Elections, piège à cons ?

Elections, piège à cons ?

le 12 août, 2015 dans Lecture de vacances par

Aujourd’hui on se moque bien des avis de la base. A rebours de ce qu’elle prétend, la classe politique ne l’entend ni ne l’écoute, mais tâche par ses consultations de lui donner l’illusion qu’elle escompte. En fait, on l’a néglige, on la méprise et, en plus, on lui demande le silence. Les élections sont désormais une farce qui singe l’idéal démocratique, elles laissent croire à la vérité d’un mécanisme pourtant cassé depuis longtemps. Elles sont des parodies qui se servent des grands mots – Démocratie, Peuple, Nation, République, Souveraineté -, mais qui cachent mal le cynisme des gouvernants : il s’agit pour eux d’installer et de maintenir en place une tyrannie soft qui produit un homme unidimensionnel – le consommateur abruti et aliéné – comme jamais aucune dictature n’a réussi à en produire…

Piège à cons, ces élections le sont car on sait bien avant les résultats que l’on aura bientôt un président libéral. Peu importe qu’il provienne de la droite ou de la gauche : le libéralisme est toujours de droite. Quid, donc, des leçons de ces élections ? L’abstentionnisme considérable, le mépris des votes blancs ou nuls (soit, avec ces deux options, la moitié des électeurs…) ; la profusion de petits candidats protestataires, l’indigence de la plupart de leurs programmes; la démobilisation du second tour à cause du mépris pur et simple des désirs émis au premier, le désintérêt lorsqu’il ne reste plus qu’à choisir entre la peste et le choléra – voilà l’étendue des dégâts.

Une fois le président élu, les hommes de parti, droite et gauche confondues, replieront dans leurs bagages de magicien cette machinerie électorale coûteuse, démagogique, méprisable et méprisante, ce théâtre qui absorbe l’énergie médiatique, intellectuelle, culturelle, politique pendant des mois et des mois. Une fois dégrisés, il nous restera à découvrir les conséquences de ces parodies électorales : l’impuissance des gouvernants crispés sur la seule gestion libérale du politique générera comme convenu les violences urbaines, les manifestations dans les rues, les revendications catégorielles, elle créera un boulevard pour les démagogues à même de cristalliser ces désespoirs. Situation idéale pour fomenter des guerres civiles ou des régimes autoritaires. »

                                                    Michel Onfray (La philosophie féroce)

3 Commentaries

  • JB dit :

    C’est vrai que tout celà est du théâtre organisé pour faire croire aux gens que leur avis a de l’importance.
    Pour ma part, je n’ai jamais voté et je ne voterai jamais, mais je croise toujours autant d’endormis du système qui me sortent la bonne vieille rengaine classique du  » tu ne votes pas donc tu n’as rien à dire », et moi de leur répondre  » Et vous en allant voter, est ce qu’on écoute plus vos revendications ?? » Là en général aucune réponse digne de ce nom parce que les attentes du vote ne sont jamais et ne le seront jamais, mais comme c’est un « devoir », visiblement je constate qu’ils se déplacent presque toujours autant pour ce théâtre organisé, un grand mystère pour moi…
    Enfin, pas tant un mystère que celà, juste un fabuleux lavage de cerveaux des masses autour de la soi-disante importance du vote dans la vie du citoyen ordinaire.

    • pelo dit :

      Bien vu l’ami. Je n’ai jamais voté et je ne le ferais jamais non plus.
      A ta remarque tu ne vote pas donc tu n’a rien à dire je l’ai entendu maintes et maintes fois. Il y a aussi la phrase classique, « mais des gens sont mort pour ça »
      Ouai, ba on leur a rien demandé et mourir pour laissé des oligarches gouverner le monde est inutile. Autant dire qu’ils sont mort pour rien.

  • CHEBER-POP Claudette dit :

    Hommage à feu le poète anarchiste Maurice Laisant …
    Poème de feu Maurice Laisant ( 1909 – 1991 )
    Prix Charles Baudelaire de poésie
    Qui fut militant de l ‘ union pacifiste
    Et l ‘ un des fondateurs
    De l ‘ union des anarchistes en 1977
    Et l ‘ un des principaux responsables
    De feu le journal  » Le libertaire  »

    Ballade électorale ( Un poème qui fut chanté par Serge Utgé – Royo )

    Accourez et votez gaiement
    Ô populace souveraine
    Pendant le temps d’ une quinzaine
    On vous doit des ménagements
    Si Marianne prend des amants
    Est – ce à moi de tenir le cierge ?
    Cocu sans mon consentement
    Ma carte d ‘ électeur est vierge

    Non , je n ‘ irai pas galamment
    Au chant perfide des sirènes
    De ma liberté ( cette aubaine ! )
    Accorder le désistement
    Voter ne dure qu ‘ un moment …
    Faudrait – il dégainer flamberge
    Pour queq ‘ éphémère serment ?
    Ma carte d ‘ électeur est vierge

    Je sais très bien que , savamment
    On promet bienfaits à la chaîne
    Mais nous connaissons la rengaine
    On nous le promet seulement
    Au menu tout est agrément
    ( Nous savons ce que vaut l ‘ auberge )
    La table aussitôt le dément
    Ma carte d ‘ électeur est vierge

    Envoi

    Prince et consorts du Parlement
    Nul ne sait ce qui s ‘ y gamberge :
    L ‘ édile qui nous parle ment
    Ma carte d ‘ électeur est vierge

    Poème de feu Maurice Laisant

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