Les méthodes de l’Empire

Les méthodes de l’Empire

le 28 juillet, 2015 dans Lecture de vacances par

Exemples du Guatemala, du Nicaragua et du Salvador

Les USA sont le plus gros consommateur des mots « liberté » et « démocratie ». C’est sans doute pourquoi il ne leur en reste plus pour les exporter avec le mode opératoire ad hoc. Les peuples doivent se contenter de l’importation (imposée) d’ersatz couleur rouge sang.

Le peuple guatémaltèque connaît bien son grand voisin du nord ( dont la population, au contraire, serait bien en peine de localiser le Guatemala sur une carte) : il a subi pendant 40 ans la tutelle « protectrice » d’un pays qui armait, entraînait et finançaient une armée nationale dont la principale tâche a été de massacrer la population. La police et les escadrons de la mort faisaient régner l’ordre par la terreur. La moindre revendication de justice sociale, considérée comme une intolérable atteinte aux privilèges, était réprimée dans les bains de sang. Le nombre de victimes civiles, femmes et enfants compris, est estimé à 100 000. En 1982, le président Reagan, visitant le Guatemala, se félicitait de « l’engagement des dirigeants en faveur de la démocratie » tandis qu’Amnesty International comptabilisait des massacres de civils dans 60 villages.

Durant les quinze dernières années, le Salvador a été ravagé par des troubles qui ont fait 75 000 morts (sur 6,5 millions d’habitants) et conduit au déplacement d’un million de personnes. En1990, l’ONUSAL (mission d’observation de l’ONU au Salvador) qui a recueilli 22 000 plaintes pour exécutions extrajudiciaires, tortures et disparitions notera : « 90% des actes de violence documentés ont été commis par l’armée, les forces gouvernementales de sécurité et les escadrons de la mort. » La clique sanguinaire était sponsorisée par les mêmes parrains qui oppressaient le Guatemala.

Au Nicaragua, les choses étaient différentes avec un président démocratiquement élu, respectueux de la légalité, et dont le gouvernement avait entrepris des réformes. Le puissant voisin regrettait alors à l’époque du dictateur nicaraguayen Somoza et la violence sera donc importée par des mercenaires armés par les Etats-Unis : les Contras dont on apprendra plus tard qu’ils étaient financés grâce à un trafic de cocaïne organisé par la CIA.

C’est dans ce contexte de guerres de « basse intensité » où les idées de gauche ont été éradiquées à coups de fusils, que les Etats-Unis se sont avisés de donner à leur arrière-cour une façade démocratique.

Des élections ont eu lieu au Guatemala et au Salvador. Les partis politiques qui bénéficiaient à la fois de l’argent, de l’armée, de la police, du soutien officiel des Etats-Unis et … de candidats encore vivants l’emportèrent. Le Guatemala et le Salvador étaient donc devenus des « démocraties ».

Au Nicaragua, le gouvernement légitime a organisé des élections équitables. La population meurtrie, aspirant à la paix, a entendu les menaces des États-Unis au cas où elle aurait mal voté. La gauche progressiste de Daniel Ortega a été battue. Une démocratie nationale a été remplacée par une démocratie pro États-Unis qui s’est empressée de se plier aux diktats du FMI, de liquider les acquis sociaux, de restaurer les privilèges et de faire promptement remonter la misère, l’injustice et le taux d’analphabétisme.

L’ordre règne dans le poulailler et, de plus, il paraît tout propre. Il est paré pour toute visite des docteurs ès démocraties libérales qui confondent allégrement libres marchés et peuples libres, multiplicité des médias et diversité des opinions, Diafoirus pédants qui professent que l’appropriation publique d’organes de presse ( c’est à dire leur gestion sous contrôle de la nation) est dans tous les cas attentatoire à l’objectivité tandis que leur privatisation serait gage d’impartialité, toujours, partout et à 100 %.

