Se réapproprier les richesses naturelles

Se réapproprier les richesses naturelles

le 08 mars, 2013 dans Dictature de l'économie, Inter-national par

Ou comment débuta  la révolution des Vénézuéliens guidés par leur mentor bolivarien : 

Chavez a perpétué cette  façon subversive, voire insolente, de régir par son droit et ses attributions une économie qui se voulait impératrice. Comme Sankara, le président vénézuélien se libéra de la dépendance envers les multinationales.

Première étape : récupérer l’argent du pétrole qui s’esquive aux Etats-Unis. Cela par l’intermédiaire de la PDVSA (Petroleos De Venezuela S.A.), compagnie pétrolière apparemment vénézuélienne. Un des plus gros exportateurs au monde. Jusqu’à l’arrivée de Chavez, c’était principalement une filiale américaine, basée à Houston, au Texas, qui gérait la production, la répartition et les bénéfices du pétrole extirpé du sol vénézuélien. Ce pillage en règle expliquait la pauvreté des gens sur ces terres pourtant si riches.

Dès son  élection, le 6 décembre 1998, Chavez va renverser le processus de privatisation de la compagnie. En 1999, l’article 12 de la nouvelle constitution –discutée, débattue par le peuple avant même son adoption par référendum- proclame la souveraineté nationale sur le pétrole :

Les gisements miniers et d’hydrocarbures sont des biens du domaine public et sont en conséquence inaliénables et imprescriptibles. »

En 2002 c’est déjà 26 milliards de dollars en redevances et taxes de récupérer qui vont pouvoir être investi pour les réformes nécessaires à un meilleur développement de l’ensemble du pays. On comprend mieux la colère des américains et leur concours au coup d’Etat d’avril 2002 ; puis leur sabotage de l’industrie pétrolière en décembre de la même année, considérablement informatisé par les cadres de l’ère multinationale. Mais, le 6 mars 2003 Chavez et son peuple parviennent enfin à reprendre intégralement le contrôle de PDVSA. Cette date est d’autant plus forte qu’elle symbolise la fin de l’hégémonie des Etats-Unis sur l’Amérique Latine.

Troublant de constater par ailleurs que le 20 mars 2003 débute l’entrée en guerre de l’armée de Bush avec l’Irak . L’opération « Iraqi freedom » ! Les mauvaises langues parleront de pétrole là où il y avait une soi-disant lutte pour la liberté, la démocratie et contre le terrorisme… Mais fermons la parenthèse, et revenons sur la nationalisation de PDVSA avec ce propos si juste de Michel Collon dans son colossal ouvrage Les Sept Péchés D’Hugo Chavez :

Se réapproprier les richesses naturelles pour qu’elles servent enfin à développer une vraie économie, telle est la tâche qui se pose à tous les pays du tiers monde pour se libérer du néocolonialisme. Les profits, les redevances, les impôts, tout cela peut être converti en programmes sociaux et économiques d’émancipation

Dès 2004 la compagnie pétrolière, alors plus indépendante et économe, verse 11,4 milliards au budget national qui financera ainsi éducation, terres, clinique, terrain de jeux et développera la production d’aliments et produits agro-industriels.

Partager

7 Commentaries

  • Alex dit :

    la diabolisation de Chavez a tellement bien fonctionné que tout le monde ignore ce qu’il a réellement fait. S’il avait léché les bottes texanes de G W Bush ou fait un film à la gloire des Etats unis (exemple The Artist), il bénéficierait d’une canonisation universelle !

  • Ghislaine69 dit :

    Rares sont les personnes comme lui, éveillées, qui savent pourquoi elles dirigent un pays, qu’elles doivent tout au peuple.

    « Quand les peuples européens vont-ils se réveiller ? »
    http://buff.ly/QOh48J

  • Bob dit :

    Juste pour encourager les rédacteurs, votre site est génial, clair, et juste, sans tomber dans les extrémismes religieux ou politiques, ça fait plaisir de voir des gens qui pensent et cherchent la vérité.. on se sent un peu moins seul ;)

    Continuez ainsi

  • Libanesepride dit :

    Ceci dit, la fonction publique mal gérée pompe tous les bénéfices du pétrole. Donc ce que vous dites est vrai, mais ne fait pas de Chavez le Dieu sauveur du pays.

    Il est gangréné par une administration alourdie du poids de ses fonctionnaires et TRES mal géré sur le plan des investissements.

  • bob dit :

    Les ressources naturelles au lieu de bénéficier à une petite classe de rentiers comme c’était le cas sous le gouvernement précédent, ont permis de construire les infrastructures nécessaires et d’investir dans la création de services publics dont les vénézuéliens avaient un cruel besoin.
    La majorité des vénézuéliens et vénézuéliennes a pu constater de grandes améliorations au niveau de leur qualité de vie et, en conséquence, ils ont constamment défendu leurs intérêts à travers leur vote. Une raison de plus pour comprendre que la Révolution Bolivarienne va survivre à la présidence du leader vénézuélien.

    voir : http://2ccr.unblog.fr/2013/03/08/chavez-pour-toujours/

  • JB dit :

    Et l’environnement vous en faites quoi ?? « Ressources naturelles » c’est joli à entendre, moins à voir lorsqu’il s’agit de l’exploitation minière ou du bois.

Réagissez à cet article :