Haute trahison

Haute trahison

le 25 janvier, 2016 dans Dictature de l'économie par

Libre-échange

Problème posé à mon neveu de 11 ans d’âge : J’ai une entreprise en concurrence directe avec les entreprises du reste du monde. Dans mon domaine d’activité, l’innovation n’intervient qu’à la marge. Parmi mes concurrents mondiaux,  ils en aient qui payent leurs salariés 150 euros par mois tout en leur proposant des droits sociaux proche du néant ?
Question : Que dois-je faire pour pouvoir vendre mes produits ?
Réponse du neveu : Payer les français 149 euros par mois, tonton.

Financiarisation de l’économie

Problème posé à mon boucher : Tu es le Directeur Général d’une entreprise cotée en bourse. La majeure partie des tes revenus est payée en stock-options, c’est-à-dire que tu as le droit d’acheter dans cinq ans un certain nombre d’actions de l’entreprise au prix d’aujourd’hui…sauf si elles sont inférieures à ce prix.
Question : Quelle va être ta politique d’entreprise ?
Réponse du boucher : Faire gonfler rapidement le cours des actions pardi, en rognant sur l’investissement et les salaires ! Et prendre des risques, puisque si ça ne marche pas je ne perds rien ! Et avec ceci, une petite bavette d’aloyau ?

Perte de la souveraineté monétaire

Problème posé à ma grand-mère : Tu es un pays qui créé sa propre monnaie via sa banque centrale, sans intérêt. Du jour au lendemain, la banque centrale a obligation de passer par des banques privées pour te prêter de l’argent, ces derniers nous faisant au passage payer des intérêts conséquents.
Question : Quel système te coûte le plus cher ?
Réponse de grand-mère : Je ne suis tout de même pas encore gâteuse mon petit !

A cause de ce triptyque, la France se meurt !

La France se meurt de par cette concurrence libre et faussée qui détruit nos emplois. La France se meurt de par cette financiarisation qui augmente notamment la part du capital au détriment des salaires. La France se meurt de par la perte de souveraineté monétaire interdisant toute dévaluation et nous obligeant notamment à emprunter notre propre argent sur les marchés financiers et par-delà à payer des intérêts sur la dette qui représentent à eux seuls plus de 1350 milliards d’euros depuis 1973 !

Qui incriminer ?

- Les banques d’affaires, qui ont notamment mis au point des monstres, les produits dérivés, qui ôtent toute notion de responsabilité, le risque étant transféré à une tierce personne ?

- Les traders, qui rendent un éjaculateur précoce d’une lenteur confondante avec leur machines de trading à haute fréquence qui passent des ordres à la nanoseconde, entraînant notamment des poussées hyper-spéculatives sur les matières premières ?

- Les grands actionnaires qui se réservent une part du gâteau de plus en plus conséquente dans les bénéfices de l’entreprise, au détriment de l’investissement et des salaires.

- Les Hedge funds, et leur « nettoyage » des entreprises sur lesquelles ils investissent, tel Blakstone dont le directeur général a touché 702 millions de dollars rien qu’en 2008 ?

- Les PDG de multinationales, obnubilés par le cours de bourse et leurs Stock-options et par les systèmes de « transfert » via les paradis fiscaux permettant le dédouanement de toute fiscalisation ?

- Des fonds souverains étrangers, du genre Qataro-esclavagiste, qui rachètent notre parc immobilier à des conditions privilégiées, créant une montée des prix ?

- Les grands investisseurs américains qui rachètent nos entreprises grâce à la planche à billets…grâce à de l’encre et du papier ?

- Le petit chef d’entreprise français qui délocalise sa production pour éviter de mettre la clé sous la porte ?

Dans une écrasante majorité ces différents acteurs agissent dans le cadre de la loi. Ennuyeux à reconnaître. Cependant, c’est ainsi.

Les coupables de la mort économique, et par là même physique, de la France sont donc ceux qui font et votent nos lois !

Qu’ils assument !

Sous De Gaulle, le politique a permis, via le conseil national de la résistance, l’instauration d’acquis sociaux conséquents. Le 2 décembre 1945, l’Assemblée nationale constituante fraîchement élue votait la loi « relative à la nationalisation de la Banque de France et des grandes banques et à l’organisation du crédit ». A souligner, le début de la mise en place de la participation, intéressant le salarié aux bénéfices de l’entreprise. En ces contrées, le protectionnisme permettant la valorisation de nos entreprises respirait l’évidence. Un autre monde. Une autre galaxie.
Vu le déplacement du curseur idéologique, notre Charles national serait aujourd’hui traité de Castro-Léniniste.
Des torts gaulliens ? En fin de carrière, avoir fait de Georges Pompidou son premier ministre. Peut-être, à cette époque, ne tenait-il déjà plus tous les rênes du pouvoir.

