Évolution ou révolution ?

Évolution ou révolution ?

le 27 mars, 2015 dans Asservissement moderne, Démocratie, Provoquer le débat par

Aujourd’hui encore on nous reproche de franchir certaines limites dans nos critiques politiques, nos analyses sociologiques ainsi que dans notre conception philosophique du monde. Pourtant nous argumentons dans nos divers textes, au fil des mois, le pourquoi et le comment de notre dialectique, démystifiant les rouages et les mécaniques qui font de ce monde ce qu’il est, et conditionnent ce que nous y sommes.

Mais reprécisons cela très clairement. 

Notre monde est vaste et complexe, le profane dirait qu’il est compliqué. Une multitude d’angles d’attaque s’offrent donc à nous pour dénoncer ce système de domination de l’homme par l’homme. Nombreuses en sont les conséquences, certains les combattent, y dévouant beaucoup d’énergies, mais en vain. Car de même que l’on n’éteint pas un incendie sans circonscrire son foyer, l’on ne peut en empêcher sa récidive sans s’attaquer à sa cause : le pyromane.

C’est pourquoi, en usant d’un peu de perspicacité, avec l’aide de nos expériences et sensibilités, nous dévoilons jour après jour les fissures de l’Homme, l’abîme dans lequel il s’engouffre irrémédiablement :

son goût pour le pouvoir ou la servitude… et son enclin à la corruption. 

Loin d’être une effrayante fatalité qui nous condamnerait à servir au nom d’un ordre divin, nous faisons face ici à la savante orchestration, par certaines élites, de nos failles trop humaines.

Ainsi, nous servons le pouvoir d’une bourgeoisie ayant acquis au cours des deux derniers siècles les outils nécessaires à notre soumission : les appareils politiques et le pouvoir militaire, les réseaux médiatiques et leur culture de masse, alimentés par leur exponentiel pouvoir économique.

Non seulement ils contrôlent et organisent nos quotidiens, mais en plus ils nous rançonnent suffisamment pour bâillonner toute velléité de liberté.

Alors on se croit maître de notre destin. On jouit dès qu’on détient un peu de pouvoir sur quelqu’un. On se sent puissant derrière le volant de sa bagnole, en espérant qu’un jour on tombera sur les bons numéros… Et pendant ce temps là, on marche en rang, en rang d’esclave !

Vous estimez nos propos trop violents ou culpabilisants ? Pourtant ce ne sont que coups de couteau dans les consciences complaisantes… rien à voir avec les violences, par exemple, des alliés de l’OTAN. Nous étions des victimes de leur inextinguible volonté de domination, maintenant nous sommes leurs complices, tant leur pouvoir, tout à fait illégitime, ne tient plus qu’à notre lâche consentement.

La hiérarchie définit tous les pouvoirs, sauf celui du peuple. Elle est même son pire ennemi ! 

Nous élisons des représentants de partis politiques aux plus hautes fonctions de l’État. État qui est censé incarner l’intérêt général dans sa diversité. Or, les partis politiques sont par définition des appareils constitués de gens ayant les mêmes intérêts, la même vision ou la même culture, avec pour objectif premier d’assurer leur rente, puis d’imposer leurs vues, jusqu’à étendre le pouvoir de leur doctrine à la société toute entière.

Ici déjà le peuple est vaincu, la démocratie bien comprise annihilée.

De plus, les partis politiques s’associent à des puissances d’argent pour accéder au pouvoir, et une fois sur le trône en guise de remerciement, ils se soumettent invariablement aux intérêts de leurs mécènes… Nos politiques sont alors les blanchisseurs de l’argent extorqué par l’oligarchie bancaire. Ils promeuvent la morale la plus favorable à leurs intérêts, la rabâchent en choeur, de gauche à droite, de droite à gauche, quand ce ne sont pas nos bouffons-sages qui l’étalent en baissant leurs pantalons sur les canapés de nos médias bien calibrés !

Voilà les tenants et les aboutissants de notre Diktacratie. Un monde généreux et un empire cupide, fait de consommateurs passifs, lobotomisés par un confort précaire qui n’a de valeur que périssable, laissant ainsi le pouvoir à d’autres, Rothschild, Blythe Masters, Goldman Sachs, peu importe, qui ont déjà trop et qui veulent encore plus… Soit la complémentarité parfaite pour ériger une dictature de l’argent.

Ainsi, la planète est riche et vaste, et tant que nous consommerons leur pouvoir, quitte à s’endetter, ils n’auront vraiment rien à craindre.

