L’empire du moindre mal

L’empire du moindre mal

le 16 janvier, 2014 dans Provoquer le débat par

Dans nos contrées riches, nos dirigeants préservent juste le nécessaire pour offrir au peuple une harmonie d’apparat. Ils distillent au compte goutte quelques actions pour le bien commun (vote des femmes, sécurité sociale, retraite…) histoire de montrer que leur diktacratie favorise le progrès de l’humanité. Simultanément, ils peuvent ainsi s’employer sournoisement à des incartades plus nocives (gestion de la dette, pillage néocolonial, guerre humanitaire…) afin de satisfaire leurs propres intérêts et se maintenir en haut de la pyramide.

Au pire on lutte pour préserver sa condition, au mieux  pour la faire évoluer.

Et cela n’est pas prêt de changer, car quelque soit notre place sur l’échiquier du pouvoir nous nous accordons tous pour nous soumettre d’abord à ce même impératif : survivre. Qui peut mettre d’aillleurs aujourd’hui en doute la suprématie de cet instinct de conservation ?
Comment ne pas saisir alors toute la dimension tragique du rapport dominant-dominé. En effet, personne n’échappe à ses déterminismes – ce qui a fait ce que nous sommes -, qu’ils soient endogènes (génétique…) ou exogènes (éducation…). Et dans une telle fatalité la vie en devient une vraie loterie : avec les chanceux bien nés – qui pensent d’ailleurs toujours être les maîtres de leurs destinées -, et les autres, majoritaires, contraints et condamnés de subsister comme ils peuvent, là où ils doivent, à défaut de se soumettre encore plus et de perdre toute dignité…

Je parle de cette dignité que les hommes pourraient recouvrer si nos gouvernants étaient philanthropes comme ils le prétendent. S’ils multipliaient, à la manière d’un Thomas sankara ou d’un Hugo Chavez par exemple, les probabilités de réussite pour tous. Ou encore s’ils provoquaient des circonstances bénéfiques pour l’ensemble de leurs concitoyens, et ce dans l’intérêt général. Le genre de circonstances atténuant nos pulsions individualistes, égocentrées, corruptibles et donc destructrices…

Dois-je en conclure que les hommes de pouvoir sont, du fait de leurs statuts hierarchiques dans le rouage fatal, définitivement les maillons forts de nos royaumes ? Royaumes dans lesquels nous ne pouvons que consentir à l’inexorabilité de notre servitude ?
Alors quoi, de par notre bonne volonté ne pouvons-nous donc pas changer le cours des choses ?

12 Commentaries

  • Evil hunter dit :

    Bonjour Cédric,

    Je découvre vote site avec intérêt, après audition de votre interview de juillet de JM Rouillan, écoutée via E&R.

    Votre article est pertinent, ainsi que votre démarche collective, à l’instar de beaucoup d’autres initiatives parcourues ça et là sur la toile.
    Étant je pense un brin plus âgé que vous, je tenais dans un premier temps à vous féliciter :il est extrêmement remarquable de voir que des jeunes gens pensent encore qu’ils peuvent créer une alternative et une dynamique, capables un jour de terrasser cette structure satanique et mortifère dans laquelle la planète évolue depuis si longtemps.
    Cependant, je suis de plus en plus pessimiste quand à l’humanité dans son ensemble.
    Je ne pense pas qu’elle souhaitera un jour évoluer, car ce système pour s’imposer, à su faire preuve de d’une extrême connaissance de la nature humaine, et de sa tendance intrinsèque à se fourvoyer, pour peu que quelques illusions soient maintenues : l’envahissement grandissant des « manifestations sportives (cf les récents JO), l’illusion de liberté, (cf les propos de Rouillan fort pertinents sur la notion de fête dans l’interview de Kelly; vous n’êtes pas sans connaître la théorie du « tittytainment » de Brzesinski), la destruction des systèmes d’éducation, tout ce processus mis en place dans le temps, a contribué à l’anéantissement quasi généralisé de toute possibilité que possède chaque cerveau humain de tout remettre en question.
    C’est une de seules concessions que je fais à la philosophie de Descartes (avec la méthode qui sert de cadre à cette remise en question), mais je déplore que sa théorie des animaux-machines ait été si bien retenue et mise en application, avec son extension à tout notre environnement, tous les écosystèmes, largement pillés et détruits, au nom des valeurs sordides du néolibéralisme.

