Le système ou les Hommes ?

Le système ou les Hommes ?

le 23 janvier, 2016 dans Provoquer le débat par

Partons du postulat que nous voulons œuvrer pour le bonheur du plus grand nombre. Au travers de ce paradigme, chacun donne à voir son système de gouvernance idéal.

Des royalistes convaincus, aux partisans d’un communisme prolétarien, en passant par les adeptes de la démocratie libérale ou par les sympathisants d’un régime parlementaire exclusif ou encore théocratique, et j’en passe… tout le monde semble posséder la formule magique.

Cependant une théorie n’a d’intérêt qu’aux vues de ses pratiques.

Et, l’expérience nous oblige à admettre que ces différents systèmes politiques, sans chercher à les hiérarchiser, n’ont pas répondu aux attentes à un moment ou l’autre de leur Histoire. A cause des leurs défauts intrinsèques ? Pas seulement. A cause des Hommes ? Oui. Pourquoi ? Parce que la feuille de route n’a pas toujours été respectée :

 Sans le pouvoir, les idéaux ne peuvent être réalisés ; avec le pouvoir ils survivent rarement.»

Fidel Castro

Un exemple parmi d’autres. Le socialisme mitterrandien élu sur un programme de protection de la classe ouvrière, bascule après 1983 dans un libéralisme et une financiarisation de l’économie, alors que deux ans auparavant certains nantis se demandaient si les chars de l’Armée Rouge n’allaient pas arriver via les valises de ce nouveau président. Ce chemin de traverse sera en partie masqué par un antiracisme et un égalitarisme sociétal prosélyte. Technique de l’enfumage oblige.

Second exemple. Le National-socialisme peut vouloir dire, à la sauce Francis Delaisi, la redéfinition du travail comme source universelle de toutes les richesses via l’étalon-travail, une vision de société à long terme qui entraîne une nation dans un projet commun. Cependant, l’Histoire nous a montré que le National-socialisme peut aussi virer nationaliste pur et dur au sens ou de Gaulle l’entendait : « Nous ne sommes pas des nationalistes. Un patriote c’est quelqu’un qui aime son pays. Un nationaliste, c’est quelqu’un qui déteste le pays des autres. »

Les hommes, plus que les systèmes, sont donc en causes.

Parce qu’il put y avoir tromperie dès le début :

Depuis que la CIA a déclassé leurs dossiers, il est de notoriété publique qu’une majorité des pères fondateurs de l’Union Européenne était affiliée à l’« Agence », tels Jean Monnet et Robert Schuman, et par là-même en service commandé pour de grands intérêts Etats-Uniens. Ces fondateurs ont ainsi participé à la création d’un système aussi pernicieux que celui inspiré de la « Théorie de chaînes » de Sun-Tzu, annihilant toute possibilité de protection et de développement de chacun des Etats qui l’englobe. Il y avait donc tromperie dès avant la naissance, tromperie envers cette masse de gens à qui on a vendu cette Europe comme contrepoids aux Américains et comme rempart contre la guerre.

Parlons maintenant de la Déclaration d’indépendance des Etats-Unis de 1776. Elle fut fortement inspirée des travaux de l’Anglais John Locke. Elle se voulait une véritable déclaration populaire. Cependant, les signataires de cette déclaration, dont 69% d’entre eux avaient occupé des postes d’administrateur coloniaux sous l’autorité de l’Angleterre, ne précisèrent pas explicitement au peuple quelle était la véritable vision de Locke. Comme le souligne Howard Zinn dans son livre sur l’Histoire des Etats-Unis, l’idée que se faisait Locke d’un gouvernement populaire allait dans le sens d’une révolution favorisant le libre développement du capitalisme marchand à l’intérieur comme à l’extérieur des frontières…augmentant les disparités. Locke regrettait d’ailleurs que le travail des enfants pauvres ne bénéficie généralement pas au bien public tant qu’ils n’ont pas atteint 12 ou 14 ans et suggérait que tous les enfants de plus de 3 ans issus de familles vivant dans la charité soient placés dans des écoles d’apprentissage afin de pouvoir dès l’enfance s’aguerrir au travail. Ainsi était le vrai visage de cette première Déclaration droit-de-l’hommiste.