Poulain de la banque Rothschild, des trusts et du monde de la Finance, Georges Pompidou, fut notamment le président de la loi du 3 janvier 1973, loi ouvrant la boite de Pandore entraînant l’obligation de passer par les banques privées pour se refinancer.
Valéry Giscard d’Estaing, son ministre de l’Economie et des Finances joua un rôle prépondérant dans cette aventure et ne changera pas de cap une fois aux manettes. Il participa aussi grandement au projet d’écriture de la très libérale Constitution européenne.

Dès 1983, le pouvoir Mitterrandien, via l’influence de Jacques Delors, dérégula à tout va, plagiant l’air du temps occidental, en ouvrant la porte à la financiarisation de l’économie. En 1984, fut votée une loi qui déréglementa le métier de la banque. En 1986, s’ensuivit la loi Bérégovoy qui autorisa la désintermédiation et la vente de produits dérivés en France. Des produits dérivés à l’origine de la crise financière de 2008.  Toutes ces mesures entraînant une espèce de chienlit mondialiste laissez-fairiste, auront pour conséquence, entre autres effets secondaires, d’entraîner à terme des écarts de salaires de 1 à 300 dans une même entreprise. En son temps, le grand banquier américain John Pierpont Morgan trouvait à peine acceptable des écarts de 1 à 20. Un autre monde, une autre galaxie.
Ces folies dérégulatrices permettront des aberrations telles que celles de 2009 chez France Telecom, entreprise qui versera plus de dividendes à ses actionnaires qu’elle ne fera de bénéfices. Elle empruntera donc pour payer ses actionnaires. Gérard, c’est ma tournée !

En 1988, sous le gouvernement Balladur, on accéléra la privatisation des banques, ce qui eut pour effet de transformer une dette publique à l’intérieur de l’Etat en une dette à des banques privées. Et dix de der !

En 1992, le monde politico-médiatique français, dans son écrasante majorité, fit voter au peuple le traité de Maastricht qui détruisit notamment les deniers liens qui unissaient la Banque de France à notre pays. Balladur, notre premier ministre de l’époque, et avec l’accord du président Mitterrand, dû donc voter une loi officialisant le fait que la Banque de France devienne une filiale régionale de la Banque Centrale Européenne, totalement indépendante de l’Elysée.

En 1998, alors que Zidane nous faisait gagner la finale, le ministre des Finances Strauss-Kahn marqua un but contre son camp en créant un régime fiscal pour les Stock-options.

Le principal fait marquant de la présidence Chirac, c’est 245 429 mains serrées dont une grande proportion au salon de l’agriculture. Mais pas seulement. Ce président, armé de la grande majorité de la classe politique française, restera comme celui du non-respect de la volonté populaire lors du referendum sur le Constitution européenne de 2005. Une constitution, rejetée par le peuple, qui inscrivait dans le marbre le choix du libéralisme économique.

Nos deux derniers présidents et leurs partis n’ont eu de cesse de  débattre sur le port du voile où sur les rythmes scolaires, informations « fumigènes » par excellence, sans se préoccuper de l’essentiel. Entre deux discours pseudo vindicatifs contre la finance, ils ont tout de même eu le temps de valider le traité de Lisbonne (2007), véritable usine à gaz, où entre autres sottises, toute restriction aux mouvements des capitaux entre les états membres et les pays tiers y était interdite. Servez-vous, la porte est ouverte !

L’Europe, et donc la France, devient l’idiot utile du village global.

L’UMPS a, en outre, continué de permettre aux banques de jouer au casino l’argent des dépôts, faisant fi d’un Glass Steagall Act. Par ricochet, pour conjurer les méfaits de la crise financière de 2008, la Banque Centrale Européenne, sous l’égide de monsieur Draghi, prêta aux Banques privés plus de 500 milliards d’euros à 1 %. Et ceci, dans l’esprit de les renflouer et de leur permettre de faire des prêts aux PME. Ces Banques privées préfèreront utiliser cet argent pour le prêter aux Etats à des taux de 3 à 8%. Du grand art.
Notre UMPS poursuit actuellement le chemin de la dérégulation en autorisant notamment les banques d’affaires à vendre du gaz et de l’électricité ; en ne taxant pas, contrairement aux promesses, le trading à haute fréquence…la liste étant non exhaustive.

Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent et qui refusent d’intervenir.

Alors, levons-nous !

Au lieu de nous parler des Droits de l’Homme à longueur de journée, nos chers politiques auraient dû les lire :

Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est pour le peuple et pour chaque portion du peuple le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs »

Déclaration des Droits de l’Homme du 26 juin 1793

Oui, levons-nous ! Bougeons-nous ! Que les partis politiques français qui ne dénoncent pas ouvertement le triptyque libre-échange, perte du pouvoir de création monétaire et financiarisation de l’économie, en ne proposant pas de véritables mesures à leurs encontre, soient rejetés et désignés par vous, par nous, de traitres au peuple de France !

La première des dispositions évidentes à prendre, véritable curseur d’une politique honnête, serait de sortir rapidement de l’Union européenne dont les traités institutionnalisent ce triptyque et dont les dirigeants décident de plus de 80 % de nos orientations politiques nationales.
Oui, en sortir, parce que ces traités ne peuvent être changés qu’à l’unanimité des 28 pays membres. Et voir 28 pays exiger les mêmes changements au même instant, c’est aussi probable que de voir notre président actuel défendre les intérêts de la France et des Français…
Les partis qui oseraient vous dire « changeons l’Europe de l’intérieur » vous trahiraient une deuxième fois, la fameuse double péné….

        Jérôme Pages du site Lectures au peuple de france.fr

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7 Commentaries

  • Marta dit :

    A PLACARDER SUR TOUS LES MURS DE FRANCE !

  • Baumgarten dit :

    Je partage beaucoup du diagnostic. Cependant j’ai de grosses divergences sur les remèdes.
    Je ne vois pas de solution poindre car pour moi la solution est mondiale, seule réponse à des phénomènes mondiaux. Traiter le problème seul nous isole de l’économie mondiale et conduit à des résultats encore pire. J’ai en tête deux exemples qui militent dans mon sens et un contre-exemple qui n’en est pas un. Le Venezuela applique depuis plus de 10 ans les recettes que vous préconisez et possède une énorme rente pétrolière. Son économie locale, protégée et/ou d’état est dans un tel état de délabrement que tout manque, y compris les dollars pour acheter des produits de première nécessité qui manquent. Certes la pauvreté s’est beaucoup réduite, mais devant cette faillite économique due au déni des réalité et à l’isolement, elle repart à la hausse. L’Argentine, où je vis, prend pour des raisons identiques le même chemin. Contre-exemple, la Norvège. Situation parfaite, pays de justice sociale au niveau de vie le plus élevé du monde… mais rente pétrolière particulièrement élevée et pays de 5 millions d’habitants. L’exemple est difficile à suivre.
    Quant aux salaires bas des pays qui concurrencent la France, il faut savoir qu’ils s’élèvent vite (voir par exemple la Chine qui commence à délocaliser sa production. Ces pays sont ceux qui ont permis une réduction sans précédent de la pauvreté dans le monde depuis le début du XXème siècle. Qui s’en plaindrait. J’ai vécu 3 ans au Brésil où j’ai pu le constater de près. Ce sont les grands gagnants de la mondialisation. Juste retour des choses après la colonisation ou l’impérialisme économique occidental.
    En termes de solution, ou de chemin vers des solutions, j’ai beaucoup apprécié l’article de votre blog sur les pouvoirs horizontaux. Il me semble qu’il y a là une voie pour faire bouger les lignes.

    Cela étant je reste un fan de votre blog. Articles de fond, bien écrits et idées qui poussent à la réflexion. Bravo!

    • Jerome dit :

      La Norvège ne fait pas partie de l’Union européenne. Et, en effet, elle s’en sort très bien, ainsi que les autres pays d’Europe qui ne font pas partie de l’UE comme l’Islande et la Suisse.