    Ce système a agit pendant 30 ans (les fameuses 30 glorieuses), comme un dealer : Dans nos pays, il a réussi à faire croire au plus grand nombre, que le but de la vie, c’est d’avoir ! D’où le consumérisme et ses corollaires : glorification du salariat, exploitations des peuples et des ressources, fantasme de la croissance, etc, etc.
    Pendant 30 ans, il a partagé avec le plus grand nombre (pas tous les citoyens bien entendu, mais la très grande majorité), et a ainsi rendu les gens accros !
    C’est pourquoi, lorsque vous tentez d’évoquer avec le contemporain lambda (j’ai fait souvent l’expérience, vous aussi sans doute), une autre alternative, le contemporain en question ne peut même pas envisager le concept.
    Un peu à l’instar de la difficulté que rencontre n’importe qui, fasse à des théories scientifiques très complexes, comme la physique quantique, ou bien simplement l’immensité de l’univers.
    Il a ainsi réussi à créer deux sortes de citoyens terriens : ceux qui sont entrés dans le système, et qui ne peuvent concevoir d’en sortir, et de l’autre côté, une kyrielle d’exclus,(divers degrés de pauvreté, d’exploitation et d’asservissement) dans nos sociétés mêmes et dans d’autre pays, qui ne rêvent que d’une chose :avoir enfin leur place dans ce système mortifère !

    Ayant vécu de nombreuses années dans le vaste monde, j’ai pu remarquer combien ce système satanique fascine même s’il n’est qu’illusions :welcome to the matrix.

    Après ces années de partage, les dealers mamoniques ont repris le cours de leur plan : on ressert les boulons, fini le bonheur pour tous sans trop se crever le cul !
    On réintroduit le concept de concurrence exacerbée entre les individus, il faut qu’ils comprennent qu’il n’y aura plus de gâteau pour tout le monde ! Ceux qui veulent les meilleures parts, devront suivre le règles drastiques, à savoir se combattre entre eux sans se faire de cadeaux , c’est la condition sine qua none du renforcement du pouvoir des élites mondialistes, mais ils n’ont rien inventé :diviser pour mieux régner, c’est Machiavel qui l’a imaginé, pas Rockfeller.
    Quant à ceux qui ne rentrent pas dans ce jeu, ils auront de moins en moins de quoi subsister : Ca fait des lustres que les prédateurs veulent la peau du système social français, et ils sont en train d’y parvenir : la fin de la Sécu est programmée pour 2015, nous aurons peut-être l’occasion d’en reparler.
    L’objectif est clair : ceux qui ne cautionnent pas ce système devront disparaître !
    Les autres devront se soumettre et manifester chaque jour leur soumission, sous peine d’une exclusion immédiate équivalant à la mort.

    J’espère que je me trompe, mais je ne pense pas que l’humanité se libèrera de sa servitude ultralibérale. Il est trop tard. Des années de lavage de cerveau à renfort de technologies toujours plus performantes dans l’asservissement (Télé, publicité, Facebook, etc…) ont fait des dégâts irréversibles :les citoyens non contaminés sont trop peu nombreux.

    Et les dégâts sont aussi trop nombreux dans les chairs mêmes :multiplication des maladies graves (cancers, etc…) affaiblissement des systèmes immunitaires via la pollution des écosystèmes (je souffre moi-même des migraines de plus en plus violentes), font que l’humanité restante sera affaiblie au point de ne plus pouvoir réagir: D’autant plus que Big Pharma conditionnera l’administration des ses « remèdes » (aux maladies qu’elle , à une soumission totale

    • bessam dit :

      je trouve que votre vision est réaliste , triste mais réaliste , la vérité n’est pas toujours facile a dégérer . malgré cela , le fait d’avoir cette vision me console , parce que je préfère savoir la vérité méme s’elle est triste , que de baigner aveuglement dans le cercle vicieux de la consommation , ou encore pire… avoir la sensation de lutter , mais qu’en fait cette lutte ne sert a rien puisqu’elle ne s’attaque pas au vrais probléme .. comme la lutte de la plupart . effectivement , comme vous avez dis , le system a une profonde connaissance de l’étre humain , il a su que la faiblesse de l’étre humain se constitue dans son besoin . du coup il s’acharne sur ce coté , pour obligé l’humain a incliné sa volonté face a son envie . l’arnaque ici , c’est que la volonté est le résultat de notre conscience , notre ame , et l’envie est le résultat de nos besoins corporels .du coup rendu a un certain point , quand l’humain se trouve dans des situations ou son envie est contraire a sa volonté , la il sucombe directement a son envie , et ce qui est dangereux dans cela ,c’est que l’envie il est incontrôlable dans la plupart du temps , sauf si on a une structure intérieure assez solide qui nous permettra de faire passer la volonté en premier . c’est cette structure que le system a démoli.. enfin chez la forte majorité . j’ai vraiment bien aimé comment vous avez comparer le processus adopté par le system a un dealer , parce qu’en fait c’est exactement la même chose . rendre accro pour asservir .. l’industrie du besoin .

