Le pouvoir au peuple

Le pouvoir au peuple

le 13 janvier, 2015 dans Provoquer le débat par

Premier texte publié sur Diktacratie.com il y a trois ans, jour pour jour. Merci de votre fidélité, et continuons à provoquer le débat…

Le pouvoir au peuple ! Longtemps nous y avons cru. Trop longtemps. La France pays des droits de l’homme, modèle de démocratie : un tel pedigree ne pouvait que nous enorgueillir. Mais le revers de notre orgueil n’en est que plus effrayant : la fierté du citoyen sera celle de l’imbécile heureux tant qu’il n’aura pas compris que le vrai pouvoir n’est pas celui de l’électeur. Formaté, celui-ci applaudit ceux qui le manipulent. Une ploutocratie prédatrice dont la richesse est spéculée ou détournée pour asseoir une suprématie.

Les lendemains qui chantent, les programmes idéals sur papiers, n’excitent que les âmes complaisantes, studieuses ou donneuses de leçons ; nous ne mangeons pas de ce pain-là. Et puis la vérité ne se mange pas. Elle se crache ou se boxe : au mieux elle réveille, au pire elle assomme. Car seule la vérité est révolutionnaire ! Les exploiteurs le savent bien et s’emploient à bâillonner la dissidence. En cas d’échec, la rétorsion ne fonctionne pas selon la loi du talion. Comme à Gaza en 2009, lors de l’opération Plomb durci, les coups sont rendus au centuple. Ouvrir la boîte de pandore est un risque difficile à mesurer. Mais la bonne littérature, la littérature de combat, peut elle se passer de vérité ?

Nous vivons dans des temps oxymoriques : à la fois obscurs et aveuglants, moyenâgeux et progressistes, où les bonnes informations sont accessibles, mais codées, dissimulées, noyées dans un magma de bruits inaudibles. Vacarme des principaux médias, dont la grossièreté n’a d’égal que le mépris, consenti à une foule à qui on jette en pâture des infos déformées ou fabriquées pourvu qu’elles enthousiasment notre abrutissement…

Plus besoin d’être latiniste pour accéder au savoir, nul besoin d’être un privilégié, les bibliothèques sont accessibles à tous. Mais le politiquement correct, nouvelle inquisition aux innombrables Torquemada médiatiques et judiciaires, réduit au silence et contraint ceux qui osent sortir du rang. Si bien que la parole est au premier philosophe de service ou au dernier politique en vogue dans les sondages, voire celui qui fait le Buzz en montrant son fessier. Les débats sont convenus et cadrés dans l’agora d’aujourd’hui, les récalcitrants devront se soumettre, sous peine d’être inscrits sur l’ostracon. Aux heures de grande écoute, il n’y a plus que des rebelles de confort. Quant à la masse, elle moutonne et pense comme il est bon de penser. Les discours et les œuvres mis en avant proposent soit l’ignorance, soit la servitude.

                          

18 Commentaries

  • Et quelle est la vérité? La vraie révolution c’est la souveraineté du peuple!

    • matador dit :

      « Souveraineté du peuple », d’un peuple éduqué au sens littéral du terme oui, pas du peuple actuel, sous-cultivé et avide de seul consumérisme…

  • Ghislaine dit :

    Je pense que le problème qui se pose c’est: est-ce que le « peuple » veut vraiment le pouvoir ou bien préfère-t-il être asservi?
    Si il le veut, lui seul peut le reprendre en commençant par se réapproprier son droit le + fondamental, d’où découle son impuissance politique, « Sa Constitution »; ensuite les choses se feront d’elles-mêmes.

    Quand le peuple prendra conscience que le pouvoir c’est lui et non pas ces corrompus politiques, je pense qu’un pas sera franchi et enfin nous pourrons parler de Démocratie.

    • Spinoisme dit :

      Penser que le peuple (masse uniforme),peut se soulever, se gouverner, prendre conscience, braver les dirigeants.etc.. est purement de la manipulation conceptuelle et n’est révélateur que des besoin profondément psychologique qui animent ceux qui idéalise ce concept. Angoisse obsédante? Peur?? le commentaire de cédric Bernelas serait une piste. Il a au moins le mérite, de l’exprimer a voix haute!!
      Il est plus confortable pour la pensée de « figer » les réalités dans des formules mathématiques toute faite et aisément manipulable. La réalité souffre de ne pas être aussi formelle,qu’on le voudrait. »L’homme » avant de penser a la société, pense d’abord a son esprit et son corps, ensuite il pense a sa femme et ensuite a ses enfants, ce n’est qu’après u’ils s’occupe des autres familles(la société). Si cet ordre n’est pas respecté, a quoi bon de crier au loup.