[Texte extrait du livre Démocratie radicale contre diktacratie]

21 Commentaries

  • N. Marchand dit :

    Voila un excellent resumé qui synthétise très bien la pensée que vous développez dans vos autres articles. Certains comprendrons peut être mieux de cette façon. Et ceux qui faisait semblant de ne pas comprendre auront bien du mal à interpréter celui ci autrement…

  • pianelli albert dit :

    concretement j’adhère en grande partie mais qui commence et quoi ?

  • Ghislaine69 dit :

    Comme le souligne @N Marchand, voilà une excellente synthèse qui résume bien notre soumission à cette Oligarchie et notre impuissance à y faire face.
    Cette impuissance réside dans le fait que nous ne sommes plus protégés et ne faisons rien pour l’être alors que tout réside dans notre constitution, mais nous laissons cette dernière aux mains de ceux là même qui nous gouvernent, avide de pouvoir!.

    Réagissons, reprenons vite le pouvoir qui est au peuple et non à ceux qui se servent du peuple.
    Parce que ce n’est pas aux hommes au pouvoir d’écrire les règles du pouvoir
    “Nous voulons une Assemblée Constituante démocratique, donc tirée au sort.”
    Étienne Chouard – Conférence: Le tirage au sort comme bombe politiquement durable contre l’oligarchie – Vidéo Dailymotion http://buff.ly/N3XZxV

    • moustique dit :

      « Réagissons, reprenons vite le pouvoir qui est au peuple et non à ceux qui se servent du peuple. »
      Oui, oui, tout ça c’est bien mais comment fait-on? Et en quoi serions-nous plus intelligents que les générations précédentes qui, elles non plus, n’ont rien fait puisque nous en sommes là. Mais la souffrance humaine est sans limite. Il y a donc à redouter que nous continuions à nous enfoncer un peu plus dans ce nouvel état « Orwellien » vers lequel nos parents et nos grand-parents se dirigeaient déjà en leurs temps et qu’ainsi nous subissions tôt ou tard, d’une façon ou d’une autre la décisive mutation programmée par les fou-furieux qui nous aliènent déjà. A titre d’exemple, soyez attentifs à la généralisation prochaine des puces RFID qui seront injectées dans les organismes sous peu. Pour nous vendre la sauce, on va commencer par les prisonniers et les malades. Amélioration de la santé et de la sécurité à la clé. Et personne n’y pourra rien car le monde est déjà prêt à accepter. Les structures de notre consentement ne sont-elles pas déjà installées?
      Ah oui, c’est vrai, j’oubliais, la différence entre les anciens et nous, c’est que nous avons internet!
      Oui, mais il faut en profiter et vite, car ce peut être un merveilleux moyen, mais… mais quelle dépendance et quel risque de contrôle sur nos vies! Et qu’est-ce qui nous dit que demain nous ne serons pas débranchés? Ne risquerions-nous pas alors de nous retrouver totalement désemparés, perdus et effrayés car privés de notre « prothèse »?
      Je ne voudrais casser le moral à personne, mais je crois bien que c’est plié et que nous allons muter. A moins d’un sauveur, je ne vois pas l’homme se sortir de ce foutoir.

  • Hani dit :

    C’est bon j’ai trouvé le site devant lequel je prendrai mon ptit dej tout en lisant les articles ^^.Merci a l’équipe Diktacratie

  • h dit :

    BA JUSTE LE SINGE en photo là, C MORT… SI ON VEUT RÉVEILLER LES CONSCIENCES…arrêtez de croire que king kong est not’ariééééééééééééééééééééééééééééééééééééééééé grand’pééééééééééééééére

    pfffffffffffffffffffffff

    • Notre problème n’est pas tant de savoir d’où vient l’humanité, mais plutôt ce qu’elle est, ce qu’elle fait, et devient. Déterminer son origine est quasi insoluble, ou en tout cas, est source de débat sans fin, tant l’entendement des croyants et des matérialistes ne se base pas sur les mêmes perceptions. Donc ce n’est pas notre combat.
      Et comme toi j’imagine, je préfère voir les valeurs convergentes de l’athée et du croyant, quand celles ci défendent un monde plus juste et plus égalitaire. Non ?

  • h dit :

    sinon, belle article!

  • h dit :

    ouais mais quand même quand on croit qu’on DESCEND DE KING KONG… ça craint !!!

    Croire en ce sorcier qu’à gerber sa théorie débile d’à peine un siècle, ça fausse tous les combats! C’est mon avis! à bon entendeur!

    (((((Et comme toi j’imagine, je préfère voir les valeurs convergentes de l’athée et du croyant, quand celles ci défendent un monde plus juste et plus égalitaire. Non ?)))))

    Très vrai!

  • h dit :

    et c’est important de savoir d’où l’on vient et qui on est ça évite d’engendrer les bâtards qui nous font la misère!