  • bessam dit :

    article qui donne espoir .
    ‎j’ai juste un petit astuce que j’ai découvert récemment pour contrer enfin le plus qu’on peux ce systeme . cet astuce que j’ai résumé dans une citation-  » du moment ou tu ne différencies pas entre l’envie et la volonté , tu ne sera jamais libre .  »

  • Roland dit :

    mais quand-même de temps en temps le système se grippe et des boufée de démocratie arrivent en provenance des GENS, du peuple, comme il est en train de se passer actuellement en Italie avec le Mouvement 5 étoiles, qui a raflé 25% des voix, en dépit de la propagande haineuse des « médias » (la voix de nos maîtres) qui présente ce parti comme un parti de bouffons, poujadistes, antisémites, enfin tout ! mais si on lit leur programme, ce sont des gens très sérieux, et même assez conventionnels je trouve http://fr.wikipedia.org/wiki/Mouvement_5_étoiles

  • Raph dit :

    Pillage néo colonial pas nécoloniale 😀 !
    Je sais, pas très important mais de telles fautes d’otrograf diminuent la portée de ce genre d’article ! 😀

    • Faute corrigée, Raph. Merci. Le délai infime et tardif de rédaction additionné à une certaine fatigue engendre parfois ce genre de méprises; mais je te rassure elles n’ont que très peu d’impact sur l’appréciation foncière de ce genre texte. Stats à l’appui.
      De plus certains samaritains ont la gentillesse de nous les signaler discrètement…

  • Sylvano dit :

    Cher Cédric,
    Tu me dis que je ne sais pas lire mais je regrette , tu écris explicitement que le systeme de protection sociale, sécu et retraite par répartition, est le paravent machiavéliquement mis en place par les « oligarques  » pour masquer au peuple la domination cyniquement exercée par ailleurs, et pour détourner son attention des politiques d’exploitation, du colonialisme et des guerres neo-coloniales. Je pense que cette conception des choses est objectivement complotiste et paranoïaque. Le CNR a voulu la sécu et la retraite parce que c’était bien et juste, et je ne pense pas que la CIA était derrière et tirait les ficelles. Tu en parles comme si c’étaient de petites concessions faites au peuple à fins de propagande et d’endormissement: cela me semble absurde et simplificateur. En outre ces systèmes profondements justes, non capitalistiques et républicains sont aujourd’hui en danger objectif, car convoités par les intérêts privés et toute une propagande essaie de nous faire croire qu’ils ne sont pas viables. En les réduisant à de simples compensations cyniquement concédées, vous en dévalorisez le principe et devenez les alliés objectifs de ceux qui ont intérêt à les attaquer et à les détruire. Votre démarche est donc en l’occurrence nuisible à votre propre cause, et elle est intellectuellement peu subtile. Je pense que la réalité est un peu plus complexe et que la situation en 45 ne peut être analysée à partir de ce que nous savons aujourd’hui de la mise en place de cette élite mondialisée dictatoriale, qui me semble ne pas toujours avoir existé sous la forme que nous lui connaissons, résultat plus d’une cristallisation historique que d’un complot rationnellement conçu et fomenté depuis des décennies par le même groupe de salauds conscients et tirant les ficelles…Même si dans l’ombre il y a toujours eu des groupes d’intérêts et des lobbyes ethniques, financiers et sociaux qui ont poussé leurs pions. C’est ce qui fait que la situation actuelle est tout à fait unique dans l’histoire du monde: la conjonction de mouvements tectoniques socio-économiques, de changements structurels, d’evolutions démographiques et écologiques et de l’action de groupes oligarchiques épars a pour résultat presque mécanique qu’ils ont ont effectivement le pouvoir absolu et dictatorial, et que la démocratie parlementaire est devenue l’opium qui empêche les peuples de se réveiller. Mais il est serait extrêmement grossier intellectuellement de tomber dans l’illusion rétrospective d’une téléologie intentionnelle et machiavélique (et même satanique!!! Là on atteint intellectuellement le ridicule), comme si tout cela avait été voulu, programmé et réalisé par un groupe défini de personnes que l’on diaboliserait: c’est véritablement un aveuglement infantile et épistémologiquement sans valeur qui vous fait croire à ce qui relève finalement d’une pensée magique, qui ne produit aucune analyse objective des situations singulières et de leur causalité. Vous m’avez appris quelque chose sur l’Islande, sur la dette ou sur Chavez, car je manquais d’informations objectives, et votre travail est remarquable quand il est précis et pas seulement idéologique. Mais quand vous voyez des méchants partout (sous entendu: nous sommes les bons) vous tombez dans le piège nietzschéen de la morale, et quoi que vous en disiez, vous cessez d’analyser pour adopter la posture de la pureté. Or la pureté en politique ne conduit jamais spécialement à des comportements démocratiques…Elle est le dévoiement de la quête de justice dans les groupuscules politiques ou l’on s’exalte entre soi, coupés du monde, ivre de rhétorique. On a connu ça dans les 70′, et c’est cela que j’appelle une dérive stalinienne. À l’epoque l’échec a été total, même si tous ces jeunes gens idéalistes se disaient entre eux qu’ils étaient les seuls a avoir raison et à ne rien concéder à l’infâme idéologie bourgeoise. Je ne saurais trop vous conseiller de méditer sur la sociologie de ce syndrome, qui débouche inévitablement sur des comportements sectaires et l’abolition de tout discernement intellectuel voire sur le terrorisme.
    Cordialement,
    Sylvain.

