Contre le travail jusqu’à 67 ans !

Contre le travail jusqu’à 67 ans !

le 08 avril, 2015 dans sans catégorie par

Sourd à la grogne populaire et aux mobilisations de rue répétées, le conseil des ministres de Belgique a adopté l’avant-projet de loi portant l’âge de la retraite à 67 ans pour l’horizon 2030.
Une mesure absurde, inconséquente et inopportune quand 600 000 belges sont déjà touchés de plein fouet par le chômage.
Une orientation qui pourrait concerner à terme toute l’Europe.

Garantir un système de pensions performant au regard du vieillissement, tel est l’argument massue avancé par les tenants du pouvoir pour faire accepter l’intolérable.
Les raisons seraient à chercher dans l’inadaptation des réserves financières au grand défi du vieillissement de la population. Les réserves des Fonds de pension belges ne totalisent que 14 milliards d’euros, alors que le surcoût des pensions résultant du vieillissement de la population s’élèvera à 304 milliards d’euros à l’horizon 2060.  D’où cette volonté d’augmenter à marche forcée le taux de personnes actives, en éludant systématiquement les moyens de financer les pensions autrement : taxe sur le grand capital et la spéculation, chasse à la fraude fiscale, relèvement de l’imposition sur les grandes entreprises, etc…

Or, l’espérance de vie en bonne santé reculerait… 

Les instances syndicales belges soulignent que 65 ans est l’âge moyen d’espérance de vie en bonne santé, une donnée corroborée par l’institut de veille sanitaire français. En France, une femme qui naît aujourd’hui devrait passer en moyenne 22 ans avec des incapacités, contre 15 si elle était née en 2004 (source : Atlantico).
L’état de santé des européens se dégraderait dans plusieurs pays : France, Belgique, Grèce, Espagne. Les mesures d’austérité ne seraient pas étrangères à cette situation. Une rupture de tendance sans précédent qui va à contrario du discours dominant. Un phénomène qui aura tout lieu de se préciser compte tenu de l’effondrement généralisé de notre qualité de vie : mal bouffe, pollution environnementale (pesticides, gestion des déchets calamiteuse, pollution électromagnétique), recul social, etc…

La retraite par capitalisation

Cette réévaluation du départ à la retraite sous couvert d’impératifs économiques doit être perçue comme une mesure intermédiaire avant d’arriver à la suppression pure et simple du régime des pensions.
Alors que les syndicats affirment que la production de richesses est de plus en plus importante (entre 1970 et 2007, le PIB  belge à augmenté de 140%  : chiffre du bureau du plan), les libéraux tentent de substituer insidieusement le système de sécurité sociale par un régime de pension par capitalisation.
À l’image de la société américaine, les systèmes de solidarité et de redistribution seraient abolis, les travailleurs qui en auraient les moyens devraient se constituer une assurance pension individuelle auprès d’organismes privés…

Cette mesure injuste et scélérate, impulsée par des politiciens méprisant les travailleurs, s’inscrirait dans un vaste programme d’harmonisation européen : un marqueur supplémentaire de l’allégeance complète du corps politique aux instances supranationales.

Des dispositions directement relayées par les chantres du mondialisme, Jacques Attali en tête, qui déclarait récemment au Monde Magazine : «  Je rêve d’une société où il n’y aurait pas de retraite, où travailler serait naturel  ».
En dépit du chômage structurel, de la disparition du travail par la voie du progrès, toute l’Europe doit donc se préparer à travailler plus longtemps…
Dans ce schéma austère, avec son régime des 35 heures et une retraite maintenue à 62 ans, la France est clairement rentrée en résistance.

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