La dette (partie 2: le temps d’un crédit)

La dette (partie 2: le temps d’un crédit)

le 01 août, 2012 dans Dictature de l'économie par

Les intérêts perçus par les banques privées sur notre monnaie, qu’elles créent et prêtent, s’accumulent forcément de par leur nature ex-nihilo et s’additionnent aux remboursements en cours. L’intérêt ne peut ainsi que favoriser la floraison de la dette. Il ne reste plus qu’à emprunter de nouveau et, comme l’écrivent si clairement Holbecq et Derudder dans La dette publique, une affaire rentable : « la part d’argent créé servant l’économie réelle diminue par rapport à la part de l’intérêt ».

En définitif aujourd’hui toute la monnaie en circulation est créditée par les banques privées. Pour rappel: si l’Etat, les entreprises ou les ménages veulent de l’argent, ils s’enquièrent par un crédit auprès des banques commerciales : ils l’achètent en le débitant de leur compte courant. D’ailleurs n’appelle t’on pas « cartes de crédit » les cartes bancaires ?

Fini le temps où l’argent qui dormait à la banque était l’argent que l’on avait déposé. Fini aussi le temps où la monnaie avait son équivalent en métal noble ou précieux. L’argent s’est affranchi de la rareté. Il n’a désormais plus aucune valeur en soi mais seulement celle que nous lui accordons. La monnaie s’étalonne donc sur la confiance que nous lui estimons pour son utilisation.

L’argent n’existe ainsi qu’entre son emprunt et son remboursement. Que l’instant d’une dette.

Si aujourd’hui tout le monde remboursait ses dettes, il n’y aurait plus de monnaie ! En effet, ce n’est plus le dépôt qui détermine le crédit mais le crédit qui définit le dépôt ! La masse monétaire ne se mesure désormais que virtuellement : les banques prêtent vie à la monnaie par inscription dans les comptes bancaires dont les principaux instruments d’utilisation et de circulation sont les chèques et les cartes bancaires. C’est ce qu’on appelle la monnaie scripturale. Elle représente 93% de l’argent mondial. Le reste de la monnaie, ce que nous appelons le « liquide », l’argent sous forme de pièces et de billets, produite par les banques centrales, est appelée fiduciaire. Elle repose sur la confiance (fiducia en latin) en la valeur mentionnée sur la pièce ou le billet, valeur bien plus élevée que le papier et l’encre du billet ou que le poids de la pièce.

En bref, l’argent moderne existe par le biais du crédit. Autrement dit la masse monétaire équivaut à la dette. Aujourd’hui être riche ce n’est plus posséder des tonnes d’or en dépôt, c’est avoir la possibilité de s’endetter plus que les autres.

                                                           Cédric Bernelas

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