Le pouvoir du Peuple : Individu et Masse

Le pouvoir du Peuple : Individu et Masse

le 23 novembre, 2015 dans Asservissement moderne, Démocratie par

A toi lecteur,

Je veux t’amener à réfléchir ; réfléchir sur ce que tu es. Dans l’espoir que tu sois autre que ceux que je vais décrire.

Je me suis déjà exprimé sur l’esclavage et son abolition, vu par nos maîtres. Cela n’était non point la mort brutale de ces sociétés anciennes, où les petites gens servaient les plus fortunées, comme on nous raconte tant, principalement dans nos écoles, à travers la multitude de livres pédagogiques. Mais, il s’agissait bien de leurs expansions, à des échelles territoriales toujours plus grandes, donnant naissance à la Société Nouvelle ; la naissance de l’Empire, alors.

Je ne m’étendrai pas, ici, sur ces sociétés anciennes.

Cependant, pour entendre ce qui suit, il est bon de concevoir que le pouvoir qu’elles entretenaient n’était pas de tout repos ; et le conserver, alors, n’amenait qu’à dormir d’un seul œil. Car il fallait protéger le trésor noble des régions ; monnaies, à valeur réelle, et patrimoines. Et si certains oligarques ont, par le passé, réussi à discipliner l’individu et la masse, selon ses désirs et ses exigences, d’autres encore ont réussi à infiltrer le navire, en détrônant les capitaines du vieux gouvernail. Mai 1968 ; citons De Gaulle, alors, comme le dernier véritable commandant du voilier tricolore ; les prochains ne seront que pirates ; et le Titanic, puisque non plus français, aura coulé deux fois.

Que ne ferait-on pas, pour l’amour du pouvoir, si ce n’est d’en vouloir plus, à chaque fois qu’une part est acquise ? Ainsi, lecteur, tu pourrais comprendre la joie ressentie par nos maîtres passionnés, lorsqu’une région serait conquise ! Plus grande, encore, lorsque nous parlerions d’une nation ! Sans mesure, si l’on en visait plusieurs, en même temps ! Et folle, si l’échelle était celle d’un continent. Mais, la joie de nos maîtres n’est plus de cet ordre.

Elle est d’un Ordre Mondial ; ta société actuelle, lecteur.

Voici l’idéal par l’Empire ; pour l’Empire.

Et face à l’Unique, tu l’es toi-même ; meilleur qu’esclave, tu es individu.

Ainsi, pourquoi dois-je concevoir que tu es meilleur en individu plutôt qu’en esclave ?

Parce que tes maîtres t’ont formé à devenir l’élite, parmi ceux qui t’entourent, pour mieux les servir ; vois l’aliénation, dès le plus jeune âge, alors que l’on commence à peine à s’exprimer, correctement. Ils t’ont transmis ce qui était nécessaire, par la culture, pour que tu puisses accomplir leurs besognes ; non pas ce qui est indispensable à savoir ; ta vie leur appartient. Ils t’ont accordé quelques droits, en prônant la Liberté, afin que tu puisses jouir d’une vie confortable, mais non d’une vie qui serait tienne. Orwell t’avait averti, une première fois, lecteur, sur ce qu’est la force et l’ignorance ; la liberté, et l’esclavage ; et combien, pour tes maîtres, l’une valait l’autre.

Point d’étonnement ne faut.

Toi, moi ; tous dépendons de la Société Nouvelle.
Quand certains l’embrassent avec le sourire, parce qu’Elle fait leur bonheur, d’autres la saluent. Il ne faut point croire que la Société Nouvelle est offerte à tous ; l’Empire, depuis le départ, n’a fait que compter sa main d’œuvre qu’avec beaucoup de rigueur, pour mener à bien ses objectifs de pouvoir. Quant à ceux à qui l’Empire n’avait rien à offrir, la mort frappait. Et saches, lecteur, qu’elle frappait le plus souvent par la faim et la soif ; et non par le fer blanc et la poudre à canon. On destinait, cependant, les gros moyens aux plus résistants, s’il s’en présentait.

Mais, ce n’est pas tout, lecteur ; tu n’es pas encore ce meilleur.

Fais ma joie ; mets-toi en face de tes origines ; et souviens t-en.

Peux-tu encore sagement t’exprimer sur ce qu’elles sont, aujourd’hui ? Ne vois-tu pas de famille unie, quand tu constates, aujourd’hui, qu’elle a effroyablement perdu de sa brillance ? Quand tu constates que la mère ne trouve plus le temps d’éduquer ses enfants, ni le père, de les instruire, et que nous confondons pleinement ces deux notions, allant même jusqu’à oublier leur définition première ? Ne constates-tu pas l’éparpillement de tes proches, en des régions qui te sont inconnues, pour répondre aux besognes de tes maîtres, ou les satisfaire d’une terre qu’il a fallu, par l’usure, abandonner ?

