Ignorance programmée

Ignorance programmée

le 12 novembre, 2015 dans Asservissement moderne par

Pourquoi nous trouvons nous si démunis à une époque où les savoirs sont accessibles et les bibliothèques ouvertes à tous ? Pourquoi même les étudiants déplorent une connaissance lacunaire des mécanismes de l’appareil gouvernemental ? Pourquoi sommes-nous tels des enfants face à des maîtres ? Pourquoi ce qui relève de l’évidence prend des allures de révélations ou de secrets d’initiés ?

Les révolutions « démocratiques » du XVIIIe prétendaient exiger de la population française qu’elle devienne dans sa majorité, des citoyens éclairés et critiques quant à l’évolution de leur République.
Comme le déplore le sociologue Christopher Lasch dans Culture de masse ou culture populaire ?  « Notre système d’éducation, de surcroît, repose de plus en plus sur ce principe implicite qui veut que les démocraties puissent fonctionner même lorsque les citoyens ne sont pas éduqués »

Or sans instruction politique le citoyen est relégué au rang de simple spectateur ! Cette évidence n’offusque pourtant pas le socialisme sauce caviar qui défend une inculture de masse en prétendant se soucier des aspirations populaires ! Faisant au passage l’économie du minimum ; car sauf utilité universitaire, qui connaît la Constitution ? Pourtant, ce qui chez nous apparait comme révolutionnaire, s’applique ailleurs, notamment au Venezuela. Ainsi les enfants du gouvernement Chavez apprennent à lire sur la Constitution !

Le pouvoir reste donc aux mains de ceux qui usent et abusent d’outils technocratiques à défaut d’être démocratiques, basant ainsi la mécanique sur les inégalités de classe. Et afin de toujours rester sur le haut du panier, la caste dominante sait pour quels enseignements opter : Science-Po, ENA, droit… En témoigne également la fulgurante et récente mode des prestigieuses écoles de commerce made in america… Butin assuré !

Prenons la dette souveraine par exemple, et son remboursement que l’on présente comme une fatalité. Comment le plus grand nombre peut-il en saisir les enjeux lorsque la création monétaire est à peine évoquée dans tous les enseignements de base ? Alors qu’elle est la clé même pour comprendre tout le fonctionnement économique de nos oligarchies bancaires mondiales. Comment pouvons nous continuer d’accepter toutes ces rhétoriques fallacieuses construites sur ces ignorances ? L’infantilisation progressive du citoyen, suivie d’une perfusion régulière d’abrutissements en tout genre, signera la mort clinique de son esprit critique.

Ainsi toutes les obscénités sont permises. Jacques Attali, conseiller d’état, ne se gênera pas pour culpabiliser le petit peuple – qui lui produit des richesses ! -, d’avoir été trop gourmand, et de mériter alors la récession ! Le pouvoir du peuple ne s’exerce que pour essuyer les bévues programmées ! Manipulation bien perverse au regard de l’absence totale de participation aux décisions…

Consulter le peuple sans jamais lui avoir fourni les moyens de comprendre les véritables enjeux, ce n’est ni plus ni moins qu’un jeu truqué…

Texte extrait du livre Démocratie radicale contre diktacratie

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10 Commentaries

  • kelly dit :

    Je vous invite à poursuivre avec le travail d’Etienne Chouard sur la création monétaire et l’urgente nécessité de retrouver son contrôle. Condition « sine qua non » pour un peuple souverain.

    http://etienne.chouard.free.fr/Europe/monnaie.php

  • cool raoul dit :

    constat alarmant de ce qui ce passe dans nos societés
    jusqu’où allons nous sombrer dans l’abrutissement general
    abrutissement et inconscience primordial pour le controle total de la masse
    populaire. »Ceux qui ne savent pas qu’ils marchent dans l’obscurité ne verront jamais la lumière. »bruce lee

  • DIO dit :

    Kelly , Kelly ,Kelly….
    Les révolutions du 18 ème siècle ne sont pas démocratiques , mais juste une manipulation du peuple par la bourgeoisie (et donc franc-maçonnerie) afin de devenir la nouvelle caste dirigeante en lieu et place de la noblesse.

