Epouvantails et pions.

Epouvantails et pions.

le 07 avril, 2013 dans Afrique, Asservissement moderne, Economie / Crise, Inter-national par

Les plus grands criminels de la planète ne sont pas les Saddam, les Ben Laden ou autres Kadhafi. Bien au contraire, combien même ils peuvent être de vrais résistants, on les diabolise et les utilise surtout comme épouvantails. Les noms des vrais malfaiteurs vous en connaissez certains désormais : ces assassins de la finance sont d’autant plus dangereux qu’ils agissent derrière le rideau. Ils ne se donnent jamais en spectacle comme un Hitler au meilleur de sa forme. Vous ne les voyez pas, vous ne les connaissez pas et pourtant ils nous gouvernent. Ils nous manipulent comme si nous étions des pions.

Des pions de casino comme le disait si bien l’oublié Thomas Sankara, le libérateur du Burkina Faso :

On nous a présenté des dossiers et des montages financiers alléchants. Nous sommes endettés pour cinquante ans, soixante ans et même plus… La dette ne peut-être remboursée. La dette ne peut pas être remboursée parce que d’abord si nous ne payons pas, nos bailleurs de fonds ne mourront pas. Soyons-en sûrs. Par contre si nous payons, c’est nous qui allons mourir. Soyez-en sûrs également. Ceux qui nous ont conduits à l’endettement ont joué comme au casino. Tant qu’ils gagnaient, il n’y avait point de débat. Maintenant qu’ils perdent au jeu, ils nous exigent le remboursement. Et on parle de crise. »

Il criait ces vérités il y a 25 ans, quelques mois avant d’être assassiné. Pourquoi ne l’a-t-on pas entendu ?  

Pourquoi continuons-nous à servir un système qui condamne rarement les vrais responsables de son déclin ? Un système qui, comme pour nous montrer à quel point nous sommes des esclaves, récompense ses infâmes, à l’image d’un Cassano (vous vous souvenez : l’assureur en partie responsable de la ruine du monde !) qui a reçu fin 2008, démissionné par AIG, 314 millions de dollars de prime de départ. Et que dire de Larosière (le premier à signer les CDS de Blythe Masters), hier conseiller indirect de notre ancien Président Sarkozy pour les questions de régulation financière en France et en Europe et aujourd’hui administrateur de la bourse de New York

Voilà comment la finance nous gouverne. Voilà pourquoi les politiques se vautrent devant Wall Street, comme ils le font depuis toujours, comme en 1982, date à laquelle, un ancien secrétaire du Trésor : Ronald Reagan, décida d’entamer la dérégulation du système financier.

En France, le pouvoir des banquiers est tout autant corrompu et corrupteur. Sarkozy eut beau réclamer la tête du Président de la Société Générale suite à l’affaire Kerviel, celui-ci dort tranquille… Nos banques abusant des paradis fiscaux et des produits dérivés, elles ne sont pas loin de l’obscénité de leurs grands frères yankees.

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1 Commentaire

  • queteur dit :

    Lisant cet article, arrivant à la fin, j’ai été étonné de ne trouver aucun commentaire …

    Il est pourtant clair que ce sujet est sensible et plus même, il est critique voir vital !

    Enfin, il est vrai aussi qu’avec un sujet pareil, les habituels crtiqueurs manqueront surement d’arguments … En effet, comment critiquer un mode de vie qu’on a largement accepté et intégré dans nos choix de vie …

    Maintenant, je constate, avec une pointe de regret, que les paroles et actes de grands penseurs et de révolutionnaires issus du peuple d’en bas n’ont plus d’effet dans un monde ou la médiocrité est sur-médiatisé et largement accepté au point de nous mettre, sans la plupart du temps en prendre conscience, à son service afin de l’élever au rang de dogme …

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