Les femen mises à poil

Les femen mises à poil

le 02 novembre, 2015 dans Asservissement moderne par

Comment se fait-il que ce petit groupe d’excitées peu frileuses a droit à un traitement médiatique digne des virées nocturnes en deux roues de notre ennemi de la finance ? Comment se fait-il que ces femmes qui promeuvent à moitié à poil le droit des femmes, ce qui revient à défiler en faveur de l’écologie en Hummer, se sont vu accorder un local dans un centre social au cœur de Paris quand nos trottoirs regorgent de sans-abris ? Comment leur tête de gondole, Inna Chevtchenko, a-t-elle pu servir d’effigie de la Marianne sur nos timbres-poste alors que cette dernière est censée représenter le symbole de la République, elle qui ne reconnaît pas les communautés ? Comment se fait-il aussi que nos Claudettes aux accents ukrainiens soient choyées par nos médias bien-pensants de gôche, les mêmes qui fustigent régulièrement Dieudonné, alors que la fondatrice du mouvement se déclare proche du parti nazillant d’extrême droite Svoboda ? Oui, Comment ?

Et pourtant, ces féministes physiquement intelligentes n’ont officiellement que pour principal combat la chape de plomb patriarcale que ferait peser sur notre société les religions monothéistes : musulmane et chrétienne (tiens, y’en manque une !). Comme si l’Eglise et la Mosquée avaient aujourd’hui un quelconque pouvoir sur nos institutions laïcisées !

De ce qui précède, il est légitime de se demander quels pourraient être les buts non avoués des sponsors et des relais médiatiques et d’opinion de ces drôles de dames ? En fait, ils sont multiples :

Certains y voient la possibilité de mettre en avant les combats sociétaux pour diluer, et même exfiltrer du champ politique le combat des combats : le combat social : « Si nous pouvons surmonter les fausses polarisations que suscite aujourd’hui la politique dominée par les questions de sexe et de race, peut-être découvrirons-nous que les divisions réelles restent celles de classe. » – Christopher Lasch

D’autres utilisent ces starlettes vulgaires (un pléonasme, un !) pour promouvoir les communautés de sorte qu’elles s’immiscent entre le citoyen et la République, entre le citoyen et la nation, participant ainsi à détruire l’Etat-nation de l’intérieur. Et pourtant : « La Nation a été et demeure l’espoir politique de tous ceux qui ont été privés de la liberté de décider entre eux de leur destin. » – Hervé Juvin, Le mur de l’Ouest n’est pas tombé (2015)

La nation fait société quand la frontière filtre. Ne pas s’en convaincre c’est ignorer les rapports de force en faveur des capitalistes mondialistes : « A aucun moment, les apôtres de l’ouverture des frontières, ou les propagandistes de la mobilité humaine, n’envisagent que les hommes soient autre chose qu’un facteur de production délocalisable à l’envie, un élément du libre-échange. » - Hervé Juvin, La grande séparation (2013)

Pour certain, pour qui le commerce et le monde de l’avoir priment,ces filles d’à côté…de la plaque et leurs avatars participent avec bonheur à entraîner l’Occident dans un monde décadent où le jouir et la consommation du futile vont de pair.Cette mise en scène des mœurs fémeniens concourt, par mimétisme, à détruire la famille, ce dernier rempart à notre monde marchand car seul endroit où le don et le désintéressement conservent leurs lettres de noblesse.

De son côté le gouvernement jubile que le peuple se déchire sur la question Femen au travers d’un combat horizontal axant la plèbe contre la plèbe, l’éloignant de sujets primordiaux comme celui de la création monétaire. Le contrôle social c’est morceler, balkaniser la société : « Toute l’histoire du contrôle sur le peuple se résume à cela : isoler les gens les uns des autres, parce que si on peut les maintenir isolés assez longtemps, on peut leur faire croire n’importe quoi. » - Noam Chomsky

Et, en dernier ressort, cette mascarade au nom des seins épris plait à ceux qui s’attellent à la tâche de dépolitiser les foules : « Dépolitiser consiste à faire accepter au bétail son statut de dominé en détournant son regard sur des faux problèmes : ethniques, religieux, de genre, ou en le divertissant par le sexe, la danse, les soins du corps, le sport, les jeux vidéo…. Et si possible tout cela ensemble ! » – Lucien Cerise, Oliganarchy (2014)

D’un panel aux couleurs d’auberge espagnol qui va de George Soros et son impérialisme affairiste à EELV et sa haine de la nation, chacun trouve son intérêt aux phénomènes de la pensée nue.

Aparté, dans notre démocratie qui tend à se réduire à la critique de « l’essentialisme » et au « dépassement des tabous« , comme l’écrit Alain de Benoist, il est souvent fait part d’un manque de respect aux minorités visibles, alors qu’il s’agit la plupart du temps d’indifférence. On tend vite à oublier que le respect ça se mérite, ça se gagne : « Le respect n’est pas synonyme de tolérance ou de prise en compte de « modes de vie ou communauté différents ». Il s’agit là d’une approche touristique de la morale. Le respect est ce que nous éprouvons en présence de réussites admirables, de caractères admirablement formés, de dons naturels mis à bon usage. Il implique l’exercice d’un jugement discriminant et non d’une acceptation indiscriminée. » – Christopher LaschLa révolte des élites (1995)

Soyons chevaleresque, pardonnons aux Femen parce que la plupart d’entre elles ne savent pas ce qu’elles font. Une conscience politique ne s’achète pas juste en se peignant sur le corps « Mypussy, myrules »dans la langue de ses maîtres…. l’éternelle utilisation des utiles idiotes. Oui, pardonnons, et ce à double titre, puisque que, comme l’écrit Diana Johnstone dans son brûlot contre Hillary Clinton, ces groupes exhibitionnistes sont une reductio ad absurdum du féminisme et de la liberté, qui discréditent l’un et l’autre et renforcent les attitudes traditionnelles qu’ils prétendent attaquer.

Et que les plus réticents au pardon se rassurent, l’éphémère temps de la mode vous débarrassera de ce produit markétisé.C’est la loi du genre.

Ciao ragazza !

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