Le pouvoir au peuple

Le pouvoir au peuple

le 15 novembre, 2012 dans Démocratie par

Le pouvoir au peuple ! Longtemps nous y avons cru. Trop longtemps. La France pays des droits de l’homme, modèle de démocratie : un tel pedigree ne pouvait que nous enorgueillir. Mais le revers de notre orgueil n’en est que plus effrayant : la fierté du citoyen sera celle de l’imbécile heureux tant qu’il n’aura pas compris que le vrai pouvoir n’est pas celui de l’électeur. Formaté, celui-ci applaudit ceux qui le manipulent. Une ploutocratie prédatrice dont la richesse est spéculée ou détournée pour asseoir une suprématie.

Les lendemains qui chantent, les programmes idéals sur papiers, n’excitent que les âmes complaisantes, studieuses ou donneuses de leçons ; nous ne mangerons pas de ce pain-là. Et puis la vérité ne se mange pas. Elle se crache ou se boxe : au mieux elle réveille, au pire elle assomme. Car seule la vérité est révolutionnaire ! Les exploiteurs le savent bien et s’emploient à bâillonner la dissidence. En cas d’échec, la rétorsion ne fonctionne pas selon la loi du talion. Comme à Gaza en 2009, lors de l’opération Plomb durci, les coups sont rendus au centuple. Ouvrir la boîte de pandore est un risque difficile à mesurer. Mais la bonne littérature, la littérature de combat, peut elle se passer de vérité ?

Nous vivons dans des temps oxymoriques : à la fois obscurs et aveuglants, moyenâgeux et progressistes, où les bonnes informations sont accessibles, mais codées, dissimulées, noyées dans un magma de bruits inaudibles. Vacarme des principaux médias, dont la grossièreté n’a d’égal que le mépris, consenti à une foule à qui on jette en pâture des infos déformées ou fabriquées pourvu qu’elles enthousiasment notre abrutissement…

Plus besoin d’être latiniste pour accéder au savoir, nul besoin d’être un privilégié, les bibliothèques sont accessibles à tous. Mais le politiquement correct, nouvelle inquisition aux innombrables Torquemada médiatiques et judiciaires, réduit au silence et contraint ceux qui osent sortir du rang. Si bien que la parole est au premier philosophe de service (ou prétendu tel) ou au dernier politique en vogue dans les sondages, voire celui qui fait le Buzz en montrant son fessier. Les débats sont convenus et cadrés dans l’agora d’aujourd’hui, les récalcitrants devront se soumettre, sous peine d’être inscrits sur l’ostracon. Aux heures de grande écoute, il n’y a plus que des rebelles de confort. Quant à la masse, elle moutonne et pense comme il est bon de penser. Les discours et les œuvres mis en avant proposent soit l’ignorance, soit la servitude.

                          

5 Commentaries

  • Et quelle est la vérité? La vraie révolution c’est la souveraineté du peuple!

    • matador dit :

      « Souveraineté du peuple », d’un peuple éduqué au sens littéral du terme oui, pas du peuple actuel, sous-cultivé et avide de seul consumérisme…

  • Ghislaine dit :

    Je pense que le problème qui se pose c’est: est-ce que le « peuple » veut vraiment le pouvoir ou bien préfère-t-il être asservi?
    Si il le veut, lui seul peut le reprendre en commençant par se réapproprier son droit le + fondamental, d’où découle son impuissance politique, « Sa Constitution »; ensuite les choses se feront d’elles-mêmes.

    Quand le peuple prendra conscience que le pouvoir c’est lui et non pas ces corrompus politiques, je pense qu’un pas sera franchi et enfin nous pourrons parler de Démocratie.

  • Carine dit :

    Tout ce qu’il se passe actuellement, et depuis quelques années d’ailleurs, me « débecte » profondément aussi! Je diffuse du mieux que je peux les infos mais très peu ou pas de retour, de partage ou même de commentaire!!!
    Concrètement, que peut-on faire individuellement pour agir? J’aimerai me rebeller mais intelligemment! Que puis-je faire?
    Intervention de M.France Garaud, présidente de l’institut international de géopolitique très intéressante et très claire sur l’état et la souverainté!!! http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=DWlGMTcnGK0

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