La représentation est une imposture !

La représentation est une imposture !

le 04 décembre, 2015 dans Asservissement moderne par

Ca fait quatre ans qu’on tente d’expliquer, de démontrer en quoi l’élection alimente notre servitude politique. « Pas de substitut au pouvoir du peuple » ; « la représentation est une imposture » ; « au pire nos élus sont corrompus, au mieux à vendre » ; « quel banquier s’est plaint du suffrage universel ? ». Quatre ans qu’on a beau faire, il n’empêche que la mascarade persiste. Notre diktacratie s’en porte même à merveille.
Pour ceux qui douteraient encore, le texte ci-dessous relate la genèse de toute cette chienlit électorale dans laquelle nous sommes englués.

On avait beau leur dire à tous ces militants fanatisés, leur rabâcher qu’ils se fourvoyaient, que si nous ne votions pas c’était parce que nous luttions pour une vraie démocratie… Peine perdue ! Ils persistaient dans leur surdité, entêtés à nous distribuer des tracts pour des vendeurs de cravates.
Deux minutes, c’était le temps maximum qu’ils accordaient pour discuter avec les passants. Et pourtant, nous, ce qu’on avait à leur dire, c’était plus qu’essentiel, c’était radical ! La racine de tous nos problèmes, la cause de notre impuissance et la raison pour laquelle nos destins étaient vendus aux plus offrants. On pouvait comprendre, en même temps, que ces aliénés n’étaient pas forcément disposés à entendre que leur favori, le mec pour qui il tractait, travaillait plus ou moins fièrement au service de la finance, et donc que ses intérêts étaient tout autres que ceux des électeurs… ceux du peuple français.
Et puis, il y a ceux qui tentaient de couper court à nos propos en nous rappelant qu’il y avait eu des insurgés s’étant battus pour ces droits, que certains y avaient même laissé leur peau, et qu’il serait ainsi irresponsable et lâche de ne pas satisfaire notre devoir et privilège d’électeur.
Le pire, c’est qu’ils racontaient tout ça pour retracer une bataille qui n’avait même pas eu lieu ! Car, nous cherchons toujours la trace de ces fameux sacrifices révolutionnaires dont parlent inlassablement ces défenseurs zélés du droit de vote.

Qui connaît un peu l’Histoire de France, sait que les faits furent bien plus sordides : en effet, Sieyès, petit bourgeois et prêtre raté, rédigea à la veille de notre grande Révolution, un essai fustigeant les privilèges de la noblesse et du clergé. S’ensuivit son célèbre pamphlet Qu’est ce que le Tiers-Etat ? dans lequel il démontra que l’ensemble de la population française ne représentait rien dans la matrice politique. Mais, nulle trace d’un engouement pour le pouvoir du peuple. Le mot “démocratie” reste même mal défini. Pardi ! notre abbé y était franchement opposé. En réalité, devenu parlementaire influent, il mit en place la nomination élective pour désigner les représentants des français…
« Elective « 
, encore un bien grand mot ! « Sélective » aurait été, sans doute, plus approprié, car seuls « les actionnaires de la grande société » ou « citoyens actifs » – ceux capables de payer un impôt – bénéficiaient du droit d’élire les représentants du peuple. Peuple qui, pour sa part, était bien « trop inculte et occupé à travailler » pour interférer directement dans les affaires publiques. Autrement dit : seuls les riches pouvaient influer sur la vie politique par le truchement du vote, car ils étaient les seuls à même de contribuer à la bonne marche économique de leur pays.
La révolution de Sieyès instaura un régime représentatif, avatar d’une société commerçante où furent reconnus comme citoyens seuls ceux aptes à produire et distribuer beaucoup de richesses. L’électeur n’est ainsi en rien un acteur de la démocratie, bien au contraire : il devient le promoteur et complice d’un gouvernement dont les fondations et la survie ne reposent que sur les intérêts bourgeois des maîtres et de leurs nouveaux serviteurs.
Il est aussi intéressant de souligner qu’à cette même époque s’est développée la presse, se faisant un intermédiaire supplémentaire entre le pouvoir et les électeurs. Mais nous détaillerons cela un autre jour…

Voilà donc rappelé un premier élément qui vous aidera à comprendre pourquoi nous vous invitons à ne plus défendre l’élection comme la seule incarnation possible de la démocratie.