Fais ma joie, encore ; contemple les photographies de tes ancêtres.

Ne vois-tu pas de village, ni de communauté joyeuse et unie, où les ruelles fleurissantes étaient peuplées et entretenues avec bonté ; où les petites gens s’échangeaient de délicieux sourires et quelques longs fous rires, disposant du partage de quelques biens, où l’entraide ne coûtait rien. Ne vois-tu pas l’Homme Libre, alors, ne répondant qu’à ceux qui partagent sa terre ?

Ne te sens-tu pas enfin le meilleur ? Meilleur que l’esclave ; pire que lui, en vérité !

Voilà, lecteur, individu que tu es.

Quand l’esclave peut pleurer l’âme de sa communauté ; quand il a encore une famille en son cœur, toi, individu, tu n’as déjà plus rien.

Tu es celui qui appartient à la masse. Cette masse errante, inexistante par ses origines et son identité réelle, où chaque individu vient d’un horizon qui n’est semblable à celui de personne d’autre ; où chaque individu, impuissant, a dû s’entretenir dans des villes que l’Empire a bâti, toujours plus grandes, lumineuses et hautes, afin de le pousser à quitter ses terres, pour les vendre au plus offrant. Individus, masses, n’existant que pour l’Empire, et le servir.

Voici alors les droits que l’Empire a convenu à la masse ! Une administration parasitaire ; une surveillance globalisée ; une justice pour ceux qui résistent. Voici sa politique ; celle que l’on te vend, comme étant le pouvoir au peuple, alors qu’il te faut choisir entre les tyrans. Voici ses jeux abrutissants ; voici ses passions, faisant les passions de la masse ; masse qui conduira à d’autres passions, encore. Contemple enfin son pouvoir, à travers ces monuments de fer, et une industrialisation généralisée.

Voici le Désordre.

Ainsi, lecteur, tu es le meilleur ; selon tes maîtres.
Le pire, et bientôt l’oublié, selon mes pensées.

Tu le sais, maintenant.

La politique, t’entourant aujourd’hui, est celle de tes maîtres, ploutocrates.
Ce n’est pas la politique venant d’un peuple, pour son peuple. Aussi, les institutions et lois permettent de maintenir l’ordre dans la Société Nouvelle, et de maintenir la masse elle-même, ainsi, contre l’Empire.

Car, je te l’ai dit : en tant qu’individu, tu appartiens à la masse, et non plus à un peuple, dont l’identité pouvait rayonner. Et c’est parce que tu perds peu à peu la tienne, que tu deviens individu de masse.

De fait, si tu penses que tes maîtres se sont accaparés du pouvoir que tu avais, tu te trompes, alors. Parce que tu raisonnes selon la masse, déchirée elle-même, passionnée, et non pas en tant que Homme Libre du peuple. Par conséquent, tu peux confondre aisément entre le pouvoir du peuple et le pouvoir de ceux qui nous gouvernent.
En effet, le pouvoir que ces oligarques détiennent a prospéré selon leurs propres règles, selon leurs propres passions ; par le chaos et la gloire du sang.

Alors, il est un non-sens de concevoir l’idée que nous devrions nous réapproprier ce pouvoir, et par ailleurs, les outils dont disposent nos maîtres pour s’en servir.

Voilà pourquoi je n’use pas de cette formule qui est « le pouvoir au peuple », mais bien celle qui consiste à m’exprimer sur « le pouvoir du peuple ». Car le pouvoir du peuple, sain et fort, ne ressemble en rien au pouvoir de nos maîtres passionnés, qui paraît, face à la masse. Celui du peuple n’a, alors, point été volé ; il a été saigné à mort, lorsque les peuples furent dissouts, par l’Empire.

Ainsi, lecteur, il me semble très important de s’exprimer sur ce pouvoir, qui faisait la force du peuple, et d’en faire le tour, rigoureusement.

Et d’exprimer, enfin, ce qu’est un peuple.

                                                                                                (A suivre…)

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4 Commentaries

  • Sylvie dit :

    Nos maîtres gouvernés par leurs passions et dont la seule règle est le « pouvoir sur » à défaut d’être en capacité d’accéder au « pouvoir de ».
    Passions qu’ils se dissimulent à eux-mêmes en nous faisant croire qu’ils sont rationnels quand leurs actes consistent uniquement en l’expression de leur stratégie de survie axée sur le contrôle, la possession matérielle et humaine… inassouvissable.
    Leur monde intérieur est le monde de la carence, de l’insécurité, de la méfiance, de la peur. Leur monde intérieur est en train de devenir le nôtre.
    Quand le « pouvoir sur » réduit, étrique, renferme, anéantit, le « pouvoir de », en tant que potentiel ouvre tous les possibles.

  • En parcourant les blogs, je suis tombé sur le tien, je le mets dans mes favoris

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