  • Carine dit :

    Tout ce qu’il se passe actuellement, et depuis quelques années d’ailleurs, me « débecte » profondément aussi! Je diffuse du mieux que je peux les infos mais très peu ou pas de retour, de partage ou même de commentaire!!!
    Concrètement, que peut-on faire individuellement pour agir? J’aimerai me rebeller mais intelligemment! Que puis-je faire?
    Intervention de M.France Garaud, présidente de l’institut international de géopolitique très intéressante et très claire sur l’état et la souverainté!!! http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=DWlGMTcnGK0

    • « Concrètement que faire ? », c’est la question qui m’obsède en ce moment. Et je tenterai d’apporter une ou plusieurs réponses pour lundi ou mardi prochain…quitte à nous radicaliser encore plus !

      • Sébastien dit :

        @ Cécric Bernelas

        Obsession partagée.
        Créer nos propres réseaux, associatifs de préférence. Acquérir des locaux, des terrains, pour exister, faire (co)exister passé, présent et futur, travailler.
        J’en suis à ce stade, de réflexion seulement.

        @ Coco et aux autres

        Personne ne s’en sortira seul(e) ni préparé(e). Internet n’est qu’une étape fragile et nous ne luttons pas à armes égales. Il faudra beaucoup de ruse et d’imagination face à la force.

        Si vous voulez échanger, proposer, je suis tout ouïe.

  • enebre dit :

    Pour être en mesure de savoir que faire pour sortir de l’ornière, nous avons à connaître la configuration de cette ornière.
    Si je devais faire un schéma de la situation et de sa cause, il m’amuserais de voir un cercle représentant l’ensemble des gens pour lequel la loi cosmique qui gère le vivant choisi d’y établir un ordre.

    Pour ce faire cette loi coupe le cercle au point le plus bas (la fange) et dit ainsi il y a un + et un –
    L’inégalité est créée…

    Cette inégalité est issue d’une même section, issue d’un même type d’individu, voyons les similitudes;
    d’un côté non avons les « Casse toi d’ici pov con » et de l’autre nous avons les « Vient voir ici sale con »
    Des deux côtés ils vivent en marge de la société, les uns sont « in » les autres sont « out »

    Des deux côtés ils vivent dans des bâtiments hautement sécurisés.

    Des deux côtés lorsqu’ils se déplacent, ils requièrent une importante logistique.

    Des deux côtés ils jouissent d’assistance de service.

    Des deux côtés ils ont un temps défini à accomplir.

    Des deux côtés leur nombre augmente.

    Des deux côtés ce sont des malfrats.

    Nous savons maintenant à quel genre d’individu nous sommes confrontés, c’est bien la base fondamentale de la société occidentale qui doit être remise sur le travail et temps que nous y apporterons que des améliorations, nous ne changerons rien au problème, qu’elles soit durement arrachées par des manifestations ou à force révoltes, le schéma restera le même.

    Nul est besoin de tout casser, on peut voir ça comme ce jeu Rubik’cube pas besoin de le casser pour le remettre en ordre, juste comprendre le processus et l’enseigner.

    Je ne pense pas que ce soit simple de vouloir l’enseigner, mais tout casser à plus de chance de ne pas aboutir au résultat escompté.

    Selon moi, il s’agit seulement d’un regroupement pour revenir au cercle initial d’égalité, en les regroupant dans la même maison… Au choix, tous à l’Élisée où tous à la Bastille. 😉

  • Coco dit :