A nouveau, les Hommes, plus que les systèmes, sont en cause.

Parce que la fonction n’eut pas révélé l’Homme :

Même si les historiens post-révolutionnaires français décrivent pour la plupart, à tort, que notre ère royale fut le règne de la toute-puissance d’un seul homme, il n’en demeure pas moins qu’un régime royaliste dépend avant tout du roi et donc d’une loterie génétique. Vous opterez, en moyenne, plus facilement pour un régime royaliste avec à sa tête un Henri IV et son tolérant Edit de Nantes ou pour un Saint-Louis dont le charisme et la sagesse étaient reconnus jusque chez le lointain Grand-Khan des Mongols. A contrario, vous hésiterez  à vous engager pour le même régime si se trouve à sa tête un Jean II,  dit pourtant « Le bon », qui laissa la France à feu et à sang et percluse de dettes. A sa décharge, des forces extérieures conséquentes intervenaient dans nos affaires intérieures. Dans le même esprit, six siècles plus tard, Fidel Castro dû progressivement transformer son mode de gouvernance en régime paranoïaque et répressif poussé qu’il était par d’énormes pressions « extérieures » (638 tentatives d’assassinat recensées). Son bilan en pâtit forcément.

Revenons de l’autre côté de l’Atlantique. La cinquième République, qui octroie les pouvoirs quasi absolus au président de la République française, fut taillée sur mesure pour un homme providentiel. Si le costume sied au grand Charles, le tout mou comme son prédécesseur nagent dedans. Encore une fois, les Hommes, plus que les systèmes, sont en cause.

Bien que hiérarchisables, ce ne sont donc pas les systèmes en eux-mêmes qui sont le plus important. Ce sont les hommes qui les représentent et qui les animent.

Pas encore convaincu ? Prenez le régime de Sécurité sociale français. Il est peu ou prou le même que celui des pays scandinaves. Pourtant, le nôtre vacille aussi fortement que le leur résiste. D’un côté, les arrêts maladie explosent. De l’autre, non. D’un côté la puissance du lobby pharmaceutique exerce un racket sur la Sécu via l’invention de maladies (ex : la « phobie sociale » qu’on traite à coup d’antidépresseurs) et via l’homologation de médicaments inefficaces et hors de prix. De l’autre, non.

L’Eglise de Blanche de Castille, pour ! L’Eglise des Borgia, contre !

Une banque publique, oui ! Un autre Crédit Lyonnais et ses dérives, non ! Les exemples pourraient s’empiler ad vitam aeternam…

Comme l’écrivait un dissident soviétique qui voulut rester anonyme : « Il va de soi que nous devons chercher une meilleure organisation sociale, mais il ne s’agit pas d’abord de cela. La vérité dans ce domaine appartient au nombre de celles que l’on n’acquiert pas par le biais d’un raisonnement, mais que l’on pénètre par la vie et par les actes, et que seule une conscience déjà éclairée peut saisir. Tant que nous n’aurons pas changé nous-mêmes, les tentatives les plus honnêtes et les meilleures pour reconstruire quelque chose « de l’extérieur », par le vote ou par la force sont vouées à l’échec. »

Il nous enjoignit même à se réapproprier la « théorie des menues besognes » qui proposait à la fin du 19ème siècle de se consacrer à des tâches concrètes et modestes par opposition au romantisme révolutionnaire.

Quid de nos enfants ? Malheureusement, une arme de destruction massive les prive de tout esprit critique, de toute remise en cause de l’ordre établit : la bibliothèque de l’Education Nationale…

« De l’éducation de son peuple dépend le destin d’un pays. »

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1 Commentaire

  • Henry Aubevoy dit :

    Vous avez raison, je pense que le changement est proche qu’il soit par le vote ou par la force, mais peut-être encore par des bouleversements inattendus….
    Encore faut-il être à la bonne place, au bon moment, afin qu’une nouvelle énergie puisse émerger.

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