L’alibi de Guéant

L’alibi de Guéant

le 17 mai, 2013 dans Dictature de l'économie par

Z’avez pas vu Guéant ? Un peu à la manière du Manitoba qui ne répond plus, ou de Manureva qui des jours dériva mais jamais, jamais n’arriva, le petit Claude est comme devenu aphone. On l’avait pourtant connu un poil plus prolixe, quand il s’agissait de nous expliquer l’origine de fonds suspects sur ses comptes en banque.

Et puis, plus rien ! Après des déclarations aussi maladroites qu’hasardeuses, mettant franchement en péril sa défense, le comble pour un avocat, Claude s’est réfugié quelque part entre l’être et le Guéant.

Quand, le 27 février au petit matin, la maréchaussée est venue perquisitionner le cabinet d’avocat de l’ancien ministre de l’Intérieur, c’était en fait dans le cadre de l’affaire Tapie. Les enquêteurs cherchaient alors à établir le rôle que Claude Guéant aurait pu jouer dans l’arbitrage très favorable rendu par le gouvernement en faveur de Nanar contre le Crédit lyonnais.

Mais quelle ne fut pas leur surprise de découvrir des  indices pouvant suggérer un possible financement de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, en 2007, par la Jamahiriya libyenne de Kadhafi…  Des découvertes qui ont immédiatement  conduit à une autre perquisition, le même jour, au domicile de Guéant.  Et là, bingo ! La pêche a été miraculeuse. La consultation d’un compte à la BNP révèle l’existence d’un virement de 500 000 euros en provenance de Malaisie.

La suite  est connue de tous, l’ex-ministre a refourgué deux toiles d’un maître flamand, trois fois au-dessus du prix normal, à un obscur avocat malaisien, ce qui justifierait selon lui la présence de ces fonds…

Les juges ont aussi mis la main sur des factures réglées en liquide, et dont le volume a subitement augmenté entre 2007 et 2009. C’est là que Claude nous sort de son chapeau le coup des primes de cabinet, officiellement supprimées en 2002 mais dont il aurait bénéficié encore plusieurs années après.

L’examen d’un téléphone portable appartenant à Claude Guéant a permis aux enquêteurs de découvrir la présence dans le répertoire de Moussa Koussa, l’ex-chef du renseignement de Kadhafi qui vit réfugié au Qatar. D’autres noms y figurent comme les incontournables Zyad Takieddine et Alexandre Djouhri.

Depuis sa défaite aux législatives à Boulogne-Billancourt en juin dernier, le petit Claude tentait de développer son cabinet d’avocat, en direction de très juteux contrats décrochés en Afrique.

Du temps où il régnait sur la Sarkozie comme secrétaire général de l’Elysée, Claude Guéant faisait peur à tout le monde. C’est ce qui explique notamment la grande solitude dans laquelle il se trouve désormais. Car à droite, encore plus qu’à gauche, personne ne  pleurera l’homme qui en savait trop…

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1 Commentaire

  • alex dit :

    Tout est bon dans cet article, le fond (ou plutôt les fonds s’agissant de Guéant…) et la forme. Un article jubilatoire, concis et sans langue de bois: Merci!

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