J’achète donc je suis

J’achète donc je suis

le 13 mars, 2015 dans Asservissement moderne, Dictature de l'économie par

 Comme la plus heureuse personne du monde est celle à qui peu de choses suffit, les grands et les ambitieux sont en ce point les plus misérables qu’il leur faut l’assemblage d’une infinité de biens pour les rendre heureux. »      -La Rochefoucauld

Quel est l’intérêt de nos maîtres financiers ?

Dominer. Posséder un maximum de richesses c’est affirmer sa toute puissance. Leurs buts: la préserver en la rentabilisant. Dans leur jargon: tirer profit. Et comment peut-on au mieux tirer profit sinon en dépouillant autrui ?

Dépouiller brutalement en pillant les matières premières de ceux qui, chez eux, naissent perdants d’un jeu auquel ils n’ont jamais souhaité participer. Là de l’or, ici du coton ; je viens je m’approprie, je dépossède et je vole, puis je prête car j’infrastructure, j’exploite et j’endette. Enfin je spécule. Voilà une main d’œuvre, elle bien visible, et surtout bon marché qui ne demande qu’à travailler pour survivre sur une terre que l’on a corrompue à force de mondialiser. Voilà des hommes devenus superficiels : ils n’ont d’intérêt que dans le capital qu’ils représentent. Voilà les esclaves du marché, descendants d’esclaves de race et qui travaillent comme tels, utiles car rentables à l’enrichissement d’un maître rentier qui n’a que faire des leçons d’histoire et de morale. Elles ne lui rapportent rien. Paupériser là-bas pour mieux s’enrichir ici. Pour qui tout le pétrole de l’Irak, du Nigeria, de la Libye, tout l’or du Ghana, d’Afrique du Sud ? Pourquoi le coût de production du coton burkinabé est-il le plus bas du monde ? Pourquoi la guerre au Mali puis en Centrafrique ?

Dépouiller insidieusement en incitant à consommer l’inutile, en créant du besoin là où le plaisir n’est même pas nécessaire. Personne n’y résiste car le mouvement du monde oblige à suivre ce que l’on croit utile à notre développement personnel et à notre intégration sociale. Je paie donc je peux. J’achète donc je suis. J’ai donc je jouis.

Les hommes ne s’estiment que par ce qu’ils ont et s’ignorent pour ce qu’ils sont.

[Texte extrait du livre Démocratie radicale contre diktacratie]

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22 Commentaries

  • Douglas dit :

    All our lives we sweat and save
    Building for a shallow grave
    Must be something else we say
    Somehow to defend this place

  • Solo Necrozis dit :

    Texte très concis, mais tout est là. Triste réalité. Je me demande encore quelles sont les armes vraiment efficace que nous avons pour changer les choses.

    • Je cherche comme toi les armes les plus efficaces quant à cette contagion qui semble inéluctable. Jusqu’à peu j’étais franchement pessimiste. Maintenant j’espère que Diktacratie.com pourra offrir quelques propositions concrètes sans pour autant revendiquer le Grand Soir!
      Mais avant de proposer quoi que ce soit nous tentons de démystifier un maximum de rouages qui structurent ce putain d’Empire!
      De Spartacus à Sankara la fatalité a parfois été vaincue, même si ces exceptions se comptent sur les doigts d’une main…et n’ont duré que le temps d’une parenthèse!

    • Gabrielle dit :

      Ton portemonnaie est une arme. Ta contestation par l’argent que tu as dans ton portemonnaie et l’arme la plus convainquante qui soit. L’elite oligarchique n’est sensible qu’au frique. Ils en sont tellement conscient qu’ils veulent meme suprimer la monnaie par une puce electroniqque qu’ils veulent t’induire Sous la peau comme un barre code. Effrayant ne croyer pas sans dire cela exciste deja meme en espagne dans certains club ou boite de nuit branchees cette puce est inseree Sous ta peau aussi pour payer tes consommations. Bonjour le progres!!! Nous sommes presque devenu des marchandises si personne Ne reagit il Ne faudra pas se plaindre de n’avoir rien fait a temps. A bon entendeur salut.Gabrielle

  • Roberto dit :