Nous avons choisi ici d’évoquer trois pays d’Amérique latine dont les populations ont été décimées par leur police et leur armée (manoeuvrées par la CIA) ou par des mercenaires aux ordres de Washington.

La place nous manque pour raconter les malheurs de bien d’autres, partout dans le monde !

Si l’on observe la situation en Amérique latine depuis cinquante ans, on est horrifié devant la persistance des massacres des populations par les armées nationales, la police, les officines privées, les groupes paramilitaires, par les enlèvements, les tortures, le pillage systématique des richesses au profit d’une oligarchie dont la fortune trouve refuge dans les banques US, par la misère, l’analphabétisme, la surexploitation des travailleurs, y compris les enfants, le désastreux état sanitaire. Quel pays de la région échappe à ce terrible bilan ? Cuba (depuis sa Révolution de 1959). Cuba, cible permanente de campagnes hostiles, aux États-Unis et en Europe, dans la presse libre et objective de nos grands pays riches et démocratiques. Cuba dont on veut nous faire oublier qu’elle connaissait naguère, sous la férule de Batista, les drames que vivent encore aujourd’hui nombre de ses voisins. »

            Danielle Bleitrach, Viktor Dedaj et Maxime Vivas  (Les États-Unis de mal empire)

Partager

8 Commentaries

  • alex dit :

    Elle est belle l’Amérique que chantait Joe Dassin avec ferveur… Juste une bande de mafieux…

  • alex dit :

    Un site vraiment intéressant : barruel.com
    Aller sur daily motion voir l’interview d’Antony Sutton, à propos du financement de l’allemagne nazie et de la dictature soviet par wall-street…

  • aero dit :

    comme d’hab article bien écrit, drôle et ironique à la fois, très pertinent sur le fond. merci à vous

  • BlueMan dit :

    Pour en savoir plus sur les méthodes sordides de l’Empire pour renverser des régimes, voyez :

    « Les États-Unis à la conquête de l’Est ou comment la CIA parvient à contrôler des pays en provoquant des révolutions colorées » :
    http://www.blueman.name/Des_Videos_Remarquables.php?NumVideo=1562

    Le formidable documentaire « Coup d’état contre Hugo Chavez – La révolution ne sera pas télévisée » :
    http://www.blueman.name/Des_Videos_Remarquables.php?NumVideo=574

  • SERAGHNI dit :

    Site intéressant pour toute personne cheRchant à comprendre le monde tant au plan géopolitique que stratégique.

  • enebre dit :

    Très bien fait agréable et très abordable à lire, c’est du tout public et j’aime ça.
    Si je peux me permettre, il y manque juste les points relatifs démontrant que ici en Europe il se passe les prémices qui permettront à cet empire du mal d’imposer la même « démocratie » aux européens.
    Par l’immigration massive, pour la déculture et perte de nos valeurs.
    Par une politique sournoise d’abaissement des niveaux de scolarité.
    Par des médias à écrémage aliénant, censurant et triant l’information.
    Par l’appauvrissement des états avec les privatisations, engendrant les réductions acquits sociaux.
    Un travaille de sape qui en deux décennies feront de l’européen moyen un abruti analphabète malléable et corvéable à souhait, incapable de se défendre contre les grandes multinationales acquises et crées par les élites politique et financière de ce monde ultra-libéral qu’ils nous vendent pour être la (leur) meilleur solution démocratique et la plus forte valeur d’un avenir heureux. (surtout pour eux, à la mode de Billou, riche pour des siècles et des siècles)

  • bobforrester@live.fr dit :

    Bjr

    Je préfère le terme « impérialisme » à celui d empire choisi à dessein par Soral pour éviter sa connotation léninisten

  • Sun Tzu dit :

    Bonsoir, cela faisait un moment que je n’étais pas passé par votre site, content de voir que la qualité des articles n’a pas diminué.

    Merci pour ce topo sur les pays d’Amérique centrale (moins connus il est vrai que la Bolivie et le Vénézuéla en termes de conflits avec l’Empire).

Réagissez à cet article :