Le Mali guère mieux qu’avant-guerre

Le Mali guère mieux qu’avant-guerre

le 17 octobre, 2013 dans Conflit malien par

« La situation sécuritaire au Mali reste très fragile », a prévenu ce mercredi le représentant spécial de la Mission internationale de soutien au Mali (Minusma), depuis la tribune des Nations unies.

Bert Koenders a donc demandé un gros chèque au Conseil de sécurité, afin de doubler d’ici à la fin de l’année les effectifs de la force onusienne. Déployée depuis juillet au Mali, elle est aujourd’hui composée d’environ 6000 hommes, pour la plupart Africains. Avec quelques ficelles et des trombones, ils accompagnent le retour de la paix dans le pays.

Et à l’insécurité latente et patente au Mali, s’ajoute également une profonde crise humanitaire, symbolisée par le cas des populations déplacées à l’intérieur comme à l’extérieur du pays, au Niger et au Burkina Faso. À New York, le patron de la Minusma a déploré le faible soutien international en la matière, et là encore, il a fait l’aumône, en réclamant 300 millions de dollars pour financer ces urgences.

Au même moment, le nouveau ministre malien de la Justice, Mohamed Ali Bathily, a réussi le tour de force de se mettre à dos les magistrats maliens, en annonçant sans prévenir que des mandats d’arrêts émis contre des membres des groupes armés du Nord allaient être purement et simplement levés.

En statuant de la sorte avant que les juges n’aient rendus leur décision, le ministre a montré une conception très personnelle du principe de la séparation des pouvoirs. Motif officiel de cette clémence : la nécessaire réconciliation nationale. En fait, le gouvernement malien se retrouve pieds et poings liés face aux mouvements indépendantistes touaregs, qui ont posé l’amnistie comme condition non négociable de leur participation à la poursuite des discussions entamées en juin par les accords de Ouagadougou

Comme pour mieux se payer la tête du gouvernement malien, qui se félicitait du retour à la table des négociations des groupes armés, ces derniers ont annoncé qu’ils rejetaient catégoriquement le calendrier fixé par Bamako, concernant à la fois la tenue des élections législatives et l’organisation des assises sur les régions du Nord !

Une gifle pour l’exécutif qui perd progressivement la confiance de la population, légitimement excédée par l’incapacité de ses nouveaux dirigeants à sortir le pays des problèmes qui le rongent. Un désamour qui se vérifie tant au niveau national que local. Récemment, à Gao, dans le nord du pays, ils étaient plusieurs centaines pour crier leur mécontentement contre le gouverneur, avec des revendications portant sur l’éducation, la santé et le travail.

Tandis que tranquillement, dans son coin, l’armée française reprend par intermittence son chat-bite montagneux avec quelques barbes surgies des sables.

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