16 Commentaries

  • Alex dit :

    Texte fondamental, clair et bien écrit! Un must!

  • Maitre dit :

    Bonjour. J’ai beau relire, je ne fais pas le lien entre votre démonstration et l’usage d’implications (et votre point de départ, Sieyes) et votre conclusion : « la représentation est une imposture », même si je suis sensible à l’idée que vous souhaitez développer, au regard de qui existe, par exemple au Vénézuela.

    • Si l’on se revendique en démocratie il en devient contradictoire de recourir à la représentation…
      Dès que tu choisis quelqu’un pour te représenter cela signifie que tu délègues ton pouvoir. Dans une démocratie véritable le pouvoir est partagé par tous (modèle athénien du siècle de démosthène, voire celui aussi de Cronstadt en 1921))et non confisqué par une quelconque élite, aussi compétente soit-elle.
      Dès lundi nous republierons des textes développant tout cela, je t’invite à les lire attentivement pour pouvoir ensuite en débattre…

  • Soumaworo Samaké dit :

    Je me trompe peut-être, mais je pense que la « démocratie représentatif » ne se maintien que du fait de la paresse du citoyen à gérer ses affaires de sa cité… paresse voulu et entretenu …

    • Ghislaine69 dit :

      En effet Soumaworo et cela est bien regrettable!
      Après « les citoyens » sont les premiers à s’indigner de certains abus de pouvoir alors que le pouvoir est et doit être au peuple et non à cette élite minable.

  • Maitre dit :

    Merci de la réponse. Rendez vous lundi.

  • Lop dit :

    Monsieur Cédric je viens de recevoir ma carte électorale mais après avoir lu pas mal d’article ici je sais plus vraiment quoi en faire ^^

  • Vous connaissez effectivement « un peu » l’histoire de France, suffisamment pour vous tromper gravement sur la Révolution Française de 1789. Mais il n’y a rien d’anormal à cela, car tant d’âneries ont été dites et écrites sur elle par ses ennemis.
    La Révolution de 89 a d’abord eu a cœur d’instruire les citoyens, car il ne peut y avoir de démocratie sans citoyens instruits.
    Je ne suis pas sur non plus que vous soyez vraiment au courant des révolutions qui ont suivi 1789, a savoir, 1830, 1848, voire la commune de 1871 durant laquelle des milliers de parisiens sont morts.
    Je ne doute cependant pas de votre sincérité, mais hélas, sincérité n’est pas vérité.
    Je me méfie toujours de ceux qui crachent sur le droit de vote et sur la démocratie car je sais trop quels spectres se cachent derrières ces idées qui se veulent originales.
    Des gens sont morts pour avoir le droit de voter, ne vous en déplaise, et d’autres mourront encore pour ce droit.
    La liberté ou la mort disait-on en 1792 lorsque la première République fut instaurée.
    Vous êtes jeune et avez un petit talent, alors ne le gâchez pas et instruisez vous
    Salut et fraternite citoyen 😉

    • Tieche Bertrand, tu préjuges de notre instruction sans même rien argumenter. Je connais ces méthodes, elles sentent bon l’arrogance du donneur de leçons aliéné à son savoir formaté !
      Mais trêve de fausses politesses ! En effet « il ne peut y avoir de démocratie sans citoyens instruits »…et la moindre des choses c’est de nous lire un minimum, ou mieux : de lire Manin, Finley, Guérin, Skirda et Hansen avant d’émettre une critique sans fondements.
      Enfin un des axes majeur de la démocratie est le dialogue, le débat et la confrontation d’idées et je pense que ce n’est pas ce que tu recherches ici en nous traitant de jeunes ignorants ou de fascistes en puissance (« spectres qui se cachent derrières ces idées originales », hum !!!…) !
      Maintenant si tu veux nous faire part de tes « lumières supérieures », la porte t’est grande ouverte, car nous acceptons ici tout le monde sans exception, même les pires…
      Salut à toi donc, fier électeur, et j’espère à bientôt !