    • Tu sais, le fait est que nous sommes dans un système d’exploitation de l’homme par l’homme. Et les Empires n’ont pas attendus la société du libre échange et de la consommation pour opprimer les peuples et leurs diverses croyances… Et même, il suffit de se rappeler la dialectique binaire d’un W.Bush pour se rendre compte que ce n’est pas ce que l’on invoque et ce que l’on revendique qui font ce que l’on est, mais c’est bien ce que l’on fait.

  • Alex dit :

    Excellent Yohan! Magnifique synthèse !
    Au fait j’ai vu un bouquin qui a l’air d’une bombe : « l’économie c’est la guerre »
    Tu l’as vu ou lu ?
    Amitiés
    Alex

  • Tieum dit :

    « concrètement j’adhère en grande partie mais qui commence et quoi? »

    Si on attend que les autres bougent à notre place c’est mort…
    Si on attend un pseudo leader qui déclenche le truc c’est mort…

    On peut tous, dans notre quotidien, lutter contre ce système, contre les dominants, et sans pour autant aller « foutre le bordel » dans la rue.
    Il faut vivre différemment, penser différemment, consommer différemment… Boycotter tout ce qui n’est pas utile pour notre survie ou notre bonheur (simple j’entends).
    Pour ceux qui le peuvent il faut cultiver un jardin, il faut échanger, donner, arrêter d’accumuler des biens inutiles, jeter sa fucking TV, vivre simplement.

    On peut tout faire, tout créer, tout changer, seulement on ne le veut pas, nous sommes nos propres esclaves…

  • mehdi dit :

    Un article plaisant à lire, .une évolution où révolution, j’ai du mal à comprendre la position de l’auteur…c’est un appel à la révolution ? Où évolution (régression ?)

  • Il manque un mot… criminel. Puisqu’un incendie non criminel on peut chercher le pyromane toute sa vie en vain !!

  • betov dit :

    « … on nous reproche de franchir certaines limites dans nos critiques politiques, nos analyses sociologiques ainsi que dans notre conception philosophique du monde…  »

    Pas moi. Mon reproche est de n’aligner que des platitudes et de ne rien proposer. Je devine une vague de révolte informelle, une critique du système. Une critique que tout le monde partage… et puis… rien.

    Le pyromane a bien un nom, que ce soit Rothchild ou Rockfeller, mais le véritable coupable du désastre n’est ni l’un ni l’autre. Le coupable est la non-criminalisation de la grande richesse. Le système est une mécanique qui fonctionne toute seule, que nous y participions ou non, en tant qu’individus. Donc inutile de culpabiliser qui que ce soit.

    Il faut et il suffit d’une loi. Une triviale loi. Maintenant, il est probablement trop tard pour écrire cette loi.

    • Espérons que ton pessimisme doublé d’un comlexe de supériorité ne sera pas viral au point de faire fuir les quelques lecteurs qui s’éveillent avec nos mots.
      Betov, comme d’habitude tu dénigres notre travail, avec ton cynisme d’intellectuel qui a tout vu, tout lu et tout compris, mais pour quoi faire ?

      Tu écris que « le pyromane a un nom : Rothschild ou Rockfeller ». Plus de 10 textes nous avons écrit sur le sujet…et ça m’étonnerait que tu les aies lus !
      Ensuite tu écris que le coupable est la non-criminalisation de la grande richesse ». Lorsque vendredi dernier dans « Vaincre, fuir ou subir » je digressais sur la phrase de Balzac, tirée du « Père Goriot » : « le secret des grandes fortunes sans cause apparente est un crime oublié », que fais-je d’autre que de partager ta vision des choses. Ou inversement ?

      Tu rajoutes que « le système est une mécanique qui fonctionne toute seule… » Variation sur le thème de la main invisible ; on connait ici aussi l’épistémé des libéraux. On s’acharne même à la dénoncer, ce qui semble chaque jour t’agacer un peu plus.

      Tu prétends que nous cherchons à culpabiliser nos lecteurs. Soit ! Mais seuls les hommes de ressentiment partagent cette impression empoisonnée. Ce qui n’est pas notre cas, tu sais, nous sauvons tout le monde, sans exception, ici, à Diktacratie.com, et nous travaillons à faire prendre conscience d’un maximum d’agents corrupteurs, histoire de mieux les contourner la prochaine fois où nous aurons à faire à eux.

      Enfin ta « triviale loi » si elle n’est pas instaurée par un système démocratique absolue, elle sera forcément contournable par les plus nantis. L’Histoire en témoigne.
      Aussi dans les 500 textes du site nous avons proposé plusieurs formules, et je vois encore une fois que tu préfères les nier que les critiquer. Mais aucune importance, ils seront bientôt republiés, avec quelques corollaires qui ne seront pas là pour te déplaire…enfin j’espère.