    http://www.egaliteetreconciliation.fr/Marion-Sigaut-Les-lumieres-un-antihumanisme-12561.html

    Concernant l’école , à de rares exceptions , ce n’est qu’une forme d’application du déterminisme social.Certes beaucoup plus d’étudiants ont la possibilité de se former librement, mais ce n’est que la résultante du culte progressiste et de la tertiarisation de notre société:de nouveaux marchés,de nouveaux métiers qui demandent de nouvelles compétences, et donc les formations appropriées.
    Christopher Lasch a surtout montrer dans le livre cité dans votre article , la segmentation de l’enseignement qui formait un tout au préalable.Exemple dans l’enseignement général il y a la filière littéraire,économiques et scientifique.3 qui n’en formait qu’un par le passé.

    La différence entre la caste dirigeante et le peuple (sur le plan métaphysique) se résume à ceci:une bibliothèque sélective à la maison et la chance d’avoir des parents instruits qui accentueront et renforceront les capacités cognitives de leur progéniture.
    Un enfant né et ayant grandit dans un tel environnement aura toujours une longueur d’avance par rapport au bout de chou qui doit se contenter de la télé,les jeux vidéos et trainer dans la téci.
    Les établissements d’élites se contentent juste de regrouper ces enfants ayant déjà une éducation et une culture commune certaine.La ou un établissement de ZEP doit constamment rabâcher les bases, eux les maitrisent déjà.

    La suite n’est que la défense de leurs privilèges de caste:on ne peut tromper l’autre (le peuple)qu’en ayant une connaissance supérieure et en l’utilisant à son avantage

    http://www.youtube.com/watch?v=wEFgtxchVbs

    Pierre Hillard l’explique parfaitement (à partir de 13 min).

    Sinon ,c’est un bon article ,et je comprend parfaitement votre révolte,mais ne vous faites pas trop d’illusions , tant que nos compatriotes auront de quoi manger et se divertir , rien ne changera.

    Ah , dernier point , les bibliothèques sont indispensables pour se forger une solide culture classique gratuitement.Par contre à partir du moment ou vous souhaitez aller plus loin , il n’y a majoritairement que de la désinformation ou des œuvres de peu d’intérêts (prix à payer pour se faire éditer et exister dans le « système »). Pour éviter aux plus désireux de perdre leur temps:

    http://www.kontrekulture.com/
    http://www.egaliteetreconciliation.fr/-Livres-.html
    http://www.saint-remi.fr/index.php
    http://www.tilsafe.com/libfr/SFNT/Index.html

    Lisez et faites vous votre propre avis.

    Amicalement.

  • Ahima dit :

    Je comprends ta révolte frère de colère. Cependant se sont certainement parmi les moins ignorants de nous tous qui viennent vous lire ici chaque jour.

    Vous voyez ou je veux en venir ? Les livres servent ceux qui veulent bien les lires ou partager le savoir qu’ils y ont trouvé, à partir de se moment là nous pouvons toujours écrire des livres expliquant comment la masse se fait prendre le c*l par les élites… ils ne les liront pas.

    Donc reste quoi, la musique, Saez par exemple ne fait que 1% des vues de l’autre grulche immonde dont j’ai oublié le nom. Etc etc.

    Je rejoins Dio, la tendance naturelle de l’humain moyen ne semble pas (plus?) de chercher à aller plus loin, et puisque d’autre leurs fournissent avec acharnement les moyens d’une évasion stérile… Oui, peut être que DIO à raison, seul la faim les réveillera… ignares et manipulables… à nouveau.

