De la légitimité de nos représentants

De la légitimité de nos représentants

le 11 février, 2016 dans Provoquer le débat par

Les démocraties de marché, régimes parlementaires de nos sociétés capitalistes, semblent avoir réussi le tour de force de conjuguer médiocrité de ses représentants à la défiance généralisée de ses électeurs.
Les mouvements révolutionnaires du XIXème siècle avaient déjà flairé l’arnaque. Élire pour une durée déterminée des représentants, en se désinvestissant ainsi de la res publica, c’était remettre le pouvoir entre les mains d’une caste de nantis, la classe bourgeoise d’alors, fossoyeuse du prolétariat, toujours plus éduquée, ayant les médias entre leurs mains, et toujours un coup d’avance sur les exploités dans la course à l’investiture. Si les idées dominantes d’une époque sont toujours celles de la classe dominante, on comprend mieux l’absence de crainte de la bourgeoisie vis à vis du suffrage universel qui allait fournir à des générations de professionnels de la représentation une caution sans précédent. Le peuple voterait pour qui on lui dirait de voter.

A l’heure des médias de masse, le temps de présence sur les ondes d’un candidat détermine immanquablement son résultat final dans les urnes, étant entendu que les-dits candidats sauront à dessein rallier la plèbe à grands coups d’intérêts corporatistes ou communautaires.
Ainsi les ouvriers n’ont pas succédé à la bourgeoisie en tant que classe révolutionnaire, et la nouvelle classe moyenne paupérisée, créée par nos industries tertiaires, n’ont ni les moyens physiques ni les moyens conceptuels de transformer la société. Or, si la lutte des classes est consubstantielle à l’histoire du capitalisme, en tant que renversement d’une caste dominante au profit d’une nouvelle classe, il ne nous reste que deux conclusions possibles : soit ce postulat de départ est faux, soit le capitalisme va se retrouver pris à son propre piège, dans cette nouvelle contradiction interne, par l’impossibilité de produire une nouvelle classe capable de l’amener à un nouveau stade de développement.
Ne reste plus alors que la crise, qui ne saurait être permanente, et qu’une guerre ne parviendra même plus à résoudre temporairement, à présent que les états désintégrés n’ont même plus les moyens d’entretenir une armée digne de ce nom.

Quoi qu’il en soit, l’un des problèmes majeurs que rencontrent nos représentants actuels a trait à leur légitimité. Si Périclès, Napoléon, De Gaulle ou Chavez étaient légitimes, ça n’est pas parce qu’ils avaient reçu la caution du suffrage universel, mais parce qu’ils portaient dans leur chair les stigmates de leur engagement, ou à tout le moins s’étaient montrés prêts à mettre leur intégrité physique en jeu pour leurs concitoyens. On imagine aisément qu’un blessé de guerre qui repart au combat en vous disant  : «  je suis prêt à donner ma vie pour mon peuple  », recueillera plus de confiance et d’enthousiasme que nos énarques apatrides et dévirilisés, parlementeurs esbrouffeurs et abdicataires en puissance. Cela soulève une véritable question : comment asseoir sa légitimité pour un dirigeant en temps de paix  ? Je pense que l’évidence doit nous sauter aux yeux, tant les formes d’engagements et les marques d’abnégation sont nombreuses ; malheureusement pour nos dirigeants actuels, cela apparaît comme tout à fait hors de propos. Pour nos futurs monarques, bien ou mal élus, il leur faudra le redécouvrir.

3 Commentaries

  • tontonremi dit :

    le souverain ou le despote (éclairé) ne cherche pas à s’enrichir (tout est à lui) ou à se faire réélire (il est là à vie)
    l’élu du peuple (c’est d’abord un tueur qui s’est débarrassé de ses compagnons de combat pour en arriver là) n’a que cinq ans pour s’enrichir, placer tous ses potes à des postes clés et mentir encore pour se faire réélire !

  • Jo l'indien dit :

    Debridage des signatures d’elus, droit de petition, proportionnelle, referendum, démocratie delegative, vote par correspondance, sondages d’opinions sur le web, etc

  • keg dit :

    Quand la légitimité joue les abonnées absentes…..

    1981 – 20,62%
    2012 – 15,15%
    2017 – de 3 à 5%

    voir les explications…….

    http://wp.me/p4Im0Q-176

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