De l’Empire (partie 2 : l’axe du mal)

De l’Empire (partie 2 : l’axe du mal)

le 25 juin, 2013 dans Inter-national par

Pour légitimer leur ambition impériale les américains donnent l’illusion qu’ils sont le centre du monde par la protection qu’ils lui offrent en attaquant des adversaires faibles présentés comme « l’axe du mal ».
Emmanuel Todd écrit à propos, dans son livre Après l’Empire, que «pour maintenir sa centralité financière l’Amérique se bat, mettant en scène son activité guerrière symbolique au cœur de l’Eurasie, tentant ainsi d’oublier et de faire oublier sa faiblesse industrielle, ses besoins d’argent frais, son caractère prédateur».

Rajoutons que cette soif de profit coïncide opportunément avec un pillage systématique des terres impérialisées : c’est l’obsession pétrolière du complexe militaro-industriel américain qui dicte toute la stratégie prétorienne au Proche Orient, et ce depuis plus de 50 ans. La survie et le développement de ces sociétés industrielles dépendent de leur accès à cette région, dont l’Irak est le pays d’intersection. Ainsi les Etats-Unis, insiste le célèbre démographe français, « mettent sous embargo des pays incapables de se défendre et bombardent des armées insignifiantes. Ils conçoivent et produisent des armements de plus en plus sophistiqués et appliquent en pratique à des populations civiles désarmées, des bombardements lourds digne de la Seconde Guerre Mondiale ».

Le journaliste Thierry Meyssan précise cet accablant procès-verbal en étudiant courageusement les barbouzeries de la domination impériale américaine. Il dénonce en premier lieu, à l’instar d’un Michel Collon, l’intoxication médiatique occidentale. Une propagande généralisée présentant de faux désordres sociaux, de fausses dictatures et donc de faux prétextes d’émancipation des peuples. Meyssan détaille ainsi « comment sont provoquées les guerres civiles pour faire éclater les Etats et comment sont redessinées les frontières de sorte qu’aucun Etat ne soit plus en mesure d’opposer de résistance ».

Par ailleurs, il développe la théorie effroyable qu’un complot issue d’une faction du même complexe militaro-industriel serait à l’origine des attentats du 11 septembre. L’imposture aurait d’abord permit de lancer une croisade évangéliste contre l’Islam en instaurant une forme de régime militaire dans les pays alliés, et aurait facilité l’exploitation des plus importantes réserves de pétrole et de gaz planétaires.

Chocs stratégiques

A propos du 11 septembre, Naomi Klein parle d’un choc utile, sans pour autant se prononcer sur la possibilité ou non d’un complot interne. « L’idée d’envahir un pays arabe et d’en faire un Etat modèle se répandit au lendemain du 11 septembre et quelques noms circulèrent : l’Irak, la Syrie, l’Egypte ou l’Iran ».

L’administration Bush profita de la peur suscité par les attentats non seulement pour lancer sans délai la guerre contre le terrorisme, mais aussi pour faire de cette dernière une entreprise presque entièrement à but lucratif, une nouvelle industrie florissante qui insuffla un dynamisme renouvelé à une économie chancelante ».

La journaliste canadienne dénonce une méthode d’expansion des idées néolibérales par des chocs propices – souvent provoqués – à des réformes économiques impopulaires, fondées sur la doctrine de Milton Friedmann. Théorie dans laquelle ce Nobel de l’économie américain explique que la réduction du rôle de l’Etat dans une économie de marché est le seul moyen d’atteindre la liberté politique et économique. « Pendant plus de trois décennies, Friedmann et ses puissants disciples avaient perfectionné leur stratégie : attendre une crise de grande envergure, puis pendant que les citoyens sont encore sous le choc vendre l’Etat, morceau par morceau, à des intérêts privés avant de s’arranger pour pérenniser les « réformes » à la hâte. »

Lieux de ce capitalisme du désastre ? Tous les continents sont touchés.
Du Chili de Pinochet dans les années 70 au Sri Lanka post tsunami en 2004, en passant par le Royaume Uni de Thatcher, la Bolivie des années 80, la Pologne post chute du mur, la Chine post Tiananmen, l’Afrique du Sud post Apartheid ou enfin la Russie de Eltsine. Résultat de cet expansionnisme ultra libéral : les populations finissent toujours par sombrer dans la misère et les élites continuent de s’enrichir.

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4 Commentaries

  • Tita dit :

    Quelle photo!!!! Belle trouvaille

  • tjpsi dit :

    Et s’il advenait un choc inverse ?
    Imaginons que l’on apprenne que les attentats du 11 septembre étaient un « inside job », fomenté ou aidé par l’administration US ?
    Ce serait à coup sûr une remise en question mondiale et immédiate de l’hégémonie américaine.
    S’en suivraient certainement la chute de cet empire, du dollar et des économies liées au dollar, peut-être aussi une guerre… Un véritable tsunami !
    Est-on prêts à entendre cette vérité ?

  • mehdi dit :

    La strategie globale à commencé par être mis en place en 1979 avec la « révolution » iranienne et la guerre de urss-afghanistan, ces deux grands événements ont marqués le réveil de l’islam et avec l’attentat du 11/09…ce fut une volonté de provoquer l’éveil des musulmans par un éclat spectaculaire, une grande pièce de théâtre où les spectateurs dans le rôle de figurants.
    Une histoire où personne ne veuillent voir les réalités…les uns accusent les islamistes être les auteurs de l’attentat du 11/09 et les autres un false flag us, personnellement…je pense que les islamistes et les faucons us sont complices, la stratégie du choc des civilisations…la construction de l’ennemie se joue à deux.
    Que ce soit l’un où l’autre…ils ont mis en conditions tout les ingrédients pour n’avoir à ne pas laissé le choix ni aux uns et ni aux autres.

  • Sem dit :

    Prendre des vessies pour des lanternes, et se fier à leur lueur pour s’éclairer ne mène au mieux qu’au fond des chiottes. Car c’est à ça que sert une vessie.
    Chacun dans son domaine et avec sa méthode ces trois là nous amènent dans l’impasse, et gardent les portes que nous ne devons pas ouvrir. Ce qui nous ramène encore au toilettes… Gate keeper est leur nom, et l’empire est le trou auquel nous sommes ramenés sans cesse tant que nous faisons confiance à ces idoles. Le véritable maitre nous les présente, les mets en lumière, et subjugués nous croyons que cette lumière émane d’eux. Ensuite c’est à eux de jouer sur nos esprits captifs. Le maitre fait mine de les dénigrer, voire de les menacer, mais il les finance et les protège. Car nos illusions lui sont précieuses et leur perte peut lui couter cher. Ces trois là ne sont pas les premiers, ni les derniers, ce sont juste les plus crédibles du momment.
    Il y a beaucoup de bonne choses sur ce site, mais il manque d’éclairage. Un fil d’ariane, qui permette de naviguer dans le noir serait bien utile.

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