      La Norvège s’en sort très bien aussi parce qu’elle sait gérer le fruit de ses matières premières, rigueur scandinave oblige, via notamment son fond souverain.
      De son côté, sachez que le Venezuela donne une partie de son pétrole pour raisons politico-humanitaires à d’autres pays comme Cuba. D’autre part, le Venezuela vend à perte son essence à ses citoyens. Elle emprunte d’ailleurs pour pouvoir le faire. Au Venezuela, le premier président qui oserait changer le prix de l’essence serait illico renvoyé dans son foyer. C’est un sujet tabou. Si je vous disais combien coûte le plein au Venezuela aujourd’hui…allez, je vais vous le dire…même pas 50 centimes d’euros. En outre, le Venezuela est victime de sa corruption auxquelles les rentrées pétrolières n’échappent pas. Cette rente n’a jamais incité les dirigeants quels qu’ils soient à développer d’autres industries, d’autres activités. Tout est donc importé…TOUT…le malheur de la grande majorité des pays producteurs de pétrole, hormis d’attiser l’appétit des grands de ce monde. Au Biafra, ne l’appelait-on pas « la merde du diable » ce pétrole. Le revenu du pétrole n’étant pas optimisé, la balance commerciale du Venezuela est négative. Le bolivar (monnaie local) est donc régulièrement dévalué. Début des années 80, 1 dollar équivalait à 4 bolivars. Aujourd’hui, il vous faut 6000 bolivars (de l’époque) pour 1 dollar, au marché dit « officiel ». Au marché « noir », celui qui compte, c’est 59000 bolivars (de l’époque). Un truc de fou ! Les problèmes économiques du Venezuela ne viennent donc pas d’un protectionnisme qu’ils ne pratiquent quasiment pas. Ils ont juste repris le contrôle sur leur matières premières en devenant majoritaires dans toutes les entreprises pétrolières et para pétrolières qui agissaient sur leur sol. Et ceci est tout à leur honneur.

      Je ne connais pas la situation argentine.

      Pour le Brésil, je ne veux pas confondre le PIB qui explose positivement créateur de richesses et la répartition de cette richesse au niveau de la population du pays. Malheureusement, sans vouloir généraliser, ce pays s’est développé en mimant les travers de l’occident : immenses exploitations d’agricultures intensives très polluantes et peu attentive aux droits des employés…

      La Norvège s’en sort très bien aussi parce qu’elle a le contrôle de sa monnaie, contrairement à la France. Depuis le début de la monnaie unique, l’Euro est indexé sur le Mark, donc surévalué pour l’économie française (les spécialistes s’accordent autour de 20-25 %). Une perte de compétitivité énorme pour un pays comme la France qui a une monnaie de riche avec une économie « moyenne ». Aparté, si l’Allemagne semble s’en sortir aussi bien, c’est notamment parce qu’en 1998, sous Schröder, elle a pris le virage de l’austérité salariale (-30%), un pays où le revenu minimum n’existe pas. Elle s’est mise aussi à délocaliser dans les pays de l’Est à des coûts salariaux encore plus bas. Notez que les Allemands sont le peuple d’Europe qui a le moins de patrimoine. Très peu d’Allemands sont propriétaires de leur appartement. Ils subissent aussi une flexibilité des horaires de travail difficiles à concilier avec une vie sociale familiale harmonieuse. Bienvenue dans le rêve teuton.

      Sachez que les pays européen sont quasiment les seuls à ne pas faire de protectionnisme (mot qui semble vous faire peur) et donc les dindons de la farce. Les chinois font par exemple du protectionnisme monétaire, les américains subventionnent à tout va leurs industries exportatrices, sans parler du rôle de leur armée comme premier vrp pour lui trouver des nouveaux marchés.

      Pour l’élévation des conditions salariales dans certains pays comme la Chine, ce que vous remarquez, elles sont effectives…si on ne s’arrête pas aux conditions de travail et de vie.
      Toutefois, le libéral étant apatride par essence, aujourd’hui beaucoup de multinationales quittent la Chine devenue trop chère, pour des pays comme le Vietnam, le Bengladesh ou Madagascar. Un chômage de masse est prévu pour la Chine dont les salariés ont eu le toupet de discuter droit du travail. Si on suit la logique capitaliste mondiale, les multinationales seront de retour en Europe quand ce sera devenu la zone la plus pauvre du monde, avec des personnes prêtes à travailler pour une misère. On y vient doucement.

      La solution mondiale que vous suggérez présuppose que chacun des 198 pays (environ), enfin leur dirigeants, ait le même projet pour l’humanité. De plus cette solution mondiale, sous-entendu sans barrière, donc avec le libre-échange, ne pourrait être optimale que si les économies de chacun des 198 pays sont au même niveau. On a plus de chance de traverser une grande ville française sans voir de tag que d’avoir ces deux présuppositions réunies au même instant.