  • QUEINEC dit :

    Je suis un ancien dirigeant d’entreprise retraité qui s’interroge sur l’avenir (de mes enfants) en réfléchissant depuis quelques mois sur la manière de se débarrasser des acteurs de la politique, des institutions et des médias corrompus, etc., qui se moque du citoyen et façonnent l’électeur/emprunteur/consommateur à la sauce préférée des banquiers et autres « Maîtres du monde ».
    Votre site a beaucoup contribué à ma rééducation de citoyen responsable et je reviendrai vers vous, le moment venu, pour vous exprimer ma reconnaissance ainsi qu’à Etienne Chouard et quelques autres contemporains « éclaireurs » de coscience.

    Merci déjà pour vos informations clairement présentées

  • keg dit :

    la représentation nationale n’est qu’un mensonge. un de plus. En réalité ce n’est que la représentation d’une caste qui s’auto-immunise de tout et surtout du peuple….
    A défaut de pouvoir les virer radicalement, je me contente de ce que je peux faire. Je vote en leur disant non… avec mon bulletin blanc (enveloppe vide).
    Il est vrai que face au non-choix, depuis de nombreuses décennies, le choix reste restreint. et je préfère dire non que me taire et me faire complice en silence…

    http://wp.me/p4Im0Q-1jV

    • Ghislaine69 dit :

      Keg, en votant blanc tu nourris la participation et c’est grâce à cette participation que le régime représentatif existe!. Pas de participation = pas de représentation

      • keg dit :

        Ghislaine69.
        Nous sommes sur deux positions diamétralement opposées….(et nous n’y changerons rien) en vous taisons vous faites le jeu de ce que vous entendez dénoncer (qui ne dit mot, consent! Ce n’est pas moi qui le dit, mais la sagesse populaire qui date, bien avant nous). Croyez vous que si les 2% de’ vote blancs actuels votaient « abstention » vous supprimeriez le régime représentatif. Ne pas dire « non » c’est lui dire « OUI »… Et puis comment allez vous convaincre les tousaufistes et surtout les con-vaincus de droite comme de gauche.

        • Ghislaine69 dit :

          Non non je ne consent pas car je ne dis pas mot en m’abstenant d’élire.
          C’est vous qui faites le jeu de ces « soi-disant » représentants en contribuant à leur mascarade d’élection et ne croyez pas que les abstentionnistes ne s’expriment pas, bien au contraire, l’abstention est aujourd’hui l’expression majoritaire mais elle est niée!.
          Elle est niée parce que le système n’a pas d’autre choix que celui du déni. Comme l’abstention est aujourd’hui l’expression majoritaire, si elle n’était pas niée, il serait impossible de déclarer vainqueur, donc majoritaire, des candidats ayant péniblement récoltés 10% des voix. Grace au déni, le régime représentatif nous fabrique des majorités avec 51% de 20% de participation. Facile, on nie 80% de l’expression et on usurpe le pouvoir à la barbe de tous. Vu que tout le monde ferme sa gueule, c’est que du bonheur pour les usurpateurs. C’est entre autre pour ça que les partis martèlent que l’abstention fait le jeu des extrême.

          Je ne cherche pas a convaincre qui que ce soit mais juste les amener à réfléchir.
          Le jour ou le débat de l’illégitimité des urnes sera sur la table, les choses changeront, le peuple prendra enfin conscience que lui seul doit écrire les règles du pouvoir, c’est à dire SA constitution; à partir de là, nous le peuple pourrons parler de démocratie!.
          « Si l’écriture annuelle de constitution devient plus populaire qu’une élection présidentielle, il y aura des changements ».

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