Il n’y a pas d’innocents

Il n’y a pas d’innocents

le 17 avril, 2015 dans Asservissement moderne, Provoquer le débat par

 

Galvanisé par ma petite bourgeoisie urbaine, j’ai longtemps cru à la destinée tragique de l’Homme. Celle qui sauve votre conscience quand elle perçoit, trop lucide, qu’elle collabore si aveuglément à cette machine infernale fabriquant du désordre social.

La vie est une vraie loterie : bien né, bien éduqué, bien logé, grande sera la probabilité de réussir là où ceux moins bien lotis luttent pour survivre. Mais ça tout le monde le sait, tout le monde le dit.
Alors pourquoi rien ne change ? Pourquoi tous s’enorgueillissent d’une égalité qu’on ne trouve pourtant  nulle part ? Car seuls les cyniques et les rampants peuvent se faire bonne place au banquet.

Les Hommes ne naissent ni libres, ni égaux.

La France peut parader avec ses Droits de l’Homme ou son fronton républicain clamant la fraternité, la liberté et l’égalité de tous. Un prestige vaut bien quelques mensonges. Et puis, on peut bien tolérer ses ingérences et sa volonté farouche de partager les vertus démocratiques. Il faut bien qu’elle pille et qu’elle bombarde pour maintenir son rang de Grande Puissance… C’est même de bonne guerre !

Mais à défaut de mondialiser ses principes républicains peut-elle les garantir sur ses propres terres ?
Je croise tous les jours des petits, des sans grades, des désoeuvrés, des miséreux… il semblerait qu’on persiste à les oublier. D’ailleurs peut-on faire quelque chose pour eux ? C’est quand même bien pratique une crise
Quant aux autres, ils ne s’appauvrissent plus, ils s’endettent. L’intérêt de la survie aujourd’hui c’est dans le crédit qu’il se trouve… Qui s’en plaint ?

L’hédonisme libéral a supplanté tout désir de liberté. C’est ainsi que l’électeur s’est substitué au citoyen. Il choisit régulièrement quelques potentats fripons, qui de par  leur allégeance au grand capital, encourageront encore et toujours notre aliénation consumériste.

Travail, chômage, pouvoir d’achat… voilà de vrais mots pour notre fausse démocratie. En effet, le peuple n’a pas le pouvoir et n’est pas prêt de l’avoir. Il se contente de cracher dans la soupe pour se croire libre. On le laisse faire, du moment qu’il continue à voter pour ceux qui ne partagent ce pouvoir que l’instant d’une parole, d’un mensonge.
Notre servitude volontaire glorifiée par ces élections ne peut perdurer !

Il n’y a pas d’innocents, comme disait mon ami Emile. Soit on sauve personne, soit on sauve tout le monde.

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4 Commentaries

  • mehdi dit :

    Un article intéressant…une certaine réalité dans un monde d’illusion.

  • Pierre dupont dit :

    article de surface mais qui a le mérite de souligner le malaise de notre système capitaliste dépassé. De quoi avons nous besoin dans l’existence sitôt les besoins primaires assouvis ? Devons nous continuer à surproduire des choses et des machins ? La valeur d’un individus se situe-t-elle dans sa position sociale? Notre société comprendra-t-elle que la hiérarchie imposé par la finance, et donc l’exploitation de l’homme par l’homme, est une impasse et que vivre heureux n’est pas forcément dans l’excès matérialiste, dans la transfert de l’être vers l’avoir ? Cet article pose les problèmes sans évoquer les solutions, mais il a le mérite d’exister et d’oser mettre les pieds dans le plat.

  • enebre dit :

    Bonjour Cédric.

    Encore une de tes toiles, comme un artiste peintre tu dessines toujours sur le même thème.
    Cette Société d’injustice et de décadence, pour ne pas dire de déchéance.

    Mais lorsqu’on te demande ce qu’il faudrait faire faire, de proposer des solutions, d’offrir une feuille de route, là c’est le silence assourdissant de l’écho qui pèse à l’éditorial de Diktacratie.

    Et je crois avoir compris le pourquoi, car je sais que tu es suffisamment intelligent pour en avoir étudié les différentes possibilités et bien sûr, toi comme nous tous, tu as bien compris mais n’ose le dire, car ce n’est pas politiquement correct d’énoncer les stratégies de « guerrière » car il faut bien appeler un chat un chat, d’ailleurs  ci-dessous en copié/collé

    Warren Buffet, grand financier américain, di­sait-il il y a deux ans :  » Tout va très bien pour les riches dans ce pays, nous n’avons jamais été aussi prospères. C’est une guerre de classes, et c’est ma classe qui est en train de gagner « .
    Et David Rockfeller, à l’origine de la création du Groupe de Bilderberg et de la Trilatérale, expliquait dans Newsweek International du 01/02/99 ce qu’il pensait de la démocratie :  » La souveraineté supranationale d’une élite intellectuelle et de banquiers est sûrement préférable au principe d’autodétermination des peuples « .
    Perspectives
    Sans doute le capitalisme qui semble aujourd’hui tout puissant est-il cerné par d’immenses failles : l’obstacle de la planète qu’il détruit se rapproche de plus en plus nettement et la folie de la spéculation financière fait même régulièrement frissonner ceux qui jouent avec les hommes et la nature.
    Sans doute la police des corps (fichage, répression) s’avére-elle insuffisante puisque, malgré son poids croissant, le recours à la police des esprits atteint des niveaux inouïs : dans les médias la désinformation, la crétinisation et la mise en avant de boucs-émissaires culminent avec l’instillation d’une peur permanente par l’évocation de menaces d’attentats et même leur commission : le 11 septem­bre, pour qui s’en tient plus aux lois de la physique qu’à celles de la propagande, a tous les traits de l’incendie du Reichstag du XXIe siècle (sur cette question, voir notamment le site : reopen911.info).
    Mais il ne faut rien attendre des faiblesses du capitalisme (la bourgeoisie préférera  » une fin effroyable à un effroi sans fin « , disait Marx) et face à une guerre de classes, à une guerre contre la démocratie, le plus urgent est sans doute de dire que nous sommes dans cette situation-là ; et qu’il faut en tirer les conséquences : il n’y a rien à négocier et tout à gagner par la lutte.
    Richard Abauzit.http://www.lacommune.org/Parti-des-travailleurs/blog/Dossiers/La-dictature-des-actionnaires,i535.html

    La seule stratégie qui pourrait fonctionner, est la même stratégie qu’applique actuellement les USA et l’OTAN à l’encontre des ennemis de la finance occidentale, ils appliquent l’élimination de type chirurgicale.

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