La rançon de la servitude
le 20 septembre, 2012 dans Asservissement moderne, Démocratie / Propagande, Journal d'un vaurien par Yohan De DonckerJe vois des générations entières condamnées, astreintes tous les jours à la même misère, dans le bourbier de travail précaire, juste bon à servir les intérêts de quelques uns. Nos vies, sont vides de buts véritables. Nos volontés, sont ici réduites à nos désirs. Nos désirs sont tant formatés que nous consentons aveuglés, par les fétiches d’une réussite sociale, à notre propre esclavage…
Nous sommes les derniers maillons de la chaîne, celui sur qui tout repose !
Sans nous, rien ne leur serait possible, car tout passe par nos mains. Nous sommes les travailleurs de la Terre, et nos maîtres ne font que nous rançonner !
Qui plante les graines et moissonne le blé ? Qui fabrique les parpaings et construit les maisons ? Qui façonne la patte et fait cuire le pain ? C’est nous !
Qui garde leurs enfants et les éduque quand ils vont spéculer ? Qui balaye les rues, ramasse leurs déchets ? Qui protège les banques, leurs ministères ou les hypermarchés ? C’est encore nous !…
Leur richesse ne tient donc qu’à notre docilité.
Nous ne travaillons pas pour subvenir d’abord à nos besoins, mais pour répondre aux leurs. Et le prix de cet asservissement n’est qu’un simple salaire, si cher et en même temps si misérable, qu’il nous suffirait de le refuser pour que leur richesse n’ait plus aucun pouvoir. Mais malheureusement, nos désirs d’émancipation semblent dominés par notre nature corruptible.
Ainsi, je vois toute cette jeunesse qui s’empresse de se dégotter un salaire, qui trafique et qui espère enfin consommer librement… Abrutie de propagande libérale, savamment orchestrée par des outils implicitement dictatoriaux : publicité, mode, clips à la télé, sport sponsorisé, films hollywoodiens et autres séries américaines en tout genre, notre jeunesse surenchérit de distinctions vestimentaires, d’attitudes, de particularités, inspirés de leurs strarlettes préférées parangon de la réussite moderne… Elle se fait alors le porte manteau de l’impérialisme, tout en étant la première à revendiquer sa subjectivité, sa liberté, son individualisme. Ou quand l’arrogance n’a d’égale que la soumission !…
Dans ce monde où tout s’achète, l’on méprise celui qui ne veut pas se vendre.
Ouvriers, caissières, vendeurs, manutentionnaires, éboueurs, techniciens de surface, agents de sécurité, agriculteurs, petits artisans, petits commerçants, intérimaires, vacataires, petits fonctionnaires et j’en passe… Je vois toutes ces potentialités cadenassées et possédées à cette logique libérale mercantile !
Nos petites mains d’esclaves ne bénéficieront jamais du fruit de leurs travail… Le chiffre d’affaire c’est pour le patron, et les actionnaires… Nos salaires sont nos chaînes ! Trop petits pour entreprendre, trop gros pour se rendre compte qu’ils nous asservissent. Mais juste assez pour qu’on s’endette !.. Et c’est à coup de promotions, d’avancements, de carottes qu’ils nous font marcher bien droit !…
Et tant qu’on marchera dans leur sens, le monde continuera de tourner à l’envers.
Yohan De Doncker


Et pourquoi ne pas nous lever tous ensemble contre ce fléau que nous subissons depuis bien trop longtemps?
Que cette jeunesse rebelle et exploitée se dresse unie pour clamer haut et fort son désaccord?
À quoi bon publier des articles de propagande si aucune action ne s’en suit?
Le règne du pouvoir et de l’argent que nous protégeons nous mènera à notre perte, car avides de ses richesses si attrayantes, l’âme des hommes reste corrompue par la tentation en oubliant les valeurs.
Changer est les chose est que nous faisons le mieux depuis la nuit de temps, nous visons systématiquement à l’amélioration de notre quotidien, et les cerveaux qui s’en chargent ont vite comprit notre faiblesse et ils en ont profité lâchement parce que nous avons été assez BÊTES pour les laisser faire.
SI VOUS ÊTES FIERS, VOUS DEVEZ VOUS REBELLER.
Si un seul en dirige cent, sans eux il est tout seul, et si ces cent là se sentent sales, ils devraient faire trembler le sol…
« À quoi bon publier des articles de propagande si aucune action ne s’en suit? »
Très juste, Mona.
Si le projet d’instauration d’une démocratie (au sens de Chouard) n’aboutit pas, je suggère une autre piste:
Criminaliser la grande richesse est une idée choc qu’il serait peut-être bon de promouvoir. Contrairement à ce qui est dit dans le brouillon de constitution d’Étienne, il ne s’agit pas de criminaliser la pauvreté. Cette dernière idée est d’autant plus absurde que le pauvre n’a jamais vraiment représenté un danger pour autrui et que la mise hors la loi de la pauvreté n’aboutira qu’à la domination totale de ceux qui détiennent les pouvoirs.
Par contre, il est clair qu’au delà d’un certain seuil, le riche est un danger mortel pour tous (guerres, pollutions, prédations, etc.).
L’objection habituelle à un musellement de la grande richesse pose la question de la définition du seuil. Cette question ne s’est pas vraiment posée pour la limitation de la vitesse automobile, excès qui, pourtant, faisait infiniment moins de morts que la richesse elle-même.
En fait, il me semble que le seuil de décence est des plus faciles à fixer. C’est la fortune personnelle à laquelle un individu doué, travailleur, en bonne santé, économe, … peut parvenir par son seul travail. Je ne peux pas imaginer de cas où les 5 millions d’euros seraient dépassés. Au-delà, nécessairement, il y a soit escroquerie manifeste (sports, arts, finance,…), soit spoliation du travail d’autrui (productions et commerces non collectivisés).
Peu importe, en fait, le seuil exact, pourvu que ce seuil existe. Peu importe qu’il soit à 2, 5 ou 10 millions, mais il est certain que lorsqu’un individu possède des milliards, cette fortune provient nécessairement d’un vol, d’une façon ou d’une autre. Ce crime manifeste demande sanction. Le comble est sans doute l’existence de ce sentiment diffus mais persistant du riche coupable d’être très riche, malgré la propagande forcenée du système à ce sujet… (le mythe absolu du riche construisant une usine, créant de l’emploi et autres insanités vomitives).
Excellent !