Kemi Seba : « l’enfant terrible du panafricanisme »

Kemi Seba : « l’enfant terrible du panafricanisme »

le 04 mai, 2013 dans Afrique par

Sur la scène de la dissidence africaine au 21ème siècle, son cas est quasi unique. Il est de ceux qui vont au bout de leurs idéaux, et même au delà, de ceux qui  font ce qu’ils disent et disent ce qu’ils font, que cela plaisent ou non.

Depuis 1999 (date de ses débuts), grand critique de l’oligarchie de France qui asphyxie l’Afrique avec l’aval des potentats africains eux mêmes , il n’aura pas hésité, accompagné d’un groupe d’Hommes de main, à défier physiquement en France dès 2006 les milices organisées de l’Empire (LDJ, Betar etc), quitte à se retrouver incarcéré pour avoir osé braver l’interdit et dénoncé le lobby sioniste qui maintient sous tutelle les revendications des afro-descendants installés en territoire occidental.

Capable de bien des prouesses, il aura aussi montré qu’à la force physique pouvait se rajouter la force mentale !

En tenant debout malgré le fait que le gouvernement français, décida d’interdire entre 2006 à 2009 , quatre de ses organisations identitaires panafricaines, et de l’assigner à résidence en 2010 toujours au nom du motif  fourre-tout de « troubles à l’Ordre public ». Intensément surveillé par la section anti-terroriste , il continuera toujours, durant le début des années 2000, à mêler négritude , panafricanisme, à la lutte acharnée contre l’Empire.

Charismatique et excellent orateur, il se fait une spécialité de prendre la parole aussi bien dans la rue que dans les salles de conférences, afin de conscientiser les masses immigrées africaines vivant « l’eldorado français » tel un désenchantement, rappelant à ces dernières la nécessité de rentrer tôt ou tard sur leur continent. Au contraire d’un Dieudonné (bien plus universaliste et moins communautaire que KS), Kemi Seba ne cache pas sa volonté et sa préférence  de vivre avec les siens, de revaloriser les siens, et de se battre pour reconstruire sa terre Mère.

Prenant à contre-pied toutes les critiques visant à le faire passer pour un  provocateur se présentant comme panafricain  qui ne rentrerai jamais chez lui afin de reconstruire cette dernière, car  préférant le confort de la France, il largue les amarres en 2011 au Sénégal, après avoir été nommé porte parole de la Société AfrikanMosaique, une entreprise à l’idéologie panafricaine ayant déboursé plus de 500 000 euros en moins d’1 an pour  le développement de l’Afrique. (En huit mois, il parvient à faire venir plus de 80 % des actionnaires de la société).

Refusant la victimisation et l’afro-pessimisme grandissant au sein de sa communauté africaine, il développe un discours articulé autour du triptyque qui, selon ses propres mots, résume sa pensée, à savoir  :

« l’auto-détermination, l’anti-victimisation, et la virilité ».

Inspiré par ses prédécesseurs panafricains Nkrumah, Lumumba, Nyere, Um Nyobe, ou encore Sankara, mais refusant de les sanctifier (comme le font 80 % de ses collègues panafricains ), il tente de pousser plus loin la réflexion du panafricanisme révolutionnaire en pointant du doigt le panafricanisme d’opposition, précisant  que « ce n’est pas simplement sur le fait de savoir contre qui on s’oppose qui garantira la survie de l’Afrique, mais bel et bien de comprendre ce qu’on propose comme alternative à la pieuvre de la France-Afrique « .

Théorisant et mettant en application le panafricanisme de construction, il expérimente de manière concrète la mise en place de villages autonomes panafricains, portés sur l’écologie, et dans la répartition égale des richesses.

Fort de son expérience de tribun, il devient rapidement un conférencier prisé et de choix pour la jeunesse africaine, qui ne cesse de le solliciter au sujet des questions relatives au panafricanisme de construction.

Activiste et redoutable communiquant, il lance en Août 2011 : Afro-Insolent !

Un programme web radio panafricain dissident qui devient rapidement le plus écouté de sa catégorie dans la sphère francophone. Suite au succès de cette dernière, il recrute des journalistes panafricains et lance sa web-radio, Afro-Insolent Radio, se servant de la même recette qui a fait le succès originel de l’émission, à savoir être capable de mêler la provocation à une grosse dose d’information.

Disciple et représentant officiel (dans la sphère francophone)  du Dr.Khallid Abdul Muhammad (guide du New Black Panther Party, organisation afro-américaine séparatiste et panafricaine), il ne cache pas son  mépris aussi bien pour les suprémacistes blancs que pour ceux qu’il appelle les masturbateurs pseudo intellectuels afros, connus sous le nom d’Afro-centristes, qui d’après lui mythifient l’Afrique, mais refusent d’y mettre les pieds pour la développer.

A seulement 30 ans, il est considéré par bon nombre de dissidents, comme l’un des principaux espoirs du panafricanisme au 21ème siècle.

Ce fut donc un Honneur pour Diktacratie, de devenir il y a maintenant un an l’un des partenaires d’Afro-Insolent Radio, sa plateforme de communication panafricaine. Nos efforts conjoints, ont permis et continueront d’ouvrir les yeux aux damnés de l’impérialisme au 21ème siècle.

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