La semaine de trois jours de travail : un modèle pour l’avenir … ?

La semaine de trois jours de travail : un modèle pour l’avenir … ?

le 18 septembre, 2015 dans Asservissement moderne par

L’augmentation de l’espérance de vie dans les sociétés développées n’est pas le produit exclusif de la science, c’est aussi le résultat de meilleures conditions de vie associées à une diminution notable du temps de travail…

Cette évidence semble échapper à Carlos Slim, directeur de l’opérateur télécom «America Movil». Lors d’un colloque, ce dernier a fait une proposition promouvant le travail jusqu’à 70 voire 75 ans en optant pour une semaine de trois jours avec au besoin onze heures de travail par jour…
Selon le milliardaire mexicain : « C
ela n’a plus de sens pour les travailleurs de partir à la pension à 50 ou 60 ans alors qu’ils ont encore un tiers de leur vie devant eux… »

Une mesure qui répondrait aux besoins actuels de la société ?

Limiter le gaspillage des temps morts sur le lieu de travail a toujours fait partie des obsessions de la classe exploiteuse. Nous ferions trop de présentéisme et pas assez de travail effectif. L’idée consisterait donc à comprimer les horaires afin d’obtenir un surcroît de productivité. Dans la foulée, on prolongerait les carrières.
Une émanation qui n’est en rien dictée par l’intérêt commun : Que permettrait-elle sinon, sous prétexte d’une meilleure organisation du temps de travail, de mettre à mal une fois pour toute le principe des pensions ?
En introduisant des semaines plus courtes, la mesure faciliterait par la même occasion l’engagement de chômeurs qui seraient tentés d’accepter de travailler deux jours par semaine pour un micro salaire…

Les journaleux économistes toujours prompts à servir les puissants se pressent de relayer la proposition de Monsieur Slim. Cette refonte du temps de travail correspondrait totalement aux tendances actuelles de la société… Ces tendances ? Quelles sont-elles ? Travailler plus pour un surplus de temps libre et consommer plus ; une consommation érigée en impératif moral et civique !

Non à la semaine des 33 heures ! Oui à la semaine de 20 heures !

Travailler moins, c’est aller dans le véritable sens de l’histoire. (voir article : « Pourquoi travailler huit heures par jour ? »)
Alors que tout s’organise techniquement dans cette société pour libérer l’homme de la charge du travail ( grâce à l’extension des techniques de l’imprimante 3D, une entreprise chinoise est parvenue à construire dix maisons en 24 heures), une certaine élite poursuit son œuvre de mort pour non seulement nous contraindre au travail mais aussi pour nous déposséder de nos acquis sociaux.

La seule véritable réponse à donner est la suivante : « Ce n’est plus aujourd’hui une fantaisie, un simple vœu. Le développement des forces productives, le relèvement de la production qu’implique la socialisation des forces productives suffisent déjà, en cas de participation universelle au travail, pour réduire le temps de travail à une mesure qui selon les idées actuelles sera minime », ce fragment d’un discours de 1845 tenu par le théoricien Friedrich Engels, reste plus que jamais d’actualité. Le capital ne cesse de s’accroître, il permet à des oligarques comme Carlos Slim, Bill Gates, Mark Zuckerberg, Warren Buffet, Lakshmi Mittal, Bernard Arnault, Albert Frère d’engranger des milliards. Une fortune qu’ils doivent au travail de plusieurs milliers de personnes…

« La force de travail augmente avec la population et la science met chaque jour d’avantage les forces de la nature au service de l’homme », affirmait Friedrich Engels dans son « Esquisse d’une critique de l’économie politique ». Alors qu’un agriculteur ne nourrissait que cinq personnes en 1945, il est aujourd’hui capable d’en nourrir entre 80 et 100. Dans le même temps, les parangons du capitalisme captent toujours plus scandaleusement les fruits du travail commun pour leurs seuls intérêts personnels ! Utilisons notre capacité de travail rationnellement, quatre heures de travail par jour suffisent à tous pour servir les intérêts de tous !

 

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4 Commentaries

  • Sébastien dit :

    Si on introduisait tout simplement un peu de souplesse et de LIBERTE? Pourquoi fixer la même durée de travail pour tous? C’est une des nombreuses idées parmi les plus stupides que l’Homme ait jamais conçu. Chaque métier possède ses spécificités et contraintes. Je vois mal un boulanger travailler trois heures par jour. En même temps, il existe trop de variables et les choix de vie personnelle devrait être respectés.
    Peut-être un nombre d’heures minimum destinés au bien commun, permettant un salaire minimum. Le reste étant laissé aux besoins à l’avidité de chacun. Avec un maximum aussi.
    Il faudrait peut-être aussi s’interroger sur le fait qu’un animateur télé puisse gagner 40 000 euros par mois, soit 2 à 4 fois plus qu’un chirurgien. Et ne parlons pas des joueurs de foot, qui est un loisir, pas un métier. Pour eux, je propose 99% d’imposition. Qu’il fasse les p.tes pour la publicité et se ridiculise les regarde, il faut bien qu’il pensent à leur « avenir ».
    Il n’existe aucune liberté dans le « marché du travail » (quel horreur cette appellation: marché aux esclaves oui). Côté formation, chaque citoyen devrait pouvoir suivre GRATUITEMENT (la formation est un investissement pour la collectivité) le cursus qui l’intéresse, à condition qu’il le mène à bien, avec possibilité de changer d’orientation aux moments de sa vie qu’il juge opportun (limité à trois par exemple, les éternels étudiants, faut pas pousser non plus).
    Bref, ce ne sont pas les pistes et les idées qui manquent.

  • yul dit :

    Pour faire simple :
    – Depuis des décennies de moins en moins de temps de travail et de plus en plus de dépression!
    – Je doute fort de l’équation : moins de travail = plus de bonheur!
    Donnez un sens à sa vie par le loisir, on en voit actuellement les limites.
    – On peut également noter une chute du sentiment d’appartenance à une classe sociale parallèle à la baisse du temps de travail : simple coïncidence?
    Les gens se côtoient de moins en moins pour des choses structurant la société (combat social, syndical…) et de plus en plus pour des futilités tournant autour du loisir-plaisir.
    Et j’en passe, parce que j’ai dit « pour faire simple »!

  • david dit :

    Abolissons le salariat, qui est de l’esclavage déguisé et proposons à tous un revenu minimum de 2000 euros. Travailler deviendra alors et choix et non plus une obligation.

  • une semaine de trois jours ça voudrait dire les bureaux magasins et autres services dont on a besoin pour la survie et la vie quotidienne et sur lesquels les gens comptent ne serait presque jamais ouverts, et toujours au moment où on ne peut pas s’y rendre.
    Déjà la baisse de la semaine de travail à 35 heures n’a pas augmenté la quantité de loisirs disponibles, car il y a de plus en plus de choses à faire pour simplement survivre, de plus en plus de rendez-vous à prendre et à planifier à des créneaux bien précis, de plus enplus de démarches autrefois élémentaires ne peuvent plus être faites que si on prend une journée de congé exceptionelle et exprès à chaque fois. et de plus en plus d’attentes, Et tout le temps « libre » que les nouveaux horaire son censés nous donner en fait passent en fonctionnement de sa vie.
    Ne fait -on pas fausse route ? et la « solution ne serait-elle pas à un retour vers les emplois, peut-être pas moins longs mais moins intenses et moins stressants, même si ça va à l’encontre de l’obsession à laquelle on nous a nourri depuis un demi siècle : celui de la productivité du travail ?
    http://miiraslimake.over-blog.com/article-6993897.html

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