La Libye bientôt cuite

La Libye bientôt cuite

le 27 juin, 2014 dans Inter-national par

Pour la deuxième fois depuis l’assassinat géostratégique du colonel Kadhafi, les Libyens ont été conviés aux urnes pour élire les quelque 200 membres du Congrès général national, sorte de bidule faisant office de Parlement dans la nouvelle riante et pétillante Libye au service de l’Empire.

A n’en pas douter, les nouveaux élus sauront perpétuer l’enfoncement de leur pays dans le chaos total. A l’image du Congrès sortant, largement responsable de l’instabilité du pays par son échec complet à rédiger une Constitution, ainsi que par sa collusion notoire avec les milices armées, et par sa conception très particulière de la démocratie en s’auto-accordant en février dernier un prolongement de 6 mois dans son mandat.

Un panier de crabes où les polisseurs de chibres du dieu dollar – on dit aussi des libéraux – siègent à côté d’enturbannés salafo-utiles. Chacun contrôlant plus ou moins l’autre par ses accointances douteuses. Quand l’ancien Premier ministre Ali Zeidan a été enlevé au grand jour, en plein Tripoli, en octobre dernier, ses ravisseurs appartenaient à une milice alors contrôlée par le président du Congrès. Un chouette pays que cette Libye new generation !

Début mai, la Libye a vu double avec deux Premiers ministres et donc deux gouvernements. Celui du sortant, Abdallah al-Thani, et celui d’Ahmed Meitig, alors tout juste élu par le Congrès, dans des circonstances plutôt troubles. Des hommes armés avaient fait irruption lors du vote pour apporter leurs conseils éclairés aux députés. Depuis, la Cour suprême a tranché en faveur d’al-Thani. Charge au nouveau Congrès d’élire un nouveau Premier ministre.

Enfin, si le général Haftar et ceux qui le soutiennent le veulent bien… Khalifa Haftar avait 26 ans en 1969 quand aux côtés de son ami Mouammar Kadhafi il participa à la prise du pouvoir contre le roi Idris 1er. Quarante-cinq ans plus tard, après avoir trahi son pote Mouammar pour le compte de la CIA, le général Khalifa s’en est allé en guerre contre le foutoir libyen, à la tête de son autoproclamée « armée nationale libyenne ». Contre les milices islamistes de Benghazi qui tiennent trois terminaux pétroliers, et aussi contre le Congrès qu’il a attaqué avec ses hommes au mortier il y a un mois pour exiger sa suspension. Un coup de force qui a fait plus d’une centaine de morts et 80 blessés en quelques heures.

La nouvelle Assemblée élue en Libye devra se pencher sur le cas du général Haftar, à moins que ce ne soit ce dernier qui tire le premier. Pour l’instant, Washington déclare « ni soutenir ni appuyer » la campagne militaire de son ancien protégé. En clair, les Etats-Unis attendent que le fruit soit bien mûr, voire même franchement pourri. Ça ne devrait plus tarder.

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1 Commentaire

  • charlene demain dit :

    Bravo à Nico Ramirez de dire les choses comme elles se posent.
    L’affaire Libyenne ne se comprend que relativement aux Russes, en définitive.
    Les américains savent qu’ils les affronteront bientôt, que la 1er étape sera en Afrique.
    L’analyse est joliment faite par http://lesnouvellesdufutur.fr/ voir le PDF de synthèse.
    Il faudrait que, enfin se développe un front anti américain SAIN, alors peut-être que les US reviendront à des sentiments plus civils à l’égard de tout ce qui n’est pas américain ? Hope So !

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