Les révolutions de Chavez

Les révolutions de Chavez

le 09 mars, 2013 dans Dictature de l'économie, Inter-national, Modèle politique par

En partie grâce à l’argent du pétrole, Chavez put mettre en oeuvre toutes ses révolutions nécessaires : à l’instar de Sankara, il instaura d’abord une réforme agraire : les sols furent rentabilisés pour que, par exemple, les vénézuéliens ne consomment plus le cacao ou le tabac importé. Des centaines de milliers de famille furent aussi installées sur les terres, jusque là latifundios monopolisés par de riches propriétaires acoquinés avec banques et industries étrangères. Avant cela, 40% de la population s’étaient égarées dans le secteur informel du petit commerce, ce qui a ruiné le pays. Michel Collon raconte qu’on ne pouvait faire un pas « sans buter sur l’échoppe d’un buhunero, petit vendeur sans licence » de boissons, cigarettes, gadgets, vêtements, téléphones…

Ainsi Chavez relança la culture du travail productif.

Un Etat à la fois fort et populaire favorisant dès lors une économie mixte avec secteur privé, public et coopératif (plus de 70000 coopératives aujourd’hui) ; récupérant les entreprises abandonnées par les patrons mais maintenues par les ouvriers ; redistribuant les revenus ; garantissant des crédits importants sans taxes ; et indemnisant les multinationales pour mieux nationaliser l’acier, le ciment, la téléphonie ou internet.

La banque centrale vénézuélienne, contrôlée par les élus et non les banques privées, est désormais subordonnée aux intérêts du peuple. Ses réserves -comme elles devraient l’être dans toutes les banques centrales de la planète- constituent une partie du Trésor Public. Les taux pour la monnaie restent fixes et stables.

En bref, un ministère de l’économie populaire, un développement endogène, des flux financiers contrôlés… Nous sommes loin des « privatisations massives » du plus volage des anciens ministres français – accessoirement socialiste ! – de l’économie, des finances et de l’industrie.

De toute façon, privatiser c’est exclure.

C’est instaurer le monopole du privé contre les consommateurs. En outre, les bénéfices issus d’une privatisation prennent généralement le chemin de ceux qui en ont le moins besoin. Quand un ministre privatise, c’est la preuve que c’est la finance qui gouverne.

Mais concluons sur le Venezuela. Ce pays aurait pu s’aligner comme d’autres nations puissantes, dites démocratiques, en investissant ses dollars dans la guerre ou la quête de pétrole. L’impératif semble ailleurs : l’investissement prioritaire demeure l’amélioration du sort de toute la population. Ecoutons Chavez le 24 Août 2011 :

Le Venezuela a investi 400 milliards de dollars dans le social depuis 10 ans. Il est le pays le moins inégalitaire de toute l’Amérique. Il a réussit en une décennie à réduire de plus de moitié la pauvreté structurelle héritée de 100 ans. »

Nous invitons les médias à se rendre au cœur du Venezuela, loin des réceptions de la bourgeoisie compradore des beaux quartiers de Caracas – une bourgeoisie certes accueillante mais en rien représentative de l’épanouissement général.

Comment ne pas constater aujourd’hui les produits locaux vendus partout bon marché, les soins, les transports en commun, internet et le téléphone portable à des sommes modiques et donc accessibles à tous. Et que dire de ces cantines publiques ou comedores pour les plus de 60 ans, ou encore ces écoles de musique gratuites pour tous !

Pour finir, un petit pourcentage qui ne devrait pas déplaire à Emmanuel Todd, le Venezuela est le pays qui étudie le plus au monde : grâce aux bourses généreuses, 36% de la population s’instruit… contre 25% en France (15 millions de personnes) !

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10 Commentaries

  • Saga Gemini dit :

    Petite précision orthographique : « latifundia » ne prend pas de « -s » à la fin car c’est déjà le pluriel neutre latin de « latifundium ».

    Amicalement. :)

  • douglas dit :

    un autre très très bon article pour ce qui comprennent l’anglais: venezuelanalysis.com/analysis/6528

  • Alex dit :

    Muy interesante! Queremos aprender entonces muchas gracias !!!

  • Joël dit :

    @Saga Gemini :latifundio est du gendre masculin et son pluriel latifundios
    Amicalement ;-)

    • Saga Gemini dit :

      Soit mais vous employez là l’espagnol alors que le mot était originellement employé dans le texte en latin. Je n’ai fait que corriger une faute de francisation d’une déclinaison latine. Libre à vous d’employer l’espagnol si ça vous chante.

      Amicalement² ;)

  • Michel leval dit :

    il n’a rien inventé, il ne fait qu’imiter la triple révolution du défunt président algerien « Houari Boumediene » (révolution agraire,culturelle et industrielle)

  • BiggerP dit :

    Article court mais intéressant… Je le fais suivre…

  • Maria. dit :

    Voilà! C est exacte! On est le pays qui étudie le plus, les conservatoire obliglatoire et gratuite,le pays le plus égalitaire de Amérique, et depuis 10 ans,le peuple a une dignité,a l’espoir et surtout une concience de notre grand richesse . Merci beaucoup! Ça fait du bien. Et juste, je vous invite a aller visite mon pays, ou probablement vous serez sourprise de l’accueille et de la beauté de liu. Les venezuela est réveillé! Aujourd’hui et plus jamais sera la même.. Viva la Revolucion Bolivariana!Viva la patria de Bolivar! Nuestro Libertador! Et Viva Chavez , notre Presidente Comandante! Paz a sus restos.

  • Lop dit :

    C’est génial ce qui c’est passé au Venezuela sous Chavez mais j’espère vraiment que le pays restera stable est que il penseront au futur lorsque qu’il n’y aura plus de pétrole car ce magnifique standard de vie que le peuple c’est offert est financé presque exclusivement grâce au ressource pétrolière du pays

  • l’action de Chavez n’a pas rencontré que des succès, il faut le reconnaître; un de ses échecs et que après 14 ans de révolution le Vénézuela est resté un pays qui en dépit de ses millions d’hectares de terres agricoles, ne produit même pas ce qu’il mange ! (alors qu’il pourrait même devenir exportateur) et importe toujours la plus grande partie de sa nourriture ! Il semble vraiment difficile de sortir d’un économie de rente, et pourtant ça devrait être une priorité, sinon son avenir est sombre.

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