Le Congo-Brazzaville change de Constitution, pas de président

Le Congo-Brazzaville change de Constitution, pas de président

le 22 octobre, 2015 dans Inter-national par

Au Congo-Brazzaville, un référendum doit se tenir ce dimanche pour un changement de Constitution. Une modification constitutionnelle qui, sous couvert de moderniser les institutions de ce pays d’un peu plus de 4 millions d’habitants, vise en fait à permettre à son dirigeant actuel, Denis Sassou-Nguesso, de continuer encore et encore un peu plus longtemps à être ce dirigeant actuel… C’est pratique pour les livres scolaires.

Bonne nouvelle, dans le projet de nouvelle Constitution, la limite d’âge qui empêchait Sassou de briguer une troisième réélection triomphale a juste disparu. Comme ça, c’est plus simple. La réduction de sept à cinq ans du mandat du président de la République est un tour d’illusionniste, sachant que le mandat sera renouvelable deux fois.

Au total, avec une petite interruption de cinq ans, l’homme qui sait compter ses sous accumule déjà 31 années d’exercice du pouvoir… La promesse de dix ans supplémentaires à laisser Sassou et sa grande famille se gaver les fouilles a titillé la patience des Congolais.

Les partis d’opposition ont appelé à manifester pacifiquement pour empêcher la tenue du référendum qu’ils désignent comme un « coup d’État constitutionnel ». Ils se sont même amusés à poser un ultimatum à Sassou, l’enjoignant d’abandonner le projet de révision constitutionnelle avant lundi soir, sinon il allait voir ce qu’il allait voir…

À Brazzaville, la capitale, comme dans d’autres villes, les manifs « pacifiques » ont en fait consisté en un chat-bite très inéquitable entre manifestants et policiers, les premiers déplorant 4 morts et plusieurs dizaines de blessés à la fin de la journée. La méthode est imparable : les lieux de rassemblement des manifestants sont interdits à la dernière minute et la police quadrille les rues à la recherche des manifestants qui de fait, sont dans l’illégalité, puisqu’ils n’ont plus le droit d’être là où ils se trouvent.

Hier mercredi, il ne restait que des pneus terminant de se calciner dans les artères désertes de Brazzaville, derniers restes des barricades érigées la veille lors des affrontements entre manifestants pour la plupart très jeunes et policiers bien équipés, merci patron.

L’opposition congolaise dit continuer de croire à la désobéissance pacifique jusqu’à ce que Sassou fasse son baluchon. Elle appelle les Congolais à rester chez eux. On a le droit de rêver et visiblement, les opposants congolais ont pris ce droit. Demain, ils prévoient un ultime rassemblement avant la consultation de dimanche.

Internet et les téléphones portables ne fonctionnent plus au Congo depuis plusieurs jours, ainsi que la réception des radios étrangères. Le gouvernement a promis que ce n’était qu’un problème technique et sûrement pas une censure. Tout le monde est rassuré.

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