    J’ai lu avec intérêt l’article ci dessus et vos commentaires. Et, loin de m’estimée stupide, je ne comprends pas la moitié de ce que vous voulez exprimer.
    « Nous vivons dans des temps oxymoriques : à la fois obscurs et aveuglants, moyenâgeux et progressistes, où les bonnes informations sont accessibles, mais codées, dissimulées, noyées dans un magma de bruits inaudibles. Vacarme des principaux médias, dont la grossièreté n’a d’égal que le mépris, consenti à une foule à qui on jette en pâture des infos déformées ou fabriquées pourvu qu’elles enthousiasment notre abrutissement… » Si on m’avait parlé de presse ballonnée et manipulatrice en mettant quelques exemples concrets, sans doute que je n’aurais pas pris le dico pour tenter de comprendre ce que signifiait : des temps oxymoriques. Parce que l’explication qui suit ne me parle pas. Prenez ça comme une critique constructive. Vous voulez vous adresser au peuple ? Alors parlez au peuple. En employant de beaux discours bien emballés dans des jolis mots dorés, vous vous privez de l’intérêt de beaucoup. Le peuple c’est tout le monde, et tout le monde n’a pas la capacité intellectuelle de comprendre vos discours ou peut être ni le temps, ni les moyens de s’instruire, enseveli sous des millions d’autres soucis que celui de tenter de comprendre un texte parmi tant d’autres . Je vais être plus claire : quand on vit dans un village à 28 km de la première bibliothèque, qu’on gagne un Smic imputé de 250 euros/mois par les simples frais de déplacement pour aller au travail, qu’on se gratte la tête pour savoir comment on va remplir la cuve de fuel, parce qu’on vit dans une région froide, que le chauffage qui coûte une véritable fortune est une préoccupation majeure (etc) pensez vous vraiment que la priorité est de comprendre un article publié sur internet et « aimé sur facebook » par seulement 335 personnes. Et pourtant le peuple c’est ça.Le peuple est en colère mais le peuple est pris à la gorge. Cessez de dire s’il vous plait que le peuple ne comprend rien. Vous voulez parler au peuple ? Alors parlez lui de SES préoccupations avec ses mots à lui.Parlez vrai. Merci.
    Une infime partie du peuple.

    • Cher Coco,
      tu viens de lire un texte d’humeur qui s’adresse à une certaine élite, reconnaissons-le. C’est une réflexion légèrement enlevée, qui débutait un livre jamais paru. D’où un style légèrement ampoulé. Voilà tout.
      En revanche ton arrogance quant à notre rôle et tes préjugés sur la bêtise du peuple sont ici malvenus. Nous appartenons autant que toi au peuple. Et nous n’excluons personne. Maintenant si tu crois que le peuple n’est constitué que de miséreux et ignorants isolés, il va falloir que tu sortes un peu de ta caverne…
      De plus nous parlons quotidiennement de « ses préoccupations », mais avec lui, sans passer par le net et encore moins par notre site. Chaque jour en famille, au travail, au stade ou ailleurs nous tentons à la fois d’incarner ce peuple et de dialoguer avec lui. N’est-ce pas ça vivre en société ?

      Maintenant je vais faire le salaud :
      Notre site ? hé bien il a une mission gramscienne ! Aie, aie, aie….

    • krisss dit :

      j’te comprend mais tu est dans la logique du : chacun vois midi a sa porte…il faut reflechir aussi avec multiplicité ceci n’est que le debut de quelque chose.

  • Coco dit :

    Si tenir compte des différences sociales, intellectuelles et culturelles fait de moi une arrogante qui vit dans une caverne, alors permettez moi de vous répondre que je suis fière de vivre et d’évoluer dans mon rocher. S’imaginer que tout à chacun a les moyens de penser comme soi me parait condescendant. Selon mon avis très modeste de femme préhistorique, ce sont justement nos différences qui font la richesse de nos partages. Et si la France n’est heureusement pas faite que d’ignorants et de gens pauvres (je préfère ce terme à celui de miséreux qui me semble tout droit venu d’un discours hautain de la bourgeoisie du 18ème) il n’en reste pas moins que le bilan 2012 de la JDC (la journée défense et citoyenneté) nous informe qu’1 jeune sur 10 a des difficultés de lecture et 1 jeune sur 10 a des acquis limités, mais parvient à les compenser par une compréhension minimale des textes (http://www.familles-de-france.org/node/1433). Quant à la pauvreté, elle progresse de mois en mois à un rythme effrayant du fonds des villages perdus au milieu de nulle part jusque dans nos villes. Il me semble que quand je parle avec mes proches, mes collègues, ou ailleurs avec des inconnus, leurs préoccupations sont toujours les mêmes. Et si je ne cherche pas à incarner ce peuple, comme vous le prétendez c’est tout simplement parce que je vis avec ce peuple. Nul besoin donc en ce qui me concerne de « tenter de l’incarner et de dialoguer avec lui ».
    Ceci étant dit je suis tombée sur votre article par le plus grand des hasards. Je cherchais juste à savoir s’il existait des mouvements populaires qui avait pour but de faire comprendre que le peuple avait le pouvoir s’il le désirait ; Un groupement de gens qui comme moi sont juste écœurés par la France que nous sommes en train de laisser à nos enfants. Loin de moi l’idée de venir perturber des échanges entre philosophes contemporains. Messieurs, Mesdames, je vous fais donc mes excuses quant à mon intervention n’entrant vraisemblablement dans le cadre de votre mission gramscienne. Et comme je ne suis pas salope, accordez moi une dernière faveur, celle d’ajouter ce lien pour tous ceux qui aimerait comprendre quelle est votre mission : Antonio Gramsci, philosophe et homme politique italien (1891-1937)
    http://metapoinfos.hautetfort.com/archive/2011/09/30/qu-est-ce-que-le-gramscisme.html
    Cordialement.