    • Sylvano, je saisis toute ta critique…inappropriée encore une fois. Je voudrais que tu lises le texte sous une perspective un peu plus métaphysique pour saisir un peu plus l’essence de mon message : nous ne cherchons qu’à maintenir notre structure (perséverer dans notre être comme dirait Spinoza) et pour cela nous répondons avant tout qu’à nos propres intérêts(La Rochefoucauld). Ici pas de morale (surtout pas dans notre système !) juste un constat sans jugement de valeur : à aucun moment je ne condamne les avancées sociales, je dis juste qu’elles ne sont pas gratuites et qu’elles peuvent même être un parfait paravent à notre nature corruptible dès l’instant où nous avons du pouvoir…
      Tu parles de CIA, pourquoi ? Quel rapport avec mon papier ? Je puise avant tout ma réflexion chez La boétie, Hobbes, La Rochefoucauld, Proudhon et Schopenhauer, pas dans les dossiers noirs d’une quelconque autorité nébuleuse tout droit sortie d’une série B !
      Ce texte est écrit dans le but de présenter un autre aspect ontologique de nos politiques. Tant que cette base ne sera pas assumée et redéfinie, nous ne pourrons envisager des structures adéquates à un quelconque changement foncièrement démocratique -par l’ensemble du peuple et non par une oligarchie ! D’où notre travail en parallèle sur Athènes, La Boétie,le vétché, le mir, Kronstadt, Sankara ou Chavez et j’en passe…
      Enfin tu perçois des « bons » et des « méchants » là ou justement il n’y a que des individus déterminés à débattre – une des bases de la véritable démocratie. Ici, tu balances encore un peu de moraline pour nous stigmatiser, alors qu’une de nos maxime est pourtant très explicite : « Il n’y a pas d’innocents, soit on sauve personne, soit on sauve tout le monde! » Cette phrase appelle à la méditation, non ?

  • Sylvano dit :