    Tout-à-fait d’accord avec Solo triste réalité!triste réalité encore que d’entendre Mr Guéant et ses reflextions sur les civilisations on n’a l’impression d’être aux 19 éme siècle et de faire du surplace….
    Bravo Cédric pour cet article il faut méditer cette belle phrase de La Rochefoucault qui pose le problème de la misére et de la redistribution dans le monde.Roberto

  • Henri Robert dit :

    Article magistral ; illustrant la triste réalité d’aujourd’hui ; comment échapper à cette spirale? Dur ; dur…
    Mais merci pour cette profonde analyse…

  • Seb LEONE dit :

    Brillant article, félicitation pour ton analyse.

    je partage l’avis de Solo, Roberto et H-Robert. Soyons nombreux à penser la même chose et plus encore à agir pour obtenir justice.

    Merci

  • Ghislaine69 dit :

    Il est clair que l’analyse de la situation est indéniable. L’esclavage des plus pauvres par le vol de leur richesse à toujours été pour satisfaire le confort des plus riches. La croissance économiques des pays déjà riches implique l’exploitation des ressources des pays du sud.
    Nous vivons dans un système qui pense pouvoir agrandir ces richesses sans fin, en niant les limites matérielles et humaines.
    Que faire ? rechercher une stabilité ?
    Je pense qu’il faut se libérer des vieux schémas, qu’il faut passer par une révolution pour changer notre mode de consommation. Si les individus prennent conscience de leur pouvoir en modifiant leur vie, les institutions devront s’adapter ou disparaitre.
    Éveillons notre esprit libre et agissons avant qu’il ne soit trop tard :)

  • Bess dit :

    bonjour , j’ai développé une petite technique qui m’a était utile pour pouvoir étre actif dans cette société de consommation sans me trouvé perdu dans le cercle vicieux de la consommation . cette technique je l’appelle réduire la chose ou le produit acheté a son but .ex : je suis dans l’obligation d’acheter une voiture ? alors je cherche en ayant comme priorité : trouver une voiture qui m’amène du point a au point b . Je suis dans l’obligation d’acheter un cellulaire ? alors j’achète un cell qui me permet d’effectuer des appels seulement , enfin je cherche un cellulaire ou il y a juste ce critère , pas besoin du reste ect ect .. réduire la chose a son but principale . Aussi , faut pas oublier d’avoir la conviction d’acheter qu’en extrême nécessité , donc la tu commences a prioriser juste ce dont ta vraiment besoin histoire de limiter la consommation… puis surtout travailler sur cette conviction .. le bonheur ou même l’épanouissement ne s’achète pas avec de l’Argent, et ceux qui pensent le contraire sachez qu’ils sont enfermé dans une fausse réalité..donc pas le peine de chercher le bonheur en se renfermant inconsciemment dans le cercle vicieux de consommation ..

  • niko dit :

    non mais vous débarquez ou quoi les gens? allô! ca fait plus de 100ans qu’on se languit dans un régime capitaliste libéral, voire hyper-libéral. Et c’est seulement maintenant qu’on prend conscience des répercussions? Inconscience pathétique ou simplement déni de la crasse que génère notre mode de vie, qui est bien confortable malgré tout?

    on ne peut pas être hypocrite sur ce point, alors ok demain on arrête d’exploiter les puits et gisements, et après? Qui, en occident, sera capable de se passer de tout le confort et de toute la technologie que notre conquête du bonheur factice aura généré? Qui a de vraies solutions de remplacement, par des énergie dites durables par exemple? Comment subvenir à nos besoin, nous goinfres européens, sans altérer les économies et/ou le mode de vie des pays émergents?

  • tjpsi dit :

    Bel article, merci Benoît.