    • Coco, tu sembles bien maîtriser la langue et l’outil internet. A quoi bon, dès lors, critiquer notre travail de la sorte ? Tu découvres un site… un texte plutôt, et tu sors tout de suite tes épées !.Avant d’attaquer il faut prendre le temps de découvrir ce à quoi on s’attaque…
      Nous sommes un collectif qui proposons un texte chaque jour. Nous revendiquons une démocratie directe, plus inspiré de Kronstadt que d’Athènes… et nous n’avons pas besoin de statistiques pour justifier tout cela…
      Chaque jour des milliers de lecteurs viennent picorer et partager notre réflexion. Ceux qui le veulent proposent même à leur tour un texte. Pourquoi pas toi d’ailleurs ? Mais aussi faut-il avoir des choses à dire, par delà tout orgueil…
      Donc, tu sembles définir le peuple en fonction de ton vécu avec lui, ce qui souligne une vision quelque peu égocentrée des choses. Car le peuple n’est pas « un groupe comme toi juste écoeuré par la France que vous laissez à vos enfants ». C’est légèrement plus vaste et complexe…
      D’où un travail quotidien et commun proposé par Diktacratie.com. C’est en dialoguant avec tous que nous incarnons donc ce peuple que tu sembles nier. Ha si, pardon, toi tu vis avec ce peuple et nous, petits bourgeois du XVIIIème, nous philosophons… A propos je t’invite à lire ces textes, ça va te retourner, ma main à couper : http://diktacratie.com/code-noir-et-lumieres-blanches/ et http://diktacratie.com/code-noir-blanches-lumieres-partie-2/
      Enfin, pour comprendre la mission gramscienne qui est, en partie la notre, je t’invite à relayer quelques pages plus accessibles que la propagande d’un De Benoist. Quoique, chacun sa mission…

  • Coco dit :

    Cédric, il est vrai que j’ai sans doute réagis sur le vif après la lecture du texte qui a débuté notre débat. N’est ce pas le but des commentaires ? Réagir ? Mais que les choses soit claires, je n’ai ni les moyens intellectuels ni même l’envie de débattre sur une démocratie plus inspirée de Kronstadt que d’Athènes.
    Je me base comme vous l’avez si bien compris sur mon vécu. Appelez ça de l’égocentrisme si bon vous chante. Mais j’évolue parmi les gens qui n’arrivent plus à boucler leurs fins de mois, des gens qui ne partent pas en vacances, et qui se demandent de quoi sera fait demain ; des femmes qui travaillent en mi temps coupés dans des grandes surfaces, des ouvriers que l’on met au chômage technique régulièrement pour prendre des intérims à leur place, des gens qui espèrent en vain que le contrat CUI qu’ils viennent de décrocher les mènera vers un CDI… Oui, j’évolue dans un monde où les préoccupations sont bassement matérielles et bien loin de savoir si le Cycle de Kondratiev se vérifiera dans 20 ans ou plus , alors la mission gramscienne, vous pensez !
    Loin de moi l’idée de critiquer votre travail, comme j’ai déjà tenté de vous l’expliquer, je ne suis sans doute pas arrivée sur le bon site. Et si je vous encourage vivement dans votre travail, il se fera sans moi. Je n’ai pas ma place ici.
    Merci pour les liens ci-dessus, mais j’avais déjà parcouru ces textes. Permettez moi de vous faire part d’un lien à mon tour, qui parle un peu de l’histoire de ce peuple d’où je suis issue : http://www.champagney.fr/index.php?IdPage=1333110173
    Merci pour ces échanges enrichissants. Et pour ne citer que vous : « chacun sa mission… »

  • Un petit compte-rendu du Jour de Colère où il est question de vous. Salutations,

  • Un petit compte rendu du Jour de Colère sur mon blog. Il est brièvement question de vous.

    http://franckferdinand.wordpress.com/

    Salutations

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