      Pour finir, tout changement est en effet un pas vers l’inconnu. Cependant, une chose est certaine, si l’on continue dans ce système la France meurt. Et si on attend que le Monde se mette d’accord pour le bien-être de chaque être humain, j’ai peur que vous et moi se soyons plus là pour apprécier ce grand jour.

      Pardon d’avoir été un peu long.
      Jérôme Pages

      • Baumgarten dit :

        Merci de votre réponse. Je suis tout sauf un libéral. Je n’ai rien a priori contre une certaine dose de protectionnisme. Dans le passé, le protectionnisme a permis a certains pays de surmonter des crises, à commencer par les EU. A mon sens ce ne doit être, sous ses formes les plus radicales, qu’une politique passagère. Je suis aussi convaincu de la nécessité pour l’Europe d’être moins stupide ou naïve dans le jeu mondial.
        Je ne partage pas votre point de vue sur le Venezuela. Ils ont vraiment essayé de développer une industrie nationale, qu’ils appellent politique industrielle de remplacement. Cela a été un échec total. En grande partie parce qu’ils y ont associé des mesures de protection non acceptées par leurs partenaires commerciaux habituels. Je connais bien sûr mieux le cas similaire de l’Argentine où je réside depuis 11 ans. L’industrie nationale existe, est favorisé par l’arsenal protectionniste le plus complet du monde actuel. Quelques exemples qui montrent les limites de leur politique. L’industrie automobile est florissante, production plus importante que la française. Mais 80 % des pièces sont importées. Comme ils vendent, pour faire simple, la moitié de leurs production au Brésil et l’autre moitié sur le marché intérieur favorisé par des augmentations de salaires supérieures à une inflation de 25% depuis plusieurs années, il en résulte que l’automobile est déficitaire en dollars. Le cas de l’électronique grand public est encore plus frappant. Quasi 100% des ventes locales proviennent de la production nationale car les importations sont en pratique interdites et la production favorisée à Ushuaia, zone franche, pour y favoriser l’emploi. Mais 90% des composants proviennent des importations. Il y a même des produits pour lesquels la seule valeur ajoutée est de mettre l’emballage. Bien sûr le gouvernement cherche aussi à développer la production nationale de tous les composants. Mais aucun pays ne peut s’improviser efficace sur tous les produits. Et pourtant l’Argentine est avancé sur le plan formation.
        Résultat, le pays manque cruellement de devises. Ses réserves baissent. Il ne rembourse pas ses dettes. Son crédit international et l’accès aux emprunts est au plus bas? Il n’y a plus d’investissement. La dévaluation officielle est de 40% par an. Un dollar parallèle est apparu il y a deux ans, 70% plus cher. La pauvreté, un temps réduite par ces mesures protectionnistes après la crise financière de 2001, remonte.
        Mon message reste le même. Et les pays que vous citez, Islande (300000 habitants), Suisse (plus vieille démocratie du monde, particularité de ses banques) ne me paraissent pas transposables.

      • Baumgarten dit :

        Pardon, mon clavier s’est mis à avoir des problèmes et j’ai dû relancer mon ordi.
        Je disais donc. Mon message. Je ne crois aucunement qu’un grand pays qui mène une politique isolée du monde globalisé puisse s’en tirer correctement aujourd’hui. En tout cas je ne connais pas d’exemple. Et au contraire ceux qui le font s’en tirent plutôt mal.
        Je pense que l’Europe devrait prendre des mesures protectionnistes cachées comme le font les EU, la Chine ou la Corée. Et rester le plus possible dans le jeu mondial.
        Je me permets aussi d’insister sur un argument de mon premier com que vous n’avez pas repris. Malgré que rien ne soit paradisiaque dans la Chine actuelle ou le Brésil, des centaines de millions de personnes sont durablement sortie de la misère. Et ce, grâce à la mondialisation. C’est du jamais vu depuis 150 ans. J’ai toujours eu une vision internationale de notre planète, et cela me réjouit, même si je garde un penchant plus fort pour ma mère patrie:)

  • Sébastien dit :

    @ Baumgarten. Réfléchir, c’est bien. Agir, c’est mieux. Sinon, on finit en ruminant qui regarde passer les trains. Le sport peut être utile mais reste vain tant qu’il reste auto-centré.
    Bien à vous.

    (P.S. au modérateur, erreur sur le nom, je reposte ici).

  • jehaislescookies dit :

    donc 1ère chose à faire, rejoindre l’UPR et son programme de Sortie de l’UE, Sortie de l’Euro Sortie de l’OTAN

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