    Cher Cédric,
    Tu me dis que tu saisis ma critique, mais tu n’en relèves ni n’en discutes aucun point précis, ce qui fait que le dialogue reste au point mort puisque te ne le relances pas à partir de ce que j’ai proposé ou constesté, que tu ignores de facto, d’autant que tu en reviens à la négation initiale globale de mon propos: je ne t’ai pas compris. À partir de là, difficile de discuter, ca devient un dialogue de sourds. Je vais essayer néanmoins de reprendre le fil, à partir de tes derniers propos.
    La CIA pour commencer: c’était une boutade, j’aurais aussi bien pu dire les Juifs, les Illuminati, les francs maçons etc etc…n’importe quel méchant standard, deus ex machina qui tire les ficelles, selon les adeptes d’une étiologie paranoïde et mono-causale de la domination.
    La moraline: ça c’est l’hopital qui se fout de la charité! Mon propos est d’analyse politique, sociologique, sémantique, épistémologique, à la rigueur psychologique, mais où vois tu de la morale là dedans? C’est VOUS qui parlez en permanence des méchants ( le gouvernement, les dominants, les riches, l’oligarchie etc etc), donc qui c’est VOUS qui VOUS posez comme les bons: c’est de la logique pure et simple et c’est très bien décrit par Nietzsche dans Généalogie de la Morale.
    Passons au cœur de ton propos: l’ontologie et la métaphysique. Alors là j’avoue que, en effet, je n’y comprends plus rien, car je ne sais pas ce que tu entends par ces termes et dans ce texte. Ma perplexité m’a donc fait relire ton texte pour la Xieme fois, et je me suis en effet aperçu que je ne le comprenais pas du tout. En fait je n’ai, dans mes précédentes objections, discuté que le 1er alinéa, exclusivement. En outre je ne comprends pas son lien logique avec toute la suite, en effet. Prise en elle même et complétée par ta dernière intervention,j’ai aussi du mal à la comprendre. Veux tu dire que les hommes sont égoïstes et que les bienséances sociales sont des tartufferies? Que toute amitié est intéressée, suivant ta lecture de La Rochefoucauld et de Hobbes? Et que chacun est déterminé par sa place dans la loterie sociale à suivre son intérêt de dominant ou de dominé? Donc si tu étais né riche, tu serais déterminé à être un exploiteur et un salaud? Chacun est donc innocent puisque jouet de ses déterminismes! Et les pauvres ne peuvent se prévaloir de leur condition pour prétendre à une quelconque supériorité morale et politique: ils défendent leurs intérêts et s’ils étaient riches, ils seraient exploiteurs. Si c’est ca la thèse, elle me semble plus relever de l’anthropologie et de la socio/psychologie que de la métaphysique, mais passons sur ce détail. En l’occurrence, et même si c’était effectivement la thèse de Hobbes et de La Rochefoucauld, ce qui n’est pas sûr, c’est un point de vue éminemment discutable, comme le montrent aussi bien Aristote que Rousseau. Quand tu évoques Spinoza on se rapproche effectivement de l’ontologie. Mais son ontologie du désir est bien loin de se réduire à un utilitarisme ego-centré et à une théorie de la domination. Pas de bons et de méchants, chez lui, justement…il y a un livre qui synthétise cette réflexion avec ses conditions modernes d’actualisation, c’est EMPIRE, de Toni Negri, éminent spinoziste de gauche italien, dans lequel il tente de penser une ontologie de la puissance qui préserve la joie et la composition des désirs dans le contexte mondialisé de l’Empire, en essayant de combiner cette logique de l’immanence avec les acquis de l’analyse marxiste afin de le subvertir dans un processus recolutionnaire immanent et necessaire. J’avoue que je n’ai pas lu le bouquin en entier, et qu’à Saigon je ne l’ai pas, mais je te remercie de me conduire incidemment à avoir envie de le reprendre!
    C’est terminé. Pour le moment, comme dirait La Voix.
    Cordialement,
    Sylvain

  • Cédric Bernelas dit :

    10 minutes de pause qui me permettent de commencer à te répondre.
    Dialogue au point mort ou dialogue de sourds que tu relances par plus de trente lignes de commentaires, je t’en remercie.
    Donc ta boutade pour débuter. Désolé de ne pas l’avoir saisi, mais sache que notre site ne parle jamais de la CIA, des Illuminati ou des francs maçons… ce n’est en rien notre propos. Tu te discrédites en prétendant que nous le faisons…même au second degré !
    Ensuite nous démontrons simplement que le pouvoir est oligarchique et que le gouvernement ne redistribue pas les richesses comme il le prétend…ceci est un constat, un fait. Nous n’émettons aucun jugement de valeur du genre « alors ce sont des méchants » ! En revanche nous proposons une alternative politique qui pourrait peut-être remédier à ces dysfonctionnements, et ce dans une perspective égalitaire et utilitariste revendiquée… Nous ne savons pas encore si nous sommes sur de bonnes voies, mais en tout cas nous allons voir, quitte à nous tromper.
    Dire qu’un riche est riche, qu’un prétendu démocrate est en fait un oligarque, hé bien ce n’est en rien « méchant », nous sommes au dessus de cette vision moraliste. Inutile de parler de La Généalogie de la morale ici pour comprendre cela. Le livre de Nietzsche nous offre quand même une réflexion majeure sur l’inversion des valeurs dans notre histoire…ce qui n’a rien à voir avec notre propos quand même plus simpliste !
    Pour le reste tu y es presque, j’y reviendrai en détail ce soir. Hobbes & Cie et peut-être même la vision « inadéquate » de Spinoza par Négri…
    Retour au boulot… puis retour au bercail pour nourrir et coucher et les enfants… et je serai prêt à défendre ma vision des choses.
    A plus tard donc…

