Centrafrique: Papa Hollande, papaoutai ?

Centrafrique: Papa Hollande, papaoutai ?

le 07 janvier, 2014 dans Afrique par

À moins d’être aveugle, un mois après le déploiement de l’opération Sangaris en Centrafrique, le bilan est cruel pour la France. En lieu et place du sauvetage annoncé par Papa Hollande, le pays est promis à un naufrage. Les seuls résultats produits à ce jour par l’intervention française sont une aggravation de la crise sécuritaire et humanitaire à laquelle est en proie la RCA.

À Bangui, loin d’avoir été éradiquée, la violence reste quotidienne. Et quand les tirs à l’arme automatique cèdent la place au silence, le calme qui semble alors retomber sur la ville est trompeur, car les exactions commises à l’arme blanche ne font pas de bruit.

La population civile, placée en première ligne, est contrainte de fuir vers les camps de déplacés, notamment celui de l’aéroport de la capitale centrafricaine, qui abrite actuellement près de 100 000 personnes. Au moins une cinquantaine de sites autour de Bangui accueillent chacun entre 10 000 et 30 000 déplacés. En brousse, on estime qu’environ 400 000 personnes sont livrées à elles-mêmes, sans aucune aide extérieure. Sur une population d’un petit peu plus de 4 millions d’habitants, près de deux millions de Centrafricains connaissent actuellement une situation humanitaire critique.

Impuissantes face au drame qui se noue en Centrafrique, les ONG réduisent leur champ d’action sur place, ne serait-ce que pour préserver la sécurité de leur personnel. L’un après l’autre, le Tchad, la Côte d’Ivoire, le Sénégal, ainsi que le Mali, ont procédé au rapatriement express de leurs ressortissants.

En prévision du désastre, la France a appelé l’ONU à la rescousse, priée par Papa Hollande de s’impliquer davantage, par exemple en remplaçant la Misca (Mission internationale de soutien à la Centrafrique) par un contingent de casques bleus. Sous mandat du «machin» newyorkais, la France est supposée épauler la Misca, mise en place par l’Union africaine avec la bénédiction onusienne, en remplacement  de  la Fomac (Force Multinationale des États d’Afrique Centrale).

Mais sur le terrain, si certaines composantes de la Misca, comme les soldats burundais, se montrent d’une réelle utilité au côté des troupes françaises, en se faisant accepter aussi bien des populations musulmanes que chrétiennes, les Tchadiens posent certains problèmes.

La rébellion de la Seleka, qui a pris le pouvoir à Bangui en mars dernier, a surtout été l’occasion pour de nombreux combattants d’accumuler un petit pactole grâce aux pillages menés quotidiennement. Un appât du gain que l’on retrouve très souvent au sein des rébellions africaines et qui dans le cadre de la Centrafrique, a attiré de nombreux tchadiens ou soudanais à s’enrôler dans la Seleka.

Récemment, des soldats burundais de la Misca qui désarmaient d’anciens Seleka ont eu maille à partir avec des soldats tchadiens, appartenant également à la Misca, mais venus protéger les ex-rebelles, peut-être eux-mêmes de nationalité tchadienne…  Des soldats sous mandat des Nations unies qui se tirent dessus, cela n’était jamais arrivé jusqu’à présent.

Le sommet tenu ce lundi à New York, pour faire le point sur la situation en Centrafrique, a abordé la question de l’envoi de casques bleus, à laquelle un pays s’est particulièrement opposé : le Tchad, qui en a profité pour annoncer un sommet extraordinaire de la CEAC (Communauté économique des Etats d’Afrique centrale), dans 48 heures, à Ndjamena, en présence de tous les partenaires internationaux. Clairement, le Tchad entend garder la main en Centrafrique, que cela plaise ou non.

Le Conseil de sécurité attend en fait un rapport de Ban Ki-moon avant de décider de l’envoi de casques bleus en RCA. Sachant que le secrétaire général ne présentera rien avant la fin du mois de février, le chaos centrafricain n’est pas prêt de cesser.

D’ici là, une autre question devra trouver sa réponse : qui va régler la note de l’urgence humanitaire en Centrafrique ? Ceux dont c’est l’intérêt, bien sûr.

A l’image de nombreux pays africains soumis à une inexorable tragédie que rien ne semble pouvoir empêcher, la Centrafrique paye les conséquences de ce qu’elle est, à savoir un découpage post-colonial réalisé à l’équerre sur la carte. La Centrafrique n’est que le centre de l’Afrique, loin, très loin, de la Panafrique entendue comme l’Afrique des Africains.

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3 Commentaries

  • Alex dit :

    Merci pour cet article pertinent. Encore un échec à l’actif de Flamby qui de par son incurie et son impéritie nous mène droit dans le mur…
    Mais désormais les médias sont focalisés sur Dieudonné, le nouvel ennemi public, le Himmler des banlieues, l’intox est permanente sur tous les médias. L’opération « Ferme-là » est déclenchée, l’armée de terre a préparé ses plans, les chars Leclerc vont bientôt encercler le théatre de la main d’or, quelle pantalonnade !

  • Yann dit :

    Non, cette intervention n’est pas un échec puisque les gisements d’uranium que la France exploite sans rétribution ni partage avec les centrafricains sont préservés.

    Arrêtez de croire que l’on intervient par humanité…….

    Courage au peuple centrafricain, n’attendez pas plus de la France

  • petermetro dit :

    bonne remarque , ou sont alors les jihadistes islamistes !pourquoi n’attaquent t-il pas ces lieux strategique ! au lieu de tuer des gens inutilement presque sans raison sinon de destabiliser un pays dejà en pietre etat !
    les islamistes s’il on lu le coran devraient savoir que le jihad consiste a combattre les injustices logiquement ,de ne pas en crée plus ! alors a moins d’etres de profond ignorant ceux qui est imcompatible avec les preceptes de l’islam puisquue l’on doit avoir un minimum d’esprit crtique une certaine culture pour ne pas s’engager dans une voie dont on ne connais pas les tenants et l’aboutissement
    la conclusion est donc claire les soit disant rebel qui destabilise ne peuvent etre qu’a la solde de ces compagnies d’extraction qui pillent les richesses de l’afrique
    on a vu souvent dans le monde des pays qui voulaient leur independance venezuelas de chaves qui fut empoisonné, la lybie de khadafi qui fut executé lachement ,thomas sankara assassiné pour le burkina faso … derriere tout ces hommes il y’a une grande puissance qui ne tolére pas qu’il falle partager les richesse il prefere piller le sulfureux george bush responsable de bien des maux dans ce monde ,

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