« Le Monde » donne des leçons de bonne conduite et infantilise l’opinion

« Le Monde » donne des leçons de bonne conduite et infantilise l’opinion

le 20 janvier, 2015 dans Asservissement moderne par

Le journal Le Monde se pose une fois de plus en donneur de leçons bienveillant dans un article très « didactique » sur les bornes de la liberté d’expression.

Le quotidien nous explique de manière lénifiante si « J’ai le droit de dire ce que je pense », arguant que « La liberté d’expression n’est pas absolue. » En effet, d’après l’article, « il ne s’agit pas de « censure » ou de « pensée unique », mais d’une règle de droit, qui ne date pas d’aujourd’hui : la loi sur la liberté de la presse remonte à 1881 ».
Autant dire depuis toujours.

Tout nous est ensuite expliqué sur le comportement à adopter sur les réseaux sociaux, en posant précisément les bornes : ne pas diffamer, ne pas faire l’apologie du crime, du terrorisme, du racisme… Oui, quoi de plus normal ?
Après avoir indiqué au lecteur qui pensait naïvement pouvoir parfois faire « de l’humour » qu’il était un schyzophrène potentiel, on assène qu’il existe un « droit à la satire et à l’outrance » consacré par la jurisprudence, et que l’humour n’autorise pas tout, et surtout, ne permet pas de tout justifier.
On l’aura compris, le nom de Dieudonné n’est pas loin…

Avant d’y arriver, on parle des risques de condamnation, en rappelant qu’un internaute ayant publié des photos faisant l’apologie du djihad sur son profil Facebook a été condamné. L’autre exemple de « dérive » est celui d’un nationaliste breton.
Les choses deviennent plus claires, maintenant : l’islam et le nationalisme sont à éviter.
Pour nuancer le propos (après le sous-titre infantile « On condamne plus les propos contre tel groupe que contre tel autre »), une assertion nous prévient : « Nous n’en savons rien… et vous non plus. »
Enfin, le deux poids deux mesures relevé par les internautes, via Facebook ou des commentaires laissés sur différents sites, est approché.
On nous ressort l’affaire du montage photo sur madame Taubira, le nom de Zemmour et l’extrême droite. Et l’on nous dit, pour éviter la comparaison entre Charlie Hebdo et Dieudonné – car dans  le fond, c’est bien cela dont il s’agit –, que « le droit français ne sanctionne pas le blasphème » (que pratique Charlie Hebdo) mais bien l’antisémitisme (que pratiquent in fine les islamistes et les humoristes franco-camerounais).
Nous vous épargnons ici les lieux communs qui closent l’article.

Le Monde, pour le lecteur lambda, est a priori aussi renseigné que non partisan. Mais il y a à cela deux prérequis : considérer que l’antisémitisme est un racisme plus grave que les autres, et que l’artiste Dieudonné est sans doute aucun « hors cadre », et a priori, « un con ».
Après des « appels à la haine », on impute à Dieudonné une apologie du terrorisme, sur une interprétation abusive de sa phrase : « Je me sens Charlie Coulibaly. » Est-il besoin ici de rappeler que Dieudonné n’a jamais affirmé penser, par exemple, que les juifs étaient les seuls responsables de la situation difficile en France, et qu’il n’a jamais appelé au meurtre de quiconque. Le Monde évite d’ailleurs soigneusement de citer l’humoriste, qui a pourtant expliqué que son « Je me sens Charlie Coulibaly » signifiait qu’il se sentait « Charlie » comme personne critiquant le système ; et comme « Coulibaly », en tant qu’homme traqué, et à abattre.

Les médias aux ordres tentent une fois de faire de la pédagogie en se servant de la bête immonde, et de démontrer que l’« antisémitisme » serait une forme de racisme se situant à la marge, au-dessus des autres « racismes », qu’il n’aurait pas la même importance et que les lois d’exception, c’est pas fait pour les chiens. Faire cette différence dans les souffrances est déjà du racisme ; c’est ce que Dieudonné se borne à moquer, et les personnes comme Manuel Valls n’ont aucun intérêt à ce que les Français le comprennent. Car en France, si au détour d’un fait divers, la censure invisible (entendre le tri avant diffusion) n’a pas correctement fonctionné, il faut bien insinuer, très pédagogiquement, sans froisser, que « les gens » n’ont pas à avoir de sens critique, et qu’ils peuvent à tout moment, sans s’en apercevoir, succomber à de mauvaises pensées. Bref, le délit d’opinion, voire le crime par la pensée : merci Orwell.

Les lois, nous dit cet article, doivent être respectées ; mais a-t-on dit que la législation ne doit pas évoluer pour plus de justice ? Effectivement, si la République française n’est pas censée reconnaître les communautés, ces dernières – et parmi elles les puissants et très influents lobbies sionistes – constituent des arsenaux juridiques qui tendent à créer une scission entre groupes ethno-religieux partageant le même espace public, mettant en danger le bien commun et la paix civile. Regardons en face les pressions exercées sur nos gouvernants pour flouter, excuser, valider les dérives qui tomberaient logiquement sous le coup de la loi, sans malicieuses interprétations cette fois : utilisera-t-on la « jurisprudence Dieudonné » contre Véronique Genest, qui se déclare ouvertement « islamophobe », ou contre monsieur Philippe Tesson, qui clame sans que cela provoque immédiatement de levée de bouclier médiatique que « ce sont les musulmans qui amènent la merde en France aujourd’hui » ? Rappelons que le même homme, à l’exemple de Pascal Elbé, a également appelé à l’exécution de Dieudonné (par un peloton militaire!), en plateau. Là encore, malgré un appel flagrant à la violence et au meurtre, c’est le silence radio.

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4 Commentaries

  • Trillat georges dit :

    Mais c’est tout simplement un excellent article, clair, fin , objectif, non agressif et respectueux, comme l’acteur comédien qu’il défend.
    De mon modeste point de vue.

  • ERD dit :

    Tout est clair et limpide… reste à savoir ce qui empêche encore certaines personnes à vérifier, tant qu’elles en ont la possibilité, que tout ce qui est dit sur Dieudonné est faux. La peur de découvrir de trop gros mensonges ?

    Je conseille à tous de visionner la longue conférence de presse qu’avait faite Dieudonné à la Main d’Or suite à l’interdiction manu militari de son spectacle à Bruxelles : là, on n’est pas dans le second degré, dans l’humour, mais dans l’explication très rationnelle, y compris sur des sujets qui fâchent comme la Shoah. J’ai sélectionné un passage important ici (en cliquant sur la première vignette) :

    http://aitia.fr/erd/je-suis-dieudonne/

  • Jo l'indien dit :

    Suppression immédiate de toutes ces saloperies de lois memoriels (lois gayssot, taubira, sur la colonisation positive, etc) Pas de problême. Par contre, dieudonné et tous les demi-borgnes peut aller se faire enculer.

  • WTF dit :

    Euh… C’est être extrêment borné (ou tout simplement con-con) que croire que Dieudonné est un ange. Lorsque vous invitez sur scène des négationnistes notoires et que votre principale attraction est « Shoananas », c’est qu’il y a un léger soucis. De plus, il a été attaqué sur des motifs financiers : cet antisémitisme est surtout là pour appâter le gogole de base qui s’empressera d’acheter tous les goodies et assistera à tous ses shows pour bien prouver qu’il est contre ce système « sioniste » « franc-maçon » « gay » etc.

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