L’élection ou la mort de la démocratie

L’élection ou la mort de la démocratie

le 05 juin, 2013 dans Démocratie, Provoquer le débat par

Si le vote exprime notre consentement, et donc notre soumission, une sélection plus aléatoire pourrait être le remède à cette servitude volontaire. Elle serait fondée sur une méthode impartiale, où le résultat serait le produit du hasard. Elle échapperait ainsi à toute volonté humaine. Volonté trop souvent intéressée, manipulable et corruptible.

Cette pratique politique, souverainement occultée aujourd’hui - exception faite de l’Islande en novembre 2010 -, fut pourtant longtemps active dans de nombreuses Républiques. En particulier dans la Grèce antique et à moindre proportion dans celles italiennes du Moyen-âge et de la Renaissance. C’est même par ce processus à Athènes durant les siècles de Périclès et de Démosthène que s’est constitué le principe démocratique.

Aussi d’Aristote à Montesquieu, les philosophes et théoriciens politiques considéraient comme démocratique le pouvoir attribué par le sort et comme oligarchique celui par l’élection.

Par l’élection nous déléguons le pouvoir à des professionnels de la politique censés savoir et répondre aux préoccupations de tous leurs concitoyens. Constater aujourd’hui que le pouvoir du peuple et l’égalité politique se résument essentiellement à la désignation de celui ou celle supposé nous représenter, demeure pour les auteurs de ce site une véritable insulte républicaine.
Ainsi notre expression politique, pourtant libre, s’incarne dans le vote d’un élu ou d’une caste d’élus, au mandat long, cumulable, difficilement révocable et rarement ouvert au dialogue hors période électorale
. Autrement dit nous ne participons en rien aux affaires publiques si ce n’est celle de désigner celui qui entretient notre inertie.

L’élection est aristocratique par définition.

Nous élisons le meilleur menteur pour nous soumettre à sa dictature. Ainsi par diktacratie nous désignons cette oligarchie voleuse de pouvoir qui nous impose ses diktats. La France est une démocratie de façade manipulée en sous-main par une oligarchie. Son régime bâtard combine fausse liberté et vraie servitude. C’est une mystification destinée à contenter le peuple pour mieux le dépouiller.

Le pouvoir appartenant désormais à l’oligarchie, tout ce qui pourra l’affaiblir ira dans la bonne direction et doit être encouragé : mise au pas de la camarilla bancaire, réglementation de la spéculation, taxation des transactions financières, surveillance des mouvements de capitaux suspects, lutte contre l’évasion fiscale, lutte contre les privilèges publics et privés, contre les régimes avantageux des technocrates, contre la corruption des politiques, protectionnisme raisonné, indépendance face à la zone euro, sortie de l’OTAN… Pour arriver à ses fins, le peuple peut lutter et résister de différentes manières : boycott, grèves, dénonciations, manifestations, refus d’obéissance… N’oublions pas que les acquis sociaux de 1936 et de 1968 n’ont pas été obtenus grâce à l’élection mais suite à de  grandes mobilisations.

Même si après d’âpres combats et de nombreuses victoires, l’hydre oligarchique, affaiblie et amputée, se reforme grâce au pouvoir corrupteur du financement des partis politiques, nous pensons néanmoins qu’une alternative réellement égalitaire et démocratique est envisageable. A nous, jour après jour, d’y réfléchir pour être prêt à agir le moment venu…

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