La raison du plus fort est toujours la meilleure

La raison du plus fort est toujours la meilleure

le 14 janvier, 2015 dans Asservissement moderne par

D’ailleurs, il faut bien que cela arrive tôt ou tard, qu’on vous classe. » – Céline

C’est bien pratique cette morale à deux cases, ça évite de réfléchir et donc de débattre. C’est d’ailleurs ainsi qu’on instaure une dictature sans recourir à la violence.
D’un coté le bien, toujours cautionné par les pouvoirs en place, et de l’autre le mal, ou l’équivalent de tout ce qui pourrait les remettre en question. Vous pouvez avancer les arguments les plus indéniables ou apporter les preuves les plus rationnelles, si vous n’êtes pas dans le bon camp, tout ce logos s’annule comme par enchantement…enchantement diktacratique. Si, en revanche, vous vous contentez de clamer en terrain balisé les sornettes légitimées par l’oligarchie, nul besoin d’en apporter des justifications, vous êtes dans votre bon droit…celui garantissant le confort de votre servitude.
N’a-t-on jamais entendu un perroquet s’exprimer autant qu’en cage ?

Tout pouvoir cherche à perdurer. Pour assurer ses abus, il lui suffit d’aliéner ceux qui le subissent par une propagande adéquate, diluée autant dans les écoles que dans les médias. Un formatage en règle donc, où les plus obéissants sont récompensés par leur collaboration exemplaire. Les insolents sont, quant à eux, jetés aux orties et, s’ils persévèrent dans leur effronterie, la loi sera là pour faire taire définitivement le mal qu’ils s’obstinent à véhiculer. Soit une jurisprudence bien huilée entravant tout dialogue et toute remise en cause jusqu’à condamner tous ceux capables de bouleverser radicalement la donne.

La plupart d’entre nous se contentent d’écouter ce que disent nos maîtres sans même chercher à regarder ce qu’ils font.
Saturées de discours philanthropiques, nos consciences corrompues se rassérènent et réprimandent le premier parasite venu, qui invite à remettre en question la matrice. Surfant sur nos émotions, nous nous gavons de réflexions twittées jusqu’à empêcher toute pensée d’évaluer, avec le recul nécessaire, la profondeur et la relativité des choses. C’est ainsi que nous zappons la liberté quand elle se présente à nous…

Vous aviez refusé de trinquer avec Colin Powell ? Les versions officielles du gouvernement comme des médias ne vous satisfont pas ? Vous voilà complotistes !
Vous lisez Cheikh Anta Diop ou Paul Rassinier ? Vous proposez un autre angle d’attaque de l’Histoire ? Vous mutez révisionnistes !
Vous préférez Robespierre à Danton, Makhno à Lénine, Chavez à Obama, Kadhafi à Ouattara, Poutine à Merkel, Soral à Botul ? Vous flirtez avec le fascisme !
Vous estimez bien plus la sagesse des ascètes, la foi des dévots et la misère des cancres que les névroses des décadents, les certitudes des branchouilles et l’arrogance des bobos ? Vous devriez avoir honte !
Vous optez pour un journalisme indépendant et vous vous méfiez d’une presse sponsorisée ? Mauvaise pioche !
Peut-être, alors, aurait-il fallu que nous écoutions plus attentivement tous ces artistes prêchant l’amour du prochain avec des mélodies charitables et démagogiques ? Ces bouffons savent si bien user de leurs charmes qu’ils ramèneraient même une majorité de sourds dans le droit chemin.

On peut tout exprimer et, le plus néfaste des propos doit être combattu – et vaincu – par la parole et non par un refus de celle-ci, non par un abus de pouvoir. Qu’a-t-on à craindre du pire des discours si ce n’est sa vérité ? S’il incite au crime ou à la haine, résistons par un éloge raisonné de la justice, de la réconciliation et de la paix. En excluant ceux qui ne pensent ni ne s’expriment comme nous, nous devenons à notre tour les ennemis de toute véritable démocratie, celle dont le nerf demeure dans la confrontation d’idées ou dans le débat libre de toutes contraintes et restrictions. Ceux qui refusent cette dialectique deviennent irrémédiablement les apôtres de la diktacratie.

[Texte extrait du livre Démocratie radicale contre diktacratie]

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