  • kelly dit :

    Dio, je sais bien que ce qu’on veux nous faire passer pour des révolutions démocratiques étaient en réalité une instrumentalisation de la colère du peuple pour lui imposer une domination nouvelle. J’aurai pu rajouter les « dites » révolutions démocratiques. Lorsque Lasch dit « Notre système d’éducation, de surcroît, repose de plus en plus sur ce principe implicite qui veut que les démocraties puissent fonctionner même lorsque les citoyens ne sont pas éduqués », là encore le terme à entendre était « diktacraties ». Car comme tu le dis très justement, et là l’analyse bourdieusienne fonctionne, l’école est destinée à reproduire les inégalités, et à maintenir l’ordre social sans éveiller les soupçons. Donc ces pseudo-démocraties peuvent se perpétuer puisque l’école ne fournit pas les outils idéologiques et les connaissances des mécanismes de domination pour se constituer une conscience politique et éclairée.
    Finalement c’est là toute la sophistication de nos diktacraties, offrir une illusion d’égalité, en prétendant donner ses chances à tout le monde, alors qu’en fait on donne seulement la même ligne de départ au lièvre et à la tortue…

  • Neg8 dit :

    L’ignorance n’est pas devenue une force mais une forme de jouissance dans notre société actuelle. L’ignorance permet la jouissance.

  • zamehof dit :

    on a un peu trop tendance à répéter que la révolution française n’était pas démocratique, mais bourgeoise, (ça devient chez certains un poncif facile, et sans doute manipulatoire pour faire passer des idées carrèment louches ! ) confisquée par la bourgeoisie, possible, mais l’ancien régime il était démocratique peut-être ? !
    Il faut quand-même contextualiser, se débarrasser des « petits marquis » plein de morgue était, relativement, une victoire démocratique !
    Et dans les principes proclamés il y avait quand même liberté égalité fraternité, même que ça donnait des sueurs froides aux bourgeois Girondins, qui étaient obsédés par la peur que le peuple s’avise de prendre ces principes au sérieux et réclamer une loi agraire !

    c’est bien la preuve que la révolution c’était porteur d’idées démocratiques.

  • kelly dit :

    Zamehof, je trouve au contraire que l’on a encore trop tendance à s’illusionner sur la véritable nature de la Révolution française, comme tu sembles le faire. Mystifier cette Révolution pseudo-démocratique permet aujourd’hui de légitimer notre diktacratie, via le suffrage universel.
    Et de quelles idées louches parles-tu ? Qu’il faudrait rétablir une monarchie? Evidemment non ! Le pouvoir confisqué au nom de droit divin, très peu pour nous! Cependant, toute la réalité de l’Ancien Régime est tue, car il faut à tout prix le diaboliser pour faire passer la pilule des « Révolutions démocratiques » et ainsi cautionner notre régime actuel. La monarchie n’a cependant rien à envier à notre dictature ultra-libérale!

    Tu parles de victoire démocratique « relative » avec la mise à mort des « petit marquis », mais comment une victoire démocratique peut-elle être relative? Elle l’est pleinement ou alors, recommence le cycle de la domination…sous une forme nouvelle, certes! Les grands bourgeois en coupant la tête du roi, ont pu par la suite instaurer leur dictature de marché et le libéralisme sous toutes ses formes. Le peuple, lui, n’a servi que de levier pour renverser la monarchie et malgré un slogan alléchant, ses droits ont été bafoués.

    Savais-tu qu’au lendemain de la Révolution, le droit de grève a été aboli, le droit de corporations aussi, et que seuls les citoyens qui payaient un impôt pouvaient participer aux élections ? Et encore cette liste est non exhaustive! Je t’invite à lire le texte suivant, tu verras alors que la Révolution française c’était tout sauf porteur d’idées démocratiques :
    http://diktacratie.com/la-representation-est-une-imposture/.

  • teauteau dit :

    la spécialisation à outrance des enseignements à créer des ghettos psychiques, en général on se rencontre et on se comprends entre gens ayant la même formation.
    Pour y remédier il faut développer la curiosité dans tous les domaines chez l’enfant, il se s’instruira par lui même, les supports de vulgarisation sont nombreux.

  • Laby Vincent dit :

    Bon article, j’encourage aussi les gens à se tourner vers les conférences gesticulées de Franck Lepage « Inculture ». C’est long mais suffisament animé pour conserver votre attention, et redoutablement pédagogique.

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