    • Suite du commentaire :
      Sylvano, si tu ne comprends pas la dimension métaphysique du texte, je n’y peux rien. L’alternative est simple : soit je m’exprime mal, soit ta compréhension est restreinte. Pour le coup nous tournerons longtemps en rond en cherchant à convaincre l’autre de sa logique et de sa raison. C’est ainsi : inutile donc !
      Néanmoins je pense en effet que « les hommes sont égoïstes et que les bienséances sociales sont des tartufferies, que toute amitié est intéressée, et que chacun est déterminé par sa place dans la loterie sociale à suivre son intérêt de dominant ou de dominé ». Mais de là à dire que celui né riche est nécessairement déterminé à devenir un salaud ou un exploiteur, il y a là encore une grossière ellipse. Car selon ses propres déterminismes, justement, le riche peut tout aussi bien devenir un philanthrope et partager ses richesses pour le bien de la communauté, surtout si l’intérêt premier du prodigue donateur demeure une certaine reconnaissance en adéquation avec son idéal éthique. C’est d’ailleurs tout le sens de mon texte…

      Si je te parle de Hobbes et de Schopenhauer c’est bien que je ne porte pas dans mon coeur Aristote et Rousseau, donc inutile de se référer à ces derniers pour démonter mes propos. Le débat serait ici interminable…
      Quant à Spinoza, il y a un véritable problème : je me contente de faire une simple allusion au penseur hollandais en utilisant sa célèbre formule(« persévérer dans son être ») et toi tu y vois une critique de l’utilitarisme égocentré et une théorie de la domination !?!…En effet difficile de dialoguer dans ces conditions.
      Recourir enfin au fastidieux « Empire » de Negri sans l’avoir lu intégralement pour parfaire ton argumentaire, certes brillant mais littéralement hors sujet, montre bien là les symptômes de ta dialectique…

      Le site ne s’adresse pas vraiment à des étudiants en philosophie, il tente avant tout d’interpeller un maximum de lecteurs de tout bord pour réfléchir et débattre ensemble, puis expérimenter de nouvelles orientations politiques…

  • Sylvano dit :

    Tout cela est bien confus jeune homme. Tu veux et ne veux pas aller sur le terrain de la philosophie (ontologie, métaphysique revendiquées mais on est pas un site de philosophie), tu te réclames et ne te réclames pas de Spinoza, tu décrètes que Rousseau et Aristote n’ont pas voix au chapitre, tu me réponds longuement mais je suis systématiquement hors sujet, tu prêtends dialoguer et ne cesse de m’insulterl (  » tu te discrédites »,  » ta compréhension est restreinte », « Grossière ellipse »,  » les symptômes de ta dialectique » (????), sans oublier les accusations de mauvaise foi et de malhonnêteté précédentes. )
    Bon ça va bien 5 mn.
    Moi je voulais à l’origine parler de ton propos sur la sécu et la retraite.
    C’est toi qui veut faire de la métaphysique et de l’ontologie,donc de la philosophie, ce qui semble effectivement hors sujet: on parlait juste de la sécu et des retraites, pas du fait de savoir si l’homme est un loup pour l’homme… On dirait en fait que tu te parles à toi même:  » il ne faut pas que je fasse de la philosophie! », tout en en faisant, mais sans en faire, et dès qu’on te demande de répondre de ce que tu écris on est traité de crétin qui sait pas lire.. Tu parles d’un truc, et quand on le prend au sérieux et au pied de la lettre et qu’on te répond , tu décrétes qu’il ne faut pas en parler ou qu’on est trop con pour comprendre, défense que tu utilises systématiquement dans tes commentaires avec les autres internautes pas d’accord avec toi.
    En tout cas j’apprécie ton élégance de me ranger implicitement parmi les « étudiants en philosophie », toi qui sais que je suis un vénérable professeur de philosophie de 50 ans: c’est un bel hommage à mon désir d’apprendre et cela m’exonère de facto de tout soupçon de vouloir incarner la figure du maître. Merci!
    Je continuerai à m’instruire sur votre site sympathique et juvénile, et à flinguer les trucs qui me semblent être inconséquents, mais j’hésiterai désormais à me lancer dans une discussion avec toi.
    Cordialement,
    Sylvain.

Réagissez à cet article :

FERMER
CLOSE