Le vainqueur sera…l’Empire !

Le vainqueur sera…l’Empire !

le 06 novembre, 2012 dans Démocratie / Oligarchie, Inter-national, Provoquer le débat par

On fait souvent du bien pour pouvoir impunément faire du mal. » La Rochefoucauld

Peu importe qui sera élu demain, car c’est toujours l’Empire qui gagne.
Le match Obama contre Romney passionne les foules : entre les supporters exaltant fièrement leurs manichéismes débridés et les téléspectateurs sous perfusion de chaînes de désinformations, tout le monde ou presque parie, pronostique, espère, et se soumet à la mascarade de l’illusion démocratique… Il faut dire que les pouvoirs économiques et idéologiques ont depuis longtemps la mainmise sur tous les outils d’information et de communication, donc sur la conscience des gens.

Ainsi, l’écart, entre ce que font les dirigeants étasuniens et ce que les habitants américains et occidentaux perçoivent, subsiste comme la plus insolente réussite de propagande planétaire.

Voilà que les présidents changent mais que les pouvoirs demeurent.

Des pouvoirs qui se maintiennent par le mensonge et qui tuent d’autant plus qu’on les considère, malgré l’accablante réalité, comme les plus légitimes pour défendre les valeurs démocratiques de notre humanité.
La garantie de la sacro-sainte liberté des hommes serait-elle au prix d’un tel mensonge ? Assurément pour tous ceux qui se croient encore citoyens.

Grâce à un appareil de propagande plus efficace que la parole d’un prophète, les puissances américaines et leurs lobbys nous abreuvent d’images et nous matraquent de commentaires qui, simultanément, nous rassurent, nous hypnotisent, et nous asservissent.

Ainsi, la bonne parole impériale influence nos opinions au point que nous applaudissons ce qu’il faudrait dénoncer. En effet, quel média pour rappeler les mille et une variations sur le thème de crime contre l’humanité : utilisation de l’arme atomique sur des populations civiles (Hiroshima et Nagasaki), utilisation d’armes interdites (agent orange dans le Sud Vietnam de 1962 à 1971), bombardements soutenus et sans discernement sur des pays aux supposés hobbys terroristes (du père Bush en Irak en 1991 jusqu’à son fils en 2003, achevant en partie le travail, en passant par Clinton ayant, en cette même année 1998, bombardé l’Afghanistan, le Soudan et…l’Irak). Vous noterez que la politique extérieure américaine ne souffre d’aucune alternance.

(Signalons d’ailleurs en passant que l’ami israélien a frappé il y a 10 jours à l’arme atomique ce même Soudan cité plus haut. Ces bombardements plus ou moins ciblés ont pour seul prétexte que le Soudan serait « un dangereux État terroriste soutenu par l’Iran » ! Il aurait été intéressant d’entendre nos valeureux journalistes énoncer ces faits lorsque Netanyahu poussait la chansonnette sur le sol français…)

Barbaries & propagandes

Nous aurions pu aussi parler du legs humanitaire d’obus non explosés au Laos ou des plus gros importateurs d’armes made in U.S.A. que furent la Turquie, l’Indonésie et la Colombie. Le premier pour son nettoyage ethnique sur les kurdes, le deuxième pour son massacre au Timor Oriental, et le troisième pour alimenter sa propre dictature. Et, que dire de ces villes irakiennes comme Falloujah (« la cité des mosquées ») ou Nadjaf (centre du pouvoir chiite irakien) qui furent complètement rasées pour soi-disant retrouver une poignée d’otages ou d’armes. C’est ce qui s’appelle avoir le sens de la mesure…

Devant tant d’orgies impériales, on pourrait s’attendre, tout naturellement, à ce que nos médias révèlent aux citoyens l’étendue de ces barbaries. Et pourtant… ces médias (soumis à la haute finance, aux marchands d’armes, et à la publicité) si prompts à se taire quand il s’agît des méfaits de leurs patrons, sont surtout perspicaces quand les exactions proviennent des camps d’en face, à l’exemple du génocide perpétré par les khmers rouges au Cambodge ou de l’offensive des russes contre les gentils « combattants de la liberté » d’Afghanistan - devenus, le mur tombé, les affreux d’Al Qaeda ! De même, cette presse est unanime quand il s’agît d’interpréter et de détourner les velléités nucléaires d’un Ahmadinejad, de diaboliser la tyrannie d’un Castro ou de stigmatiser l’antisémitisme d’un Chavez. Sans parler de leurs spéculations  saugrenues  sur, par exemple, l’aménagement de la grotte d’un Ben Laden dans les montagnes d’Afghanistan.

Tout ceci est bien sûr grotesque, mais d’une efficacité diabolique, à l’image de nos chers présidents américains qui apparaissent toujours plus cools. En effet du saxophoniste amateur de cigare au basketteur prix Nobel de la paix, comment ne pas tomber sous le charme… Mais, comme l’a si bien dit, encore une fois, La Rochefoucauld : « Nos vertus ne sont, le plus souvent, que des vices déguisés. »

 ***

C’est ainsi que l’entité la plus puissante, agressive et violente des temps modernes arrive encore aujourd’hui à se faire passer pour un symbole de « liberté » et de « démocratie ». Une image qui serait impossible sans une complaisance totale de la part des principaux systèmes d’information occidentaux.

La mainmise par les pays développés sur l’information globale est telle, et leur information si superficielle et biaisée (dans les cas exceptionnels où elle existe), que toute tentative de tirer des analyses sérieuses et fiables des événements mondiaux est vouée à l’échec. Sans un travail ardu de recherche indépendante, sans une multiplication de ses propres expériences, l’étendue du désastre est difficile à évaluer ; Même les esprits les plus « contestataires » se laisseront tôt ou tard berner par une machine si bien rodée qu’elle finit par se faire oublier. » –  Danielle Bleitrach, Viktor Dedaj et Maxime Vivas  ( Les États-Unis de mal empire )

Partager

1 Commentaire

Réagissez à cet article :