      • betov dit :

        Encore faudrait-il savoir ce que tu nommes « un système démocratique absolu ». Récemment, Chouard était taxé de joyeux naïf, Soral de plaisantin, etc. D’où, je suppose, une définition différente de celle de Chouard, de ta part.

        Excuse moi, mais je ne vais pas me taper 500 textes pour savoir ce que nommes « démocratie ». Pour moi, la compréhension de la démocratie comme étant théoriquement basée sur le tirage au sort est indiscutable. A un certain moment, j’ai eu la vague impression que TA démocratie était basée sur un élitisme typique du délire de puissance. A suivre. 🙂

        • Hé bien Betov, je commence à saisir un peu qui tu es. Un être de contradiction, qui ne prend pas vraiment le temps de lire les autres pour mieux les diffamer ensuite…

          J’ai écrit que le modèle démocratique via le tirage au sort prôné par Chouard était du Finley et Manin réchauffés. Une utopie d’un autre temps. Je t’invite à lire ce texte, si tu ne veux pas perdre de temps à le chercher : http://diktacratie.com/democratie-antique-et-democratie-moderne/

          Pour Soral, j’ai écrit précisément qu’il était le meilleur critique de nos théocraties et je t’invite aussi à lire ce texte : http://diktacratie.com/alain-soral-meilleur-ennemi-de-la-diktacratie/

          Maintenant tu peux toujours dire que je taxe « Chouard de joyeux naïf et Soral de plaisantin », ta critique en devient d’autant plus ridicule, mais je tiens juste à rappeler, par delà tes propos diffamants, que nos propositions reposent sur d’autres expériences démocratiques qui ont tout autant fait leur preuve que la démocratie athénienne des siècles de Péricles et de Démosthène. Maintenant je ne peux ici te synthésiser le tout en quelques lignes -surtout pour ce que tu vas en faire !- mais je te laisse juste avec ce texte, histoire que tu comprennes qu’une cloche garantit autant que le tirage au sort l’épanouissement d’une démocratie : http://diktacratie.com/le-vetche/

          Aussi, j’espère que la sagesse arrogante d’un septuagénaire ne sera plus un frein à la découverte de nouvelles aventures démocratiques…
          Bonne lecture !

          • betov dit :

            Premier article:

            Je ne vois aucune différence avec Chouard. Si c’est un problème de personne, cela ne m’intéresse pas.

            Deuxième article:

            « A l’heure de sortir les armes, il faudra être prêt »

            Nous y sommes. *

            Troisième article:

            J’avais déjà lu et je connaissais les précédentes périodes démocratiques. Toutes (y compris la démocratie grecque) sont des résurgences du premier âge d’or (le « pré-néolithique », pour faire rapide).

            * L’heure de sortir les armes, c’est maintenant et nous sommes manifestement très loin d’être prêts.

            Les robots multi-potents arrivent. C’est maintenant. Ceci mettra un point final à l’inévitable auto-invalidation du capitalisme, sans aucune possibilité de doute. Les robots invaliderons l’animal humain dans tous les domaines. Même l’inventivité, l’intuition ou les sentiments. Il n’existe rien qui ne puisse être simulé et, comme le pense Jorion, il y a peu de probabilité pour que notre espèce y survive. Désolé du pessimisme.

  • enebre dit :

    C’est très bien Cédric et Yohan, c’est simple et bien ficelé, bon maintenant il serait de bon ton de nous orienter pour la marche à suivre.

    Je lis, « Qui commence et quoi » nous y voilà, c’est la grande difficulté, toute naissance engendre de la douleur mais quelle beauté de mettre un enfant au monde.

    Sommes-nous encore capables d’enfanter… Dans l’individualité ! Non, le temps d’Hercule est révolu, nous sommes entré dans l’ère du système complexe et donc l’enfantement ne se fait plus tout seul.

    Nous avons les infos du monde entier et voyons que notre allier est notre ennemi… Enfin selon nos infos et pour l’instant, mais pouvons-nous en faire notre ami ?

    Qui serait donc cet allier suffisamment puissant capable de nous aider contre nos méchants oppresseurs, une puissance qui est aussi notre ennemi (économique selon nos médias) ?

    Poser la question c’est y répondre, la solution serait-elle une simple rencontre et un accord, c’est une personne qui voudrait reconstituer l’Eurasie, et nous (l’Europe) nous voulons retrouver la démocratie, y aurait-il moyen de s’entendre ?

    La question est : Le voulons-nous vraiment, si oui ! Alors allons-y et plongeons dans les ténèbres de l’inconnu, et acceptons de faire des concessions.

    Les ténèbres ne sont terrifiantes qu’à cause de notre peur de l’inconnu, mais en réalité il n’y fait pas plus obscur qu’ailleurs, nos yeux s’y adapteront.

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