    Pour ma part, je n’y vois ni plus ni moins que l’expression de nos gènes. Je m’explique :
    Si l’on étudie les instincts « animaux » propres à l’espèce humaine, on retrouve entre autres la prédation, et le besoin de domination (surtout chez les mâles). Et ces instincts sont bien ancrés en nous, car d’un point de vue génétique, nous sommes encore très proches de nos ancêtres lointains, premiers homo sapiens.
    Oui mais voilà, notre comportement individuel est proche de celui des loups (mâles dominants, solidaires dans la meute et solitaires en dehors) et nous essayons de vivre comme des fourmis (tous égaux, voire tous des clones, disciplinés à l’extrême, patriotiques jusqu’à la mort). Il n’y a guère que notre propension au panurgisme qui nous éloigne du loup :-)

    Aussi, si l’on veut changer le monde et inventer un modèle de société idéal, il faut au préalable se poser certaines questions :
    – faut-il réprimer ces instincts qui paraissent néfastes à la vie en société ?
    – ou faut-il les accepter, mais trouver des moyens pour les décourager au maximum, et surtout pour protéger l’intérêt général, les personnes et la Nature ?
    – ou faut-il les accepter complètement, comme faisant partie de notre nature, mais revenir à un modèle de société plus compatible (par exemple, une organisation en tribus) ?

    Et avant de vouloir construire un idéal de paix et de justice, il faut aussi reconnaître et accepter le positionnement suivant : l’espèce humaine est en scission avec la Nature.
    En effet, dans la Nature, c’est la loi du plus fort qui règne avant tout : chaque écosystème constitue une chaîne alimentaire impitoyable, où l’on pourrait comparer la hiérarchie des espèces à celle des castes. Dans la Nature, la paix n’est jamais qu’apparente, tant le nombre de morts violentes à la seconde est important. Dans la nature, il n’y a ni justice … ni injustice.
    Ce que je veux dire par là, c’est que nos idéaux n’ont rien de naturel, et sont a fortiori étrangers à notre nature humaine, et qu’il faut juste en avoir conscience.

    Et à ceux qui, malgré tout ce que je viens de dire, croient qu’il est possible et souhaitable d’inventer un modèle de société où les Hommes vivraient en harmonie entre eux et avec la Nature, je dirai ceci : rompons avec notre nature, mais sans tomber dans l’artificiel, et ayons des rêves surnaturels !
    ¡Viva la Revolución!

  • Thierry dit :

     » et nous essayons de vivre comme des fourmis (tous égaux, voire tous des clones, disciplinés à l’extrême, patriotiques jusqu’à la mort.  »
    J’ai envie de répondre : si c’était cela le monde serait bien différent du nôtre.
    Je m’explique : la fourmi n’a qu’un seul but dans ses actions : le bien de la communauté, de l’ensemble de la société dans laquelle elle vit ( jusqu’au sacrifice d’elle-même si cela est nécessaire pour l’avenir de la communauté ).

    Il me semble bien que nous sommes à l’extrême opposé de cela : nous ne cherchons (globalement) que l’assouvissement de notre personne, de nos désirs ou besoins personnels dans une société qui renforce cela en valorisant l’aspect « ego » de chacun d’entre nous.

  • Thierry dit :

    et donc qu’il y est l’asservissement et tout ce qui peut-être décrit dans cet article, doit nous renvoyer (impérativement selon moi) au choix (au pluriel) personnel qui nous guide dans beaucoup de nos actions, de nos pensées, de nos jugements.

  • tjpsi dit :

    Thierry, je suis bien d’accord, l’individualisme est intrinsèque à l’Homme, et il ne peut et ne doit être ignoré ni réprimé, c’est une des composantes de notre sacro-saine liberté.
    La question est de savoir comment cet individualisme peut être compatible avec la vie en société, comment conjuguer 7 milliards d’individualités avec l’intérêt général.

  • Ouas Ziani dit :

    Je vole, donc j’existe et l’autre de répondre: je me fais voler, donc j’existe. Tant qu’il y a consentement, je ne vois pas de viol.
    Au fait, Cédric, qu’elle était l’œuvre de la Rochefoucauld parmi les Touareg ?

  • croyant dit :

    Les écritures sont claires à ce propos.
    Doctrine et alliances 121 :
    39 Nous avons appris par triste expérience qu’il est de la nature et des dispositions de presque tous les hommes de commencer à exercer une domination injuste aussitôt qu’ils reçoivent un peu d’autorité ou qu’ils croient en avoir.

    40 C’est pour cela que beaucoup sont appelés, mais peu sont élus.

  • Ludovic dit :

    Bonjour,
    Oui sur le fond. Mais c’est un peu juste d’accuser le vieux système colonialiste, qui a certes une large part de responsabilité, sans y inclure les dirigeants Africains et leur gouvernement totalement corrompu.
    Alors on peut aussi se dire que ces gouvernements sont mis en place par les européens, mais il faut aussi accuser les gouvernements indignes qui s’enrichissent en laissant leur pays aux proies des grands groupes industriels.

  • kimo dit :

    Je vous fait part d’un texte que j’ai écris dans le même sens intitulé :
    « Ouf, la crise arrive ! »

    Ne croyez pas ces menteurs qui vous disent que ce monde horrible a toujours été tel quel. Il fut un temps où hommes et femmes eurent une culture. Il fut un temps ou l’honneur avait plus de valeur que l’argent.

    Il fut un temps où nous étions sûrs de notre force, sûr de notre famille, sûrs des valeurs que nous défendions. Nous fûmes un peuple heureux …

    Puis nous abandonnâmes toute moralité, en nous battons pour nos intérêts individuels. Nous nous séparâmes de nos compagnes, sans nous préoccuper plus que cela de nos enfants. Dès que nous eûmes de l’argent, nous organisâmes le génocide de toute une génération. Nous oubliâmes de nous aimer. Les femmes firent passer l’argent et leur insertion professionnelle, avant leur famille. Les enfants étaient de plus en plus seuls, dépressifs, de plus en plus suicidaires.

    Puis les hommes, dans leur cupidité, ne voulurent plus manger mais voulurent se gaver. Les ingénieurs ne choisirent pas de faire mieux, mais de faire plus, à moins cher. Ils délocalisèrent le pays, considérant leurs frères comme une donnée de l’équation économique mondiale. Au lieu de s’attaquer à cette mentalité de rapaces, nos hommes politiques agirent en rapaces …

    Mais aujourd’hui, je parle au passé, car, ô bonheur céleste, cette époque est terminée.

    J’ai attendu longtemps cette époque. Je la vois arriver avec joie. L’époque où l’argent n’aura plus de valeur, où nos guichet automatique seront tous hors service. Fini les années d’indifférence pleines de pognon, les années à fric où il n’y en avait jamais assez. Les crédits qui nous ont eu à l’usure suçant notre sang, et liant nos poings derrière un taux d’intérêt sans cesse croissant. Mais ça y est, nous nous en sortons. La solidarité que nous allons reconquérir sera une solidarité forcée, mais une solidarité tout de même. Il est temps de reconstruire un monde plus humain et vivre une vie qui en vaille la peine. Il est temps d’avoir froid l’hiver, de nous tenir au chaud, ensemble, de nous raconter des histoires au coin du feu, de nous cultiver, réfléchir, aimer, et commencer à vivre, pleinement. Enfin ! Notre argent ne servira plus à rien !

    Ouf, la crise arrive :)

  • enebre dit :

    Magnifique Cédric, en moins de vingt lignes, c’est une belle prouesse.
    Et tout est dit, mais pour la solution à cette misère qui nous arrivent droit dessus telle une tempête arrivant avec ses déferlantes, ses bourrasques, et semant la mort sur son passage.
    Pourtant une offrande aux dieux pourrait nous sauver de cette misère, raviver nos âmes et rajeunir nos corps.
    L’offrande serait offrir aux dieux la plus belle, la plus riche, la plus en vue, la plus forte, oui cette frange de notre société qui aime à se nommer l’élite de l’humanité.
    Voilà ou nous en sommes Cédric… Enfin selon moi c’est sans sacrifice point de salut.
    Nous pourrions après l’offrande établir un jour férié pour verser une larme (de crocodile) en mémoire de cette beauté sacrifiée pour la sauvegarde de l’humanité.
    Oui bien sur nous serons tout perdu de perdre cette lumière de nos espérances, cette force de dissuasion, ce bel exemple de réussite, mais nos dieux sont impitoyables et comme toujours réclament nos plus beaux joyaux.
    j’exprime un soupir et verse une larme à tant de beauté sacrifiée.
    On ouvre quand l’embauche des bourreaux…

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