opinions, tout en leurs offrant un terrain inoffensif pour s’épandre
Et pendant qu’on se fait la guéguerre sur des sujets bien cadrés, et sur lesquels nous n’avons finalement aucun pouvoir (puisqu’ils ont déjà été votés), de colossales transactions et d’insolites spéculations, dont on ne comprend rien, orchestrent les crises à travers le monde. De même, d’incessants pillages et de sournoises guerres humanitaires redessinent jour après jour notre géopolitique afin de satisfaire les caprices de nos oligarques, jamais à court de vice pour préserver ou agrandir leurs pouvoirs.

« J’ai décidé, avec le parlement… »*

La vraie démocratie, celle qui devrait être animée par le peuple dans sa totalité, celle pour qui le dialogue serait une nécessité, celle qui prendrait le temps de la concertation et chérirait les confrontations, les remises en cause pour aboutir plus véritablement à des changements en rapport avec l’intérêt général, n’est pas encore parvenue à s’instaurer dans nos contrées corrompues, dans nos contrées où la loi, qu’elle soit bonne ou mauvaise est un réel diktat auquel une majorité de citoyens ne peuvent déroger. Pourquoi ? Tout simplement parce que celle-ci constitue l’une des propositions du candidat vainqueur à la présidentielle. Ainsi, majorité électorale vaut pouvoir démocratique, et ce pour 5 ans…
Les institutions parlementaires ne sont que rideau de fumée, puisque de par leur structure et leur fonctionnement, elles ne peuvent qu’officialiser ce que les pouvoirs en place exigent d’elles.
Le peuple peut sortir en masse dans la rue, demander un délai supplémentaire de réflexion… Peu importe, il ne sera de toute façon ni considéré, ni écouté. Alors, que faut-il faire ?

